Défense de lord re social, par Madrolle
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Cela n'est pas vrai!
Il y a des secours qui flétrissent, il y a des interventions qui déshonorent.
Et vous l'avez si bien compris vousmêmes, que jamais vous n'avez regardé cet homme comme un frère. Il était votre instrument, votre esclave; il vous servait de levier. Sa haine était un brandon que vous acceptiez pour allumer vos torches ; mais votre main ne cherchait pas la sienne ; mais votre regard se détournait de son regard.
Vous aviez lu sur son front ce mot honteux qu'aucun parti n'accepte : Apostat!
M. de Lameunais est mort, allez-vous dire, au moins respectez sa tombe.
Nous répondrons : Que Dieu ait son âme et lui pardonne! mais il serait immoral, il serait impie de garder le silence et de tromper le présent au préjudice de l'avenir. C'est notre devoir de dessiller
les yeux des peuples et de leur montrer le squelette de ces grands agitateurs qui n'ont obéi qu'a leur instinct haineux et a leiir ambition effrénée, tout en essayant de convaincre de leur désintéressement les classes naïves.
Nous ne changeons pas une ligne aux biographies déjà connues du personnage, nous n'ajoutons pas une lettre a son histoire ; nous le jugeons sans rancune, sans colère.
Il faut que toute vérité se dise.
Les opinions démocratiques de ce prêtre n'ont jamais été sincères ; elles n'étaient chez lui qu'un calcul, elles n'avaient pour but qu'une vengeance.
Si on eût donné le chapeau de cardinal à M. de Lamennais, vous n'auriez pas eu d'ennemi plus fougueux, plus acharné, plus implacable. Posez la main sur votre conscience, et soutenez le contraire.
En parcourant les œuvres de cet écrivain, œuvres de style et de génie, mais plus tristes par cela même et pins dan reuses, on est effrayé de l'audace avec
laquelle Ses doctrines du lendemain donnent le démenti à ses doctrines de la veille. Il se souiîlette lui-même, sur sa propre joue, sans que rougeur s'ensuive, II n'a plus de honte, il n'a que du fiel.
Peu lui importent les contradictions, peu lui importent les mensonges, pourvu que Rome sache de quel homme elle refuse de contenter l'orgueil.
L'archevêque de Paris condamna par un mandement le dernier volume dont nous avons donné le titre. M. de Lamennais, qui avait cru, jusque là, devoir jouer une comédie de soumission, jeta brusquement le masque et répondit au prélat par deux lettres furibondes.
Il voyait la révolution de Juillet en perspective.
Quand elle éclata, il poussa un cri de victoire, dont beaucoup d'organes de la publicité se firent l'écho et qui retentit d'un bout du monde à l'autre.
« Voyez ! criait-il. Où étaient les torts? Ne vous disais-je pas que la société marchait sur une route latale? Tous les rois
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de l'Europe avaient perdu le sens, et le
pape lui-même était frappé de vertige.
ciel est pour moi, la Providence consolide mes doctrines. Vous l'avez voulu! vous l'avez voulu ! »
Jusqu'à ce jour, il y avait; ple-
nieiît protestation de la part des évêques et du saint-siége. M. de Lamennais notait
pas condamné.
Comme les événements semblaient lui donner raison, presque tout le clergé de France prit parti pour lui. Nombre de jeunes prêtres se proclamèrent ses pi Mes.
Au premier rang de cette troupe enthousiaste se distinguaient L'abbé Bautain, l'abbé Lacordaire. l'abbé Gerbet et l'abbé de Salinis. depuis évèque d'Amiens. Môntalembert appuya de son influence l'apôtre et ses disciples. LAve se fonda.
L'épigraphe du nouveau journal était Dieu et liberté.
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LAMENrsAIS.
Regardant du côté de Rome et ne voyant point arriver la barrette, M. de Lamennais glissa dans l'Avenir certains articles où il présentait aux sociétés modernes la théocratie comme unique refuge.
C'était allumer une mine capable de faire sauter le monde.
Gardant le silence, au moment où se prêchaient de semblables doctrines, Rome pouvait laisser croire aux rois de l'Europe qu'elle approuvait le novateur et qu'elle se disposait à fondre toutes les couronnes pour les réunir en une seule sur la tête du pape.
décidément il fallait en finir.
Averti qu'il allait être condamné, M. de Lamennais suspendit son journal et courut en Ralie pour conjurer l'orage.
« 11 voulait, dit M. de Loménie, de-
mander lui-même à Rome une sanction ou une censure. Ce voyage n'eut aucun résultat. Après plusieurs tentatives inutiles pour obtenir une décision formelle, il se détermina à revenir en France, annonçant la résolution de recommencer ses travaux1. »
Mais a peine était-il sorti de Rome que les foudres du Vatican tonnèrent.
Une lettre encyclique du 15 août 1832 condamna les articles de l'Avenir^ déclarant qu'ils étaient rédigés avec une tnécliancetësans retenue, une science sans ■pudeur et une licence sans bornes.
Ceux qui ont pu voir la colère de l'abbé de Lamennais a cette nouvelle terrible ne peuvent se la rappeler sans effroi. Ses amis, ses disciples lui criaient en vain :
— Soumettez-vous ! Si iuriiettez-totis î Il les repoussait d'un air sombre, serrait les poings et répondait :
— Jamais !