‹ Lamennais et le Saint-Siège, 1820-1834: D'après des documents inédits et lesChapitre 19 sur 62 · L ENCYCLIQUE · texte numérisé non relu

L ENCYCLIQUE

miner, jusqu'à ce qu'elles aient accompli, au degré nécessaire que Dieu connaît, la destruction qui doit précéder l'œuvre de régénération sociale^ ]>.

D'autre part la restauration de la société ne saurait être nette et durable qu'autant qu'elle sera le fruit d'une profonde persuasion. « Il s'agit de changer, non Tétat matériel des choses, mais l'état des intelligences. » Or, a cette noble et pacifique conquête des intelligences, forcées par l'ascendant de la vérité et de l'amour, à venir, d'elles-mêmes, reprendre la place que leur assigna le Créateur dans la plus parfaite des cités, sous le plus parfait des monarques, pour parler avec Leibnitz ; cette sublime mission proposée par la Providence aux catholiques, et dont l'objet est de sauver une seconde fois le genre humain en le ramenant des extrémités de l'esclavage et de l'anarchie à l'unité source et perfection de l'ordre et à la liberté des enfants de Dieu y exige que la discussion soit de part et d'autre dégagée de toute entrave, afin que nul ne puisse dire, nul ne puisse penser n'avoir pas été entendu, et ce que la conclusion dernière, résultat général des efforts particuliers, ne semble pas être un triomphe de quelques hommes sur d'autres hommes, mais une vic-

^ Des progrès de la Révolution^ ch. III.

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toire commune. » Au reste a c'est en vain qu'on essaie d'enchatner la parole puisqu'on ne peut enchaîner la pensée elle-même. Malgré les obstacles qu'on oppose à sa manifestation, elle se dégage de tous les liens et se produit forcément au dehors... Le grand mal est qu'on n'a pas foi à la puissance de la vérité; on croit à la violence de l'homme et l'on ne croit pas à la force de Dieu » *.

Quant au pouvoir civil, ses origines même marquent la limite de ses droits. Selon l'enseignement des théologiens les plus fameux et les plus orthodoxes, le consentement de la communauté est la condition de rétablissement et de la transmission de l'autorité que Dieu donne aux souverains. Et précisément parce qu'elle est divine, cette autorité, comme parle que saint Paul, n'existe pour le bien, c'est-à-dire pour gouverner selon le décalogue, la vérité et la justice; dès qu'il les viole, le prince perd tout droit de commander. « Ainsi dévouement sans bornes, soumission pleine d'amour au prince fidèle à Dieu. Mais si, abusant contre ce mèmeDieu de la puissance qu'il a reçue de lui, il s'affranchit de ses commandements, met en péril la foi des peuples, substitue la force au droit, sa volonté à la justice, renverse les règles et s'efforce d'élever

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un pouvoir humain sur ces ruines : résistance inflexible, inébranlable résolution de tout sacrifier, repos, biens et la vie même, plutôt que de subir cet indigne joug, et d'humilier devant un homme des fronts que le Christ a marqués du sceau de la liberté. ' »

Dans ces conflits qui mettent aux prises Tautorité et la liberté, la vérité et Terreur, quelle sera l'attitude de l'Église ? On le pressent déjà. La pitié évangélique que le Christ lui a léguéedoit la précipiter au secours des opprimés. Son passé lui en fait une obligation, aussi bien (|ue la justice dont elle est la gardienne sur la terre ; et sa récompense est assurée, car les bras robustes des peuples reconnaissants seront pour elle un appui plus solide que les sceptres vermoulus des rois.

Ni le royalisme gallican, ni le libéralisme impie ne peuvent triompher que pour un temps. L'avenir ne saurait appartenir qu'à la doctrine politique et sociale dont TÉglise seule détient le secret. Proclamer cette doctrine, sans regarder aux partis, tel est son rôle. Si elle le remplit, Terreur cachée dans le gallicanisme politique deviendra manifeste, la justice que les tendances libérales recèlent sans le savoir se dégagera, Topinion éclairée par la pure lumière de la vérité et les leçons

^ Des progrès de la Révolution, ch. II. — Mêmes doctrines dans^^tf/tîr, 14 décembre i83o, a janvier, i a juin, a juillet i83x.

des événements, finira par comprendre qu'en dehors de TÉglise il n'est point, pour la liberté, de garantie qui vaille. En outre, la paix intellectuelle ne sera pas plus irrémédiablement compromise que la paix sociale, dans le mouvement qui emporte le monde moderne.

