‹ Landry vs Hamel [microforme]Chapitre 103 sur 121 · MONSIEUR LE SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE SUPÉRIEUR

| | : “ Vous me demandez de donner par écrit au meilleur de ma mémoire la ‘E 1 ‘* subtance de la conversation que M. le Dr Landry eut aveu moi, en octobre 1882. “ Je me rends à votre désir, Je puis affirmer la vérité de ce qui suit : *“ Dans cette conversation. M le Dr Landry s'étendit au long sur les mal- *“ heurs dela soriété moderne en Europe et en particulier sur le mal immense “ que causaient les sociétés secrètes et la franc-maçonnerie, qui non seulement fi ‘“ comptaient, disait il, dans leurs rangs un grand nombre de catholiques, mais ë *’ encore pénétraient dans les rangs des ministres de l'Eglise et jusqu'à 1 pourpre k | : * cardinalice et il nomma le cardinal Franchi ; aussi, ajouta t il, peut on s'attendre Nr. à ÿ ‘* avant longtemps à des foudres terribles que devra lancer. le Souverain Pontife à : ** pour sauver l'Église des dangers qu'elle court et des ennemis qu'elle renferme I: 4 ‘ dans son propre sein. ” ZE

, Voilà tout ce que M. Lemieux dit relativement an Cardinal Franchi. Cette version ne détruit en rien celle donnée par‘le Dr Landry et nous ne voyons pas réellement pourquoi M. Hamel, sur ce point particulier, cherche à opposer le témoignage de M. Lemieux à celui du Dr Landry. Il n'y a ‘pas de Ù : . contradiction. M. Lemieux se contente de dire que le Dr Landry nomma le : Cardinal Franchi. “

{ .Le témoignage assermenté du Dr Landry, celui également assermenté de | ! - M. Ernest Landry, nous expliquent de quelle manière le Dr Landