‹ LamennaisChapitre 4 sur 101 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

œuvres, celles qui intéressent au plus haut degré la démocratie, au sein de laquelle il a voulu mourir et qui a eu sa dernière pensée comme ses suprêmes efforts. Le nom si grand de Lamennais est à peine connu aujourd'hui dans le parti politique et social qu'il a tant illustré. Il m'a semblé qu'il y avait là une dette à payer, en reconnaissant tout haut ce que Lamennais a voulu faire pour l'éducation de la démocratie, et pour son élévation morale. Nous sommes loin du temps où un article de journal, écrit de ce style puissant et magnifique dont il semble avoir emporté le secret, remuait le peuple jusque dans ses dernières profondeurs, et si Lamennais revenait aujourd'hui parmi nous, c'est à peine s'il serait entendu et compris. Avouons cependant que, pour les foules, il serait plus nécessaire que jamais de parler avec autorité des devoirs qui découlent des droits dont la démocratie a su définitivement conquérir la possession et l'exercice. Le Livre du Peuple reste le plus admirable traité de morale individuelle, civique et sociale qui puisse être mis entre les mains des ouvriers des villes comme des travailleurs des champs, si Ion veut les faire vivre de la vie morale qui convient à un peuple libre. A la fois apaisante et réconfortante, également propre à calmer les passions et à susciter les idées, cette vie morale n'est pas1 moins nécessaire au peuple qu'une vie matérielle moins pénible ou même assurée d'un plus grand

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