‹ Lamennais et le Saint - SiegeChapitre 28 sur 59 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

et je lui ai demande si, n admettant plus comme devoir un culte positif, accompagne de pra tiques exterieures, il ne Tadmettait pas du inoins comme besom, comme imperieuse necessite sociale?... De cela il est tombe d accord avec moi, et la-dessus, il m a deroule un systeme de sacerdoce tout a fait identique a une organisation de garde urbaine. Le pretre se prendrait indifferemment et momentanement dans toutes les classes de la societe : sans passe et sans avenir, sans mission divine et sans caractere sacre, ce pretre improvise quitterait son etabli, son comptoir, meme son echoppe, pour faire sa faction a cote de notre ame, il serait releve par le camarade a la garde descendante... Voila les absurdites que ce malheureux dechu accueille aujourd hui.

II m a beaucoup parle de la conduite dela cour de Rome a son egard. cc En taxant d heresie ma doctrine de Tautorite, elle m a force a Fexamen. Je voulais fermer les yeux : ce n est pas ma fautesi, m obligeanta les ouvrir, j ai vu clair .

II faut convenir que les clartes dont Lamennais se contentait en 1840 etaient bien pauvres.

Le baron de Hiibner avail beaucoup vu Lamennais pendant le voyage a Rome de 1882.

Lettres inedites de Lamennais a la baronne Cottu,p. 45.

II s autorisa de ses relations pour lui faire visite a Paris aux premiers jours de i838, dans cet appartement au sixieme etage, rue de Rivoli, d ou 1 ami des grands arbres de la Chenaie, en, se penchant sur le jardin des Tuileries, retrouvait un coin de la nature. Avec un interlocuteur appartenant au monde politique, la conversation prit tout de suite un caractere politique. Pendant deux heures, sans que Hiibner put Finterrompre, Lamennais parla de 1 avenir des peuples : la liberte serait de plus en plus grande, on abolirait le capital et les armees ; plus de guerre, mais une societe unique cle tous les peuples devenus freres.

Je parvins pourtant a lui demander, raconte le diplomate, s il croyait que les dogmes de FEglise pussent etre conformes au nouvel ordre des choses. M. de la Mennais, apres quelques instants d hesitation, me repondit : Je vais vous repondre avec une entiere fran chise. Je suis tres peu orthodoxe a cet egard, et je ne m en cache pas. D abord, qu est-ce qu un dogme religieux ? G est le resultat obtenu par la science de Dieu et de Fhomme.

Elle ne saurait etre immuable. Au contraire, tout nous prouve qu elle est progressive de sa nature, et qu elle change sans cesse. Qu on defende a Rome, comme on le fait jusqu a ce jour, d enseigner la rotation de la terre autour du soleil, on n arretepas pour celales progres

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