Outre qu'il n'existe aucun moyen de refouler dans l'ignorance ou d'enchaîner dans le repos la raison humaine émancipée depuis trois siècles; le dogme catholique étant impérissable et se justifiant par luimême selon le mot de l'Ecriture, « plus la raison sera libre dans ses recherches, ses examens, ses discussions, plus s'accomplira prochainement l'indissoluble union de la science et de la foi. * »

Sur ce fonds d'idées, comme sur une base à toute épreuve, s'appuyait l'action de VAi^enir. Montalembert, Lacordaire, Gerbet avaient appris de Lamennais à raisonner de la sorte.

Et Lamennais, de 1828 à i83i, était comme obsédé par ces pensées, d'où lui paraissait dépendre la fortune de l'Eglise et du monde civilisé. Or il est manifestement impossible de rajuster à ces enseignements ceux que, dans l'encyclique Mirari uos^ Grégoire XVI promulgue comme l'expression de la vérité catholique.

* Des progrès de la Révolution, chap. IX. — Voir aussi Avenir, i8 octobre, a8 décembre i83o, 17 janvier i83i.

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Ce n'est pas seulement l'accent qui diffère, le point de vue, la manière de poser les questions, mais bien les théories directrices et les règles de conduite pratique. Le pape regarde comme une faute d'applaudir aux insurgés, de se liguer avec n'importe qui pour conquérir les libertés dites modernes, de blâmer la censure légale des écrits, etc. 11 n'a ni la confiance absolue de Lamennais dans les heureux effets de la liberté, ni la même conception du rôle de l'Eglise dans les conflits politiques, ni la même idée des limites du pouvoir civil. Penché sur la société de son temps, il caractérise autrement que VAuenir les maux dont elle souffre et indique d'autres remèdes. Avec l'auteur des Progrès de la Rés^olution^ il entend bien que seuls le christianisme et l'Eglise offrent, aux Etats, les vérités qui sauvent. Mais ce christianisme, il l'enferme dans les formules antiques ; cette Église, il la maintient à égale distance de l'anarchie des peuples et du despotisme des rois. Et si chaotique enfin que soit l'Europe de i83o, il n'estime pas que la rupture de l'unité de croyances, accomplie et perpétuée depuis des siècles, doive amener les catholiques à organiser la sécularisation des gouvernements. Tolérer ce qu'on ne peut empêcher, revendiquer pour le bien l'exécution des promesses inscrites dans les constitutions, user hardiment des libertés

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auxquelles la vraie religion a droit nécessairement: oui. Mais ne point regarder l'équilibre des droits légaux pour tous et pour tout comme un idéal ou un progrès ; ne point considérer comme équitable, sensé et bienfaisant par lui-même un pareil partage; ne pas poursuivre l'établissement de chartes publiques qui consacrent la neutralité de l'Etat. Car autant vaudrait dire que, pour le développement de la civilisation,. il faut que le règne social dont Tunique vérité peut se réclamer comme d'un bien dû et exclusif, appartienne également à toutes les philosophies et à toutes les croyances. Évidemment cette position extrême du libéralisme n'était pas celle où Lamennais voulait se tenir. Toutefois, quelques-unes de ses théories et certaines de ses tactiques y conduisaient logiquement. Et c'est de quoi il fut justement repris par celui à qui Jésus-Christ a confié sur la terre la garde de la pure doctrine.

On a dit, pour excuser les égarements des rédacteurs de VAi^enir : ils écrivaient au jour le jour; le temps leur manquait pour calculer leurs expressions et peser leurs idées. La circonstance n'est pas aussi atténuante qu'il peut sembler. Lorsqu'on se donne la mission de faire la leçon aux princes, aux évoques et aux papes, il est élémentaire de prendre le temps de la réflexion. Plus les intérêts et les

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personnes en cause sont considérables, moins on a le droit d'en deviser au hasard. Lamennais le comprenait. Aussi n'est-ce pas à la hâte, et comme par de subites inspirations, qu'il a arrêté et développé le programme de son journal. Son esprit avait des habitudes méditatives. Avant i83o, les théories dont VAi^enir devait être Tardent propagandiste, avaient trouvé leur expression définitive, ou à peu près, dans les écrits de combat publiés par Lamennais, aussi bien que dans sa correspondance avec les meilleurs de ses amis. Pour sa défense, il n'y a donc qu'une seule excuse à faire valoir, celle dont Grégoire XVI lui tenait compte : la droiture des intentions. Et il va de soi que ses collaborateurs n'avaient en vue, comme lui, que le bien de leur pays et de la religion catholique.

Mais ces hommes de zèle et de bonne foi voulaient procurer ce bien par des moyens discutables ; tellement discutables que le pape jugea nécessaire de se mettre en travers. Le fait est évident. Reste à montrer qu'il ne le fit point par politique.

Lamennais a dit son mot là-dessus, en des lettres intimes et en des ouvrages publics.

