II
nièce Augustine i] lui annonce le douloureux événement du 37 que vous aurez sans doute déjà appris de votre côté,
« Je ne viens pas vous dire notre consternation à tous ici, ni les larmes que les dames de KertangUY et moi nous avons versées en pensant à vo'us, à Toire frère, maïs je wix, co' allant par cette lettre bien vite près de vous, tâcher de vous apporter, dans votre inconsolable douleur, tout ce qui dépend de moi de consolation.
« Si la mort a tout terminé, elle n'a pas brisé en nous toute espérance, pour !«■ salut d'une âme à laquelle tant de saints se sont si fortement
intéressés, Bieu M pti Youloir sauver secrètement
cette chère âme, et cependant laisser aux hommes un exemple propre à nous tenir dans la plus profonde humilité; et pour mon compte, je m'attache à cette pensée du salut secret de votre frère, qui a tant fait de bien à l'Eglise, et qui a contribué si efficacement au salut de tant d'âmes. Oh ! oui ! Dieu M a fait m,iséricorde ; mais, à cause
(l| Fillt <!• M,**' As' KertaiignT : imis crorOTt quelle éiail aloa dm* tin pensionnat ât LanniO'ii.
de nous, il n'a pas voulu le manifester. Qu-iniporte après tout une manifestation semblable:
■ ^o'"'""^ est quijudicat ! C'est Celui dont il a tant dit de bien qui Ta jugé. Espérons. Les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des hommes; et, s'il a plu à Dieu d'appeler à lui votre cher frère, sans laisser à ceux qui l'aimaient toutes les consolations désirables, il a eu d'autres pensées par rapport à votre frère, et il lui aura tait miséricorde,
« Très cher père : nous pleurons avec vous et nous voudrions, par notre chagrin, pouvoir adoucir le vôtre! Que Dieu soit lui-même votre consolateur !
» Kermoalquin.
r\tre
" Lannion ce r' mars 1854
Pendant que leur mère assistait à ses derniers moments, qu'elle s'efforçait vainement de rendre chrétiens, les petits-neveux de Lamennais, demeurés en Bretagne, redoublaient de prières
pour lui. Nous voulons penser que, malgré les apparences, ce suprême appel de l'innocence à la bonté de Dieu ne sera pas demeuré sans écho. Voici une lettre que 1 aîné, au nom de toute la petite famille, adressait au mourant; mais, lorsqu'elle lui parvint, il avait déjà rendu îe dernier soupir. Nous la citons à cause de sa touchante naïveté.
« Mon bon cher oncle Féli,
*» Mes frères et moi, nous avons été bien heureux, en apprenant par une lettre de ma mère que vous étiez mieux, et j'espère beaucoup que Dieu vous fera recouvrer bientôt la santé; il est si bon qu'il ne refusera pas votre rétablissement aux prières, bien faibles, sans doute, que nous faisons comiûMellemeni poui' vous. Je désirerais bien être auprès de vous, et partager avec ma mère les soins qu'elle vous donne ; mais puisque c'est la volonté de Dieu que je reste ici, je lui offre pour votre santé !i contrariété que j'éprouve i'étre.€ii.ce moment à une si grande distance de
vous, et de ne pouvoir vous être utile autrement que par mes faibles prières.
« Adieu, mon bon cher oncle Féli, vous savez que vous pouvez compter toujours sur Tamitié toujours croissante de votre petit neveu.
« Elie de Kertanguy. »
« St-Pol, le 27 Février 1854 »>•
M^e de Kertanguy écrivit, de nouveau, à l'abbé Jean, le 7 Mars suivant ; après avoir parle des dispositions testamentaires du défunt, elle ajoutait : '< Mes enfants sont bien affectés de la mort de notre pauvre oncle Féli ; ils ont fait bien des prières pour lui. Je vous envoie un petit billet (i) qu'ils lui écrivaient et qui est arrivé trop tard ; les pauvres enfants font tout ce qu'ils peuvent pour adoucir le chagrin que j'éprouve... «
Ils ont fait bien des prières pour lui. Puissant motif d'espérance I
Le 6 Avril, M. de la Villéon, parent des Lamennais, adressait à l'abbé Jean une lettre où il
(1) La lettre précédente.
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dépeignait le ^èle d'apôtre .u'avait si longtemps déployé l'infortuné FéU
<* Mon cher Cousin,
« Je ne puis tenir au désir que j^ai de vous dire combien je suis occupé de vous, combien je partage sincèrement votre douleur. Elle est grande pour moi la perte que nous venons de faire dans la personne de votre frère qui n'a jamais cessé de me témoigner une si tendre amitié, dont les lettres si chrétiennes et si pleines d affection sont venues m'apporter, dms ma triste douleur, les consolations si nécessaires à mon cœur si cruellement brjsé. Toujours j'ai eatretcuu une correspondance avec lui, et toujours ses lettres m'ont affermi dans la foi et m ont fait espérer que je me réunirai atii pcrsoimes chéries qui m ont devancé dans la tombe. Je conserve cette correspondance, comme je conserverai toujours le souvenir de l'ami, qui dans moi ne s'est jamais démenti un seul instant. J'ai prié pour lui, je prierai encore tous les jours
d'après des documents inédits
et Dieu écoutera mes prières, je l'espère, car elles sont et seront bien sincères.
'( Tout a été chagrin pour moi dans ce cruel évènenicnt. Je ne puis aussi m'empêcher de vous dire que j'ai été cruellement blessé de n'avoir appris que par les journaux la mort de mon vieil ami, tandis que tous mes voisins ont été participés de la famille (sic).
« Quelle peut être la cause de l'oubli volontaire que vos neveux ont cru devoir exercer à mon égard? Je crois le savoir. Mais il m'a été sensible, oui, bien sensible. Plus tard, peut-être, ils sauront que je méritais plus d'égards de leur part.
« Adieu, mon cher cousin. Un petit mot de souvenir de votre part me rendrait heureux, puisje l'espérer?
« Nous arrivons d'inspecter les écoles dans le canton, et je vous dirai que nous avons été très satisfaits de vos trois frères à Gombourg.
" VeuillezmerappelerausouvenirdeM. Ruault.
J ai vu sa nièce au presbytère de Lourmel; elle est très bien.
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