‹ Lamennais; étude d'histoire politique et religieuseChapitre 92 sur 123 · EDUCATION DE LA DEMOL · texte numérisé non relu

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férente? ' ne sauroit par elle-même sac ire les peuples et remédier à leurs maux. Le a .ai, l'unique remède, Die.7 l'a mis dans la loi évangélique, destinée à unir les Y mmes par une fraternelle affection, qui fasse que s vivent en chacun, et que chacun vive en toir liberté réelle et l'esprit chrétien sont

insép' . * Qui n'aime pas son frère comme soi- . rp.oi dan. là, quelles que puissent être ses opinions l'associée de . en soi un germe de tyrannie et con-

« N'ayez p de servitude. »

pudique, et fe} par ces vues élevées, a donc grandeimprimé su' ,é à spiritualiser la politique de la l'homme e.t faut même dire qu'il a tracé à la démo-

cratie un ide-cd si élevé qu'elle n'a pas encore réussi à l'atteindre, si toutefois elle y parvient jamais. On ne peut guère contester que cette société future qui repose tout entière sur le principe de fraternité et ses applications ne ressemble à tous les rêves, à toutes les utopies des réformateurs millénaristes, qui annonçaient à l'humanité pour un temps plus ou moins rapproché une ère nouvelle de bonheur individuel et de félicité commune. Mais, c'est par là précisément que Lamennais apparaît comme le véritable précurseur de ce que l'on appelle aujourd'hui le socialisme chrétien. Il a été ainsi, qu'on le veuille ou non, le premier initiateur du curieux et significatif mouvement qui, de nos jours, semble incliner vers les tendances de la démocratie moderne l'Église romaine elle-même, en dépit de la dernière proposition, condamnée comme une erreur, par le Syllabus du pape Pie IX. Nul ne sait ce qui adviendra de ce mouvement, dont nous n'apercevons à l'heure présente que des indices encore vagues; mais la part que Lamennais a le droit de revendiquer dans les motifs de cette évolution est considérable.

Quand parut le Livre du Peuple, tout cela passa presque inaperçu, et c'est à peine si, dans les polémiques du temps, il est fait allusion à ces pensées si hautes et si fécondes, à ces aspirations vers un avenir qui, à bon droit, semblait irréalisable. On demande compte à l'auteur de ce qu'il entend par « le peuple » et pourquoi il prétend l'opposer à la bourgeoisie, alors en possession presque exclusive du pouvoir; on le chicane sur sa définition de la souveraineté qu'il place dans la collection des souverainetés individuelles; on lui reproche de ne pas avoir appris l'histoire et de méconnaître la réalité des faits sociaux, reproche fondé, nous le savons, et qui s'applique à tous les écrits de F. Lamennais; mais en même temps l'on montre que l'on ne comprend rien ou à peu près à la grande idée qui l'agite et qui le mène. Lerminier, qui avait loué si bruyamment les Paroles d'un Croyant, ne trouve dans le Livre du Peuple — il est vrai qu'il avait changé de camp politique et qu'il s'était rallié au parti conservateur — qu' « un livre de colère et de mansuétude, de sédition et d'ascétisme, matérialiste et mystique, se détruisant lui-même, sans unité, sans effet possible, sans danger », ce qui ne l'empêche pas d'en signaler les doctrines comme attentatoires à l'ordre établi. F. Lamennais, l'un des premiers dans le parti républicain, réclama l'application du suffrage universel. A cette époque, cela semblait une utopie, et George Sand, dans sa défense du Livre du Peuple contre Lerminier, fut obligée d'expliquer qu'en poussant le peuple à obtenir l'exercice d'un droit reconnu à tous les citoyens par l'article même de la charte constitutionnelle qui proclamait l'égalité des Français devant la loi, Lamennais ne demandait pas pour le peuple la domination exclusive, mais seulement sa part dans

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