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L'encyclique Mirari vos est à ses yeux une pure complaisance à Tégard de la diplomatie européenne, une sorte de pacte par lequel le souverain absolu de Rome liait partie avec les souverains absolus de Vienne et Saint- Pétersbourg, dont Tappui était indispensable au maintien des Etats pontificaux troublés par une sédition inquiétante. Sensible à la moindre méconnaissance, irrité de l'injustice la plus légère, Lamennais n'a pas vu de quelles énormités il supposait capable le Pontife romain en l'accusant d'avoir écrit sa première lettre à l'univers catholique sous la dictée du prince de Metternich. Etant hommes, les papes sont exposés à faillir.

Mais leurs torts, comme ceux de n'importe qui, demandent à être démontrés. Au nom de la vérité catholique et des maximes de l'Evangile, Grégoire XVI réprouve les théories menaisiennes de la liberté. C'est l'exercice même du pastorat et de sa fonction enseignante. Et le pape en aurait fait la figure et tenu le langage, par l'unique souci de dire ce qui convient aux chancelleries !

Quelle prévarication plus intolérable peut-il y avoir, que de hausser une parole de pure habileté humaine jusqu'à être la parole de Dieu à qui tous les croyants doivent leur assentiment sincère ? Et si l'assistance promise par Jésus-Christ à son Eglise ne pré-

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vient pas des abus aussi révoltants, à quoi sert-elle ?

Au lendemain de la promulgation de l'encyclique, l'ambassadeur de France à Rome, Sainte- Aulaire, écrivait à Sebastiani, ministre des Affaires étrangères : a Votre Excellence remarquera [dans l'encyclique] une attaque assez directe contre les doctrines de M. Tabbé de la Mennais. » C'est tout. Si le diplomate ajoute quelque réflexion, c'est pour regretter l'intransigeance pontificale. « On aimerait, dit-il, à remarquer dans de tels actes quelques progrès philosophiques, des dispositions à se relâcher en certains points de discipline, une tendance enfin à accorder aux idées du siècle toutes les concessions compatibles avec la pureté de la foi. On trouve plutôt, dans la lettre de Grégoire XVI, des traces de l'inflexibilité de son caractère, aigri encore par les difficultés de tout genre contre lesquelles il lutte depuis dix-huit mois ». Un passage pourtant du document pontifical a pleine approbation, celui qui rappelle la doctrine de saint Paul sur la soumission due au pouvoir.

Fonctionnaire d'un gouvernement né de la veille, très contesté dans le clergé, et obligé de comprimer l'insurrection, Sainte-Aulaire trouve opportunes les recommandations de Grégoire XVI sur l'obéissance aux princes.

Ces paroles, dit-il, ont évidemment pour

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objet de déconseiller la rébellion delà Vendée et du Midi\

Il est infiniment probable que le gouvernement de Saint-Pétersbourg faisait des réflexions analogues au sujet des Polonais.

Et pourtant à ce moment même le pape, affligé des persécutions subies par les catholiques de ce malheureux pays, faisait adresser au ministre de Russie à Rome, une note d'énergique protestation contre la violation sauvage des droits de la conscience**.

Entre le comte de Lutzow et le prince de Metternich, l'échange des correspondances se faisait sur un ton de satisfaction marquée. Mais le chancelier de TEmpire aurait voulu une condamnation plus directe de Lamennais (qu'il appelait un radical politique), et une consécration authentique et formelle des principes delà légitimité \

Par ses conversations avec les représentants des puissances, Grégoire XVI put se rendre compte des nuances qui diversifiaient Taccueil fait à son encyclique dans les grandes cours de l'Europe. Heureusement que tout en parlant pour elles, ce n'était point à elles qu'il avait demandé ce qu'il devait dire.

Les diplomates aimaient à dire que l'ancien

1 Arch. Âff. étr. Rome, 973, f» xa5. Dépêche du 16 août i83a. * Arch. Vat. Corr. Nonc.y 7 sept. i83a.

' Ibid., dép. a nov. i83a.

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camaldule n'avait pour la politique ni goût, ni aptitude ; leur ennui, quand ils venaient causer des intérêts terrestres avec ce singulier souverain, était de se trouver en face d'un homme d'Église, dont la conscience était absorbée par le souci de la religion et des âmes. Lamennais avait du pape une idée toute pareille. On connaît le passage des Affaires de Rome^ où il raconte sa visite aux camaldules de la campagne romaine : « Nous arrivâmes chez eux vers le soir, à l'heure de la prière commune... Rangés des deux côtés de la nef, ils demeurèrent après l'office à genoux, immobiles, dans une méditation profonde ; on eût dit que déjà ils n'étaient plus de la terre ; leur tête chauve ployait sous d'autres pensées et d'autres soucis ; nul mouvement d'ailleurs, nul signe extérieur de vie ; enveloppés de leurs longs manteaux blancs, ils ressemblaient à ces statues qui prient sur les vieux tombeaux. » Avec le tour de son imagination, nul doute qu'au milieu de cette église et de ces moines silencieux, Lamennais n'ait évoqué l'image de Grégoire XVI, au bord de la fosse où allaient disparaître les souverainetés absolues.

