VIII AVANT-PROPOS
c'est simplement une étude d'ensemble sur la vie et les œuvres de cet homme illustre, moins écourtée et plus impartiale que celles qui ont été faites précédemment et qui, d'ailleurs, sont, à mon grand regret, à peu près ignorées de la génération présente.
Je n'ignore pas qu'il a paru, depuis une dizaine d'années, pour le monde plus spécialement adonné à Fétude de l'histoire contemporaine de l'Eglise, toute une série de portraits des différents personnages qui ont approché Lamennais et formé son école, à commencer par celui du maître : je veux parler des livres de M. l'abbé Ricard, ancien professeur de théologie à la Faculté catholique d'Aix, qui se lisent avec un vif intérêt et dont j'ai moimême beaucoup profité. Ces petits ouvrages, écrits avec une généreuse chaleur et une sympathie non dissimulée pour les hommes de l'école mennaisienne, sont forcémennt incomplets, au moins en ce qui touche le fondateur de l'école. A partir du jour où Lamennais se trouve hors de l'Église, il ne compte plus aux yeux de l'abbé Ricard; il est condamné, réprouvé; il ne peut plus rien faire ni de vrai, ni de beau, ni de bien. Ce n'est pas la faute de l'abbé Ricard, s'il est forcé de se montrer aussi sévère; c'est la faute de Lamennais qui, après avoir été l'une des plus grandes lumières de l'Eglise, s'est fait, par son orgueilleuse révolte, condamner et rejeter dans!
AVAXT-PROPOS. IX
3 mépris et le néant de l'apostasie. Ainsi doit aisonner un prêtre soumis docilement aux dédions du Saint-Siège.
Tel ne pouvait être mon propre point de vue.
Je ne me suis pas proposé de glorifier, non plus ue de blâmer et de flétrir les opinions succesives de Lamennais. Comme je n'adopte ni les nés ni les autres, je me suis contenté de les xposer, en expliquant sa conduite par ses idées, [ais par cet exposé même et à raison du détachaient impartial que j'y ai apporté, on verra comlent je n'ai ni su ni voulu me défendre contre le entiment de profond respect que j'éprouve pour e noble et chimérique esprit, si ardent et si sinere dans les doctrines les plus extrêmes. Quant
des sympathies pour sa personne, je ne crois as que nul de ceux qui voudront s'approcher de on cœur puisse refuser de lui payer le tribut de ^connaissance et d'admiration que l'on doit à un omme qui a tant souffert pour la cause de la istice et de la vérité.
La seconde partie de l'existence de Lamennais t les œuvres qu'il a produites sur les confins de i vieillesse chagrine et abandonnée sont moins onnues que les premières, et cependant elles ne îéritent pas moins d'admiration que les plus céïbres ouvrages écrits par lui dans toute la force e son intelligence, et au temps de sa plus grande ctivité. Ce sont, dans tous les cas, parmi ses