INTRODUCTION IX
justifier La Mennais, mais n'oublioris pas que, s'il a fait beaucoup de bien à l Eglise, il a été impuissant à lui faire du mal \\ . : n'oublions pas la multitude des âmes qui se sont sauvées par lui, et, si les écrits de la dernière partie de sa vie ont été très malfaisants, nous savons qu'il ne chercha jamais à détourner de la religion catholique ses amis croyants (2 .
1 Mot de Mgr de Lesquen. R. P. Roussel. Lamennais d'après des doc. inéd.. t. II, p. t$96i
2i « Après sa rupture avec l'Église, La Mennais ne chercha pas à entraîner ses anciens disciples de la Chênaie et de Maleslroit, non plus que nul autre, danla voie nouvelle où il s'engageait. Nous nesachionpas que La Mennais ait jamais songé à se servir de son ascendant sur eux pour les détourner de la vérité catholique; il ne chercha pointa éteindre les flambeaux qu'il avait lui-même allumés «(Roussel, op. cit., introd.. p. îv.)
« A la suite d'une conversation au cours de laquelle toutes les questions furent remuées en sens contraire de ma croyance de catholique, j'étais navré et dis à M. de La Mennais ma douleur. Il se méprit à mes paroles et s'écria avec tendresse : « Oh, mon « ami, je serais le plus malheureux des hommes, si ce
que je vous dis devait vous ôter la foi. » (Souvenirde Laurentie. Union, 10 mars 1864:)
« Toujours j'ai entretenu une correspondance avec lui et toujours ses lettres m'ont affermi dans la foi. »
« Dieu voit dans le passé des mérites qui montent vers lui comme une prière », disait déjà Mgr Gerbet en i838 (1).
Ses meilleurs, ses plus intimes amis ont été, en général, plus que des chrétiens ordinaires, mais de saints prêtres, tels Mgr Gerbet (2), Eugène Bore (3), son
^Lettre, du 6 avril 1854, de M. de la Villéon à l'abbé Jean-Marie de La Mennais.)
« Puisque votre foi telle qu'elle est vous soutient, vous console, vous porte vers Dieu qui est le point central où nous devons tous nous réunir, pourquoi souhaiterais-je de vous la voir changer? Non vraiment je ne le souhaite pas. » (Lettre du 1er juin 1841 de La Mennais à Mme Yéméniz.)
(1) « Dieu voit dans le passé des mérites qui montent vers lui comme une prière, et la mémoire de Dieu est miséricordieuse. Rien ne nous est aussi consolant que cette pensée, rien si ce n'est le désir, que Dieu lit au fond de notre âme, de donner, s'il le fallait, tout notre sang pour obtenir à Tertullien tombé la grâce d'une seule larme. » (Abbé Gerbet, Réflexions sur la chute de M. de La Mennais, chap. I, p. 1.)
(2) Philippe Gerbet, né à Poligny, le 5 février 1798, mort évèque de Perpignan le 7 août 1864. Voir Mgr de Ladoue, Mgr Gerbel, sa vie, et ses œuvres, Tolra et Haton, 1870, et H. Bremond, Gerbet, Bloud, 1907.
(3) Eugène Bore, né à Angers le 15 août 1809, mort supérieur général des Lazaristes, le 3 mai 1877. Voir de la Rallaye, Notice biographique d'Eugène Bore, 1894. Roussel, Lamennais intime.