VIII. — Conclusion
A 71 ans, quelques mois avant sa mort, Lamennais écrivait : « Je regrette que notre action paraisse s'absorber dans le progrès matériel. Il est triste que les yeux s'habituent à ne regarder qu en bas. S'ils ne se relevaient point, si la pensée restait enfermée dans le cercle étroit des besoins physiques, si le cœur ne devait plus battre pour quelque chose de plus noble, de plus digne d'un être qui ne vit pas seulement de pain, nous serions entrés dans la voie qui mène à la tombe. »
La main qui traçait ces lignes obéissait à la même pensée que lorsqu'elle avait écrit en 1817 dans VEssai sur l'Indifférence : « L'abandon de soi dans une société est la première condition de l'existence de cette société. » L'àme de Lamennais était trop haute pour n'apercevoir en France que des luttes d'appétits, des conflits d'intérêts. Jusqu'à sa mort, il vit dans la morale l'élément le plus important de la vie sociale.
Ces préoccupations élevées ont survécu à toutes ses épreuves, à toutes ses révoltes. On chercherait donc vainement à accaparer Lamennais au profit d'un sec-