‹ Lamennais et le Saint-Siège, 1820-1834: D'après des documents inédits et lesChapitre 41 sur 62 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

TEglise fascinés par un menaisianisme quelconque soient dociles, sur un mot venu du pape, à se déprendre de leurs chimères.

Dans sa Lettre sur le Saint-Siège^ Lacordaire a dit, non sans quelque emphase oratoire, ce qu'il avait trouvé à Rome pour la paix de son esprit et de sa conscience. Avec une simplicité plus impressionnante peut-être, il écrivait à unjeune prêtre troublé par Fencyclique Mirari i>os : a Confiez-vous à TEglise; laissezla vous gouverner ; soit qu'elle parle, soit qu'elle se taise, soit qu'elle ordonne, soit qu'elle insinue, prenez-la toujours pour votre boussole. C'est ma règle de conduite la plus sacrée, et celle de tout catholique *. » Plus intelligent et plus illustre, Lamennais aurait dû marcher le premier dans cette voie où l'appelaient ses principes ultramontains, des promesses formelles et répétées d'obéissance sans réserve, son devoir élémentaire de fils de rÉglise.

Mais rhistoire de sa révolte, aussi bien que le souvenir de ses combats pour la souveraineté pontificale, est faite pour notre instruction. De la couche où il meurt sans prêtre, comme du champ clos où il disputait avec les hommes d'Etat régaliens et les évêques gal-

^ H. Yillars. Correspondance inédite du P. Lacordaire^ p. 493. Lettre du la août i833.

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licans, il donne aux esprits attentifs la même leçon ; celle que saint François de Sales résumait dans ce mot profond et juste : <r le Pape et TÉglise c'est tout un. i>

N.B. — L*auteur den Affaires de Rome a réuni en appendice, dans son livre, les documents publics, émanés du pape, sur les doctrines de Y Avenir et les Paroles d'un croyant. L'exemple est à suivre. On retrouvera ici, dans leur teneur intégrale, ces documents, avec les lettres de Lamennais (pour ainsi dire officielles) qui s*y rapportent. Cette double série de textes parallèles permettra au lecteur d'avoir présentes les formules authentiques que, dans cette cause célèbre, le justiciable et le juge ont voulu donner à leur pensée.

Cinq seulement de ces pièces sont inédites.

PRBMIÈRE LETTRE DU CARDINAL PACGA*

(a5 février i83a).

Monsieur Tabbé,

En adhérant à vos désirs, j'ai eu Thonneur de déposer dans les mains sacrées de notre très Saint-Père les deux écrits qae vous m'avez prié de lui soumettre.

Sa Sainteté, tout en rendant justice à vos talents et à vos bonnes intentions, ne m'a pas cependant dissimulé, en général, son mécontentement, à cause de certaines controverses et opinions au moins dangereuses et qui ont semé une si grande division parmi le clergé de France, et offensé les bons et pieux catholiques.

^ D'après la minute. Arch. \9ii. Dossier Lamennais, (Inédit).

Toutefois le Saint-Père a été très satisfait d'entendre, même par ma bouche, que vous êtes, ainsi que vos collaborateurs, dans la disposition franche et bien sincère de tous uniformer, comme des enfants dociles, au jugement du Saint-Siège ; et il m'a paru disposé à faire entreprendre Texamen de vos doctrines, comme vous Tavcz demandé.

Mais un tel examen, qui sera certainement mûr et autant profond que réfléchi, ne pourrait pas être fait si tôt. Il exigera même un long temps avant qu'il soit achevé. Ainsi vous pourrez, Monsieur l'abbé, retourner chez vous avec vos collègues, car, à son temps, on vous fera connaître le résultat de l'affaire dont il est question .

Je suis avec considération, Monsieur Tabbé, etc.

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