‹ Lamennais et LamartineChapitre 2 sur 24 · LIBRAIRIE BLOUD ET C · texte numérisé non relu

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4, RUB HADAIII, 4

Reproduction et traduelion interdites

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Ge livre, comme ceux qui Toat précédé, est conçu d*après quelc[ues principes très simples dont on me permettra de dire un mot.

L'histoire des idées est surtout celle des influences. Une idée est un fait, et comme telle susceptible d'observation. Une fois produite, elle existe d'une manière positive et, pour ainsi dire^ concrète. Fût-elle reproduite à d'innombrables exemplaires par une infinité d'imitateurs différents, elle conserve à travers ces imitations le cachet original dont l'a marquée son inventeur : fille non seulement de sa pensée, mais de tout son être, elle l'exprime si complètenient, que c'est lui-même qu'on retrouve chez celui qui la lui emprunte. Une des tâches de l'historien est, à travers l'imitateur, de déceler et de signaler l'inventeur.

Cette œuvre de discrimination et de redistribution des idées est une œuvre scientifique. Les inventeurs sont peu nombreux. Elle ramène donc la complexité des apparences à la simplicité des causes. Et, sans elle, point d'explication d'un auteur. — On m'excusera de ne pas in-

sister sur la méthode par laquelle on la réalise : outre qu'elle n'a pas de mystères, la manière la plus efficace de plaider pour elle est encore de la pratiquer. J'indiquerai donc seulement qu'elle requiert deux ordres de conditions : les unes biographiques, les autres, infiniment plus délicates et plus difficiles à remplir, d'interprétation des textes. On ne reconnaît les idées que lorsqu'on les a vécues.

Son opportunité est d'exclure cette érudition superficielle et toute en dehors qui se contente à trop bon compte d'étonner par des énumérations de noms propres. Celle-ci, mise en demeure d'expliquer, est réduite à des formules vagues et scolastiques. S'agit-il des premières préfaces de V. Hugo? On vous déclarera, par exemple, que « les discussions sur la vérité^ la spiritualité, tutilité, de la poésie se trouvent un peu partout dans les polémiques de ce temps )) (i). Singulière explication; que

(i) Je cite les termes mêmes de M. J. Marsan. A. vrai dire, son cas est un peu spécial. Il a poussé le scrupule — c'est ainsi du moins qu*il qualifie le sentiment auquel il a obéi — jusqu'à respecter une faute d'impression dans trois lignes d'un de mes ouvrages qu'il citait ; mais, sans doute, par suite de la dépense inaccoutumée qu'il venait d'en faire, le scrupule s'est mis à lui manquer au point qu'ayant d'abord agrémenté cette citation d'un commentaire inexact, qui en dénaturait le sens et la portée, et me faisait dire une sottise, il a, sur ma réclamation, osé défendre son procédé en alléguant qu'il avait « cité ma phrase textuellement ». Ce n'est pas la citation que je lui reproche, c'est le contre-sent. Je l'avais attribué d'abord à

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