Mais plus on représentera le souverain Pontife, dans l'attitude d'un solitaire que fatiguent les bruits de la terre, et plus on rendra invraisemblable le rôle qu'on lui prête. Moins

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que tout autre, un pareil homme pouvait ouvrir sa bouche de prêtre pour parler en diplomate. Une seule hypothèse est plausible; c'est qu'il ait voulu enseigner au monde de son temps la vérité éternelle. Et c'est ce que prouve à l'évidence le langage qu'il a tenu. Pour combattre le libéralisme, il fait appel à l'autorité de saint Augustin, assurant que rien ne saurait donner la mort aux âmes comme la liberté de l'erreur; il invoque la discipline constante de l'Eglise, qui a fait brûler les mauvais livres dès le temps des apôtres ; il cite les encycliques de Léon X et de Clément XIII, et les lois du V* concile de Latran. Même procédé dans la condamnation <lu droit à la révolte. Les textes de saint Paul, de saint Augustin, de Tertullien s'alignent sous la plume du Pontife, et le souvenir des martyrs de la légion thébaine, est opposé aux coupables rêveries des Vaudois, des Beguards et des Wiclefistes. Bref, c'est le flambeau de la tradition et de l'histoire ecclésiastique à la main, que Grégoire XVI s'avance sous le ciel obscurci par les nuées de i83o. Précisément parce qu'elles sont divines, ces clartés valent pour tous les siècles. Moins il sortait de l'esprit essentiel de sa fonction, plus le pape devait être convaincu que, pour éclairer la route du monde religieux troublé par des révolutions nouvelles, il était besoin

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seulement des splendeurs de Tantique foi.

Dans les Affaires de Rome et dans la préface des Troisièmes mélanges, Lamennais a accumulé les observations grâce auxquelles il lui semblait certain que, dans Tencylique Mirari uos, Grégoire XVI n'avait pu parler comme docteur de la vérité catholique*. Toutefois regardant autour de lui, pour savoir comment on prenait la parole du pape, il ne pouvait s'empêcher de trouver « les plus conséquents :» ceux des fidèles qui, ayant a fait taire leur esprit, comprimé les battements de leurs cœurs, les yeux fermés, silencieusement, s'acheminaient, statues vivantes », dans la route que leur indiquait le a guide suprême * ». Sauf que cette image donne à l'obéissance je ne sais quel aspect humilié et inhumain, Lamennais dit vrai : « les plus conséquents » devaient accepter sans conteste le langage du souverain Pontife. Car dans ce conflit qui met aux prises un écrivain de génie et un moine assis dans la chaire de saint Pierre, il s'agit uniquement de savoir lequel des deux a la garde des principes de la morale chrétienne.

Loin de croire celle-ci compromise par une accommodation au mouvement politique qui entraîne le monde moderne, Lamennais juge que cette précaution marque un progrès néces-

* Ibid.y p. a8i.

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saire et voulu de Dieu. Grégoire XVI, au contraire, estime que s'ajuster ainsi aux événements révolutionnaires, c'est trahir les maximes de l'Evangile ; et plutôt que de consentir à cet abandon du code éternel des âmes baptisées, il en dresse les vieilles formules en travers des idées qui se répandent et montent dans la société contemporaine. Sans les événements qui bouleversaient l'Europe occidentale, il est possible que Rome eût négligé les livres de Lamennais. Mais parce que sur ceux-ci, ceux-là attiraient singulièrement l'attention publique, il a bien fallu s'en occuper. C'est d'ailleurs sur ses propres paroles et non sur leur commentaire écrit dans le sang des émeutes, que l'illustre journaliste a été condamné au tribunal du pape.

Entre ces deux autorités, l'une humaine et l'autre divine, l'une du justiciable et l'autre du juge compétent, quel catholique « conséquent » pouvait hésiter?

Rien donc n'était plus facile que de prévoir ce qui allait advenir : ou le fondateur de V Avenir se rangerait docilement à l'avis du pape, et son exemple y entraînerait tous les siens ; ou il persisterait à décider contradictoirement avec Rome, sur les vraies limites du pouvoir, et son isolement deviendrait le chà* timent de sa présomption.

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