INTRODUCTION VII
seils de direction fort sages et fort élevés (1), tels qu'ils n'ont pu sortir que d'un cœur vraiment sacerdotal, tout rempli de l'amour de Dieu (2).
Bien peu de personnes, certainement, entreprendront de nos jours la lecture de tous les écrits de La Mennais. C'est pourquoi j'ai songé à faire ce choix; j'ai recher-
(1) « On a conclu, un peu rapidement peut-être, que La Mennais, tout entier aux conceptions de son génie superbe, n'avait connu ni les émotions, ni les sympathies qui nous font vivre de la vie d'autrui, et que, prêtre sans vocation, il n'avait su envisager que le côté social du christianisme, sans jamais en découvrir le côté intime, celui par où l'on peut toucher les âmes, les relever et les guérir. » (R. P. Laveille, Lamennais directeur des âmes. Revue du clergé français, 15 mai 1896.)
En publiant des lettres de direction et d'amitié écrites par lui à la plus belle époque de sa vie d'apologiste, le R. P. Laveille s'est proposé « de faire connaître le ton que prenait Lamennais dans sa direction spirituelle » et de « montrer, par la transformation opérée dans une âme d'élite, la force persuasive qu'il savait renfermer dans une lettre ou une conversation ».
(2) « Chrétien convaincu, apôtre dévoré du besoin d'agir... Lamennais mérita d'inspirer et de soutenir dans leur prière la plus intime plusieurs générations de catholiques français. » (H. Bremond, Vlnquiélude religieuse, t. II, pp. 61, 62, Perrin, 1909.)
Mil LA MENNAIS
cfïé, au moins autant dans sa correspondance que dans ses œuvres, jusqu'en i833, des pensées el des pages d'une inspiration tout particulièrement pieuse et morale; je n'ai jamais choisi un passage seulement parce qu'il est bien écrit ou que les idées y sont ingénieusementprésentées, mais parce qu'il m'a paru pouvoir être utile à ceux qui le liront et le méditeront. J'ai fait suivre ces extraits de quelques très belles prières composées par La Mennais en ses jours de
mystique ferveur.
Mon but en publiant ces pages est de faire mieux connaître le prêtre très pieux que fut La Mennais; peut-être, lui qui autrefois suscita tant de conversions, pourrait-il contribuer à ramener à Dieu et à son Eglise quelques âmes du vingtième siècle.
A Dieu seul appartient de juger !
Pour nous, nous ne voulons certes pas