‹ Lamennais et le Saint-Siège, 1820-1834: D'après des documents inédits et lesChapitre 16 sur 62 · L EXAMEN DES DOCTRINES DE L « AVENIR · texte numérisé non relu

L EXAMEN DES DOCTRINES DE L « AVENIR

Suivant l'usage usité dans la procédure des congrégations romaines, la posizione de la question fut imprimée avec les pièces annexes qui pouvaient éclairer les juges ; on demanda en outre à plusieurs consulteurs, pris en dehors du sacré collège, leur \;oto par écrit sur les questions posées. Quatre au moins d'entre eux nous sont connus : le P. Orioli conventuel, le P. Bozaven jésuite, les deux prélats Soglia et Frezza ; et nous allons présenter leurs conclusions.

Lamennais a écrit dans les Affaires de Rome : <r Nous avions soumis au Saint-Siège une exposition exacte et nette de nos doctrines. Jamais, que nous sachions, elle n'a été examinée. Cependant il semble que c^était là surtout qu'il fallait chercher nos sentiments, les principes que l'on devait condamner ou approuver : on en jugea différemment; sur quels motifs, nous l'ignorons. Il ne paraît pas qu'on éprouvât un désir excessivement vif de connaître nos pensées et d'en occuper les consul teurs romains^ ».

sance BonTeraine et des deToirs des sujets k son égard ; deux lettres de l'abbé Baraldi, ami de Lamennais ; une note de Mgr de Quélen ; Textrait d'une lettre adressée au cardinal de Roban; deux lettres de Garibaldi, intemonce à Paris; deux articles de V Invariable^ de Fribourg.

^ Dans une lettre à Emm. d'Alzon Lamennais écriTsit le 10 avril 184a : « On dit que cet examen [de nos doctrines] est commencé; mais quand finira-t-il? » {Mois littéraire^ juillet 1901, p. 16).

Les historiens jusqu'ici ne se sont pas assez tenus en garde contre ces assurances et ces ironies du grand homme. Peu au courant des habitudes romaines, ils ont pensé qu^après tout Lamennais devait être informé ; et ils ont répété son dire, en l'atténuant à peine*. On voit ce qu'il en faut croire. La procédure en usage dans les affaires de quelque importance a été suivie dans celle-ci. Le désir exprimé par Ventura dans le i^oto dont il a été fait mention plus haut, s'est réalisé. Une commission, plus nombreuse même que celle qu'il souhaitait, a été chargée d'examiner la cause de V Asservir. Et voici l'avis exprimé par les consulteurs.

Tous sont d'accord pour estimer que le pape ne peut plus garder le silence. Il doit la vérité à ceux qui la réclament de lui, et les menaisiens, comme l'épiscopat, demandent une sentence. Si Rome continuait à se taire, on continuerait à penser qu'elle tolère, sinon qu'elle approuve, les doctrines de V Avenir ; à l'abri de cette fâcheuse interprétation, la contagion de l'erreur ne ferait que s'étendre. Pour remédier au mal, ni une mise à l'index, ni un simple désaveu du journal ne sauraient

^ Cependant le P. Lecanuet, dans son Montalembert (1895), raconte (I, p. 491] d'après le journal de Montalembert luimême, que Grégoire XVI, le i3 janvier 1837, s'expliqua, avec son visiteur touché et reconnaissant, sur cet examen des doctrines de l'Avenir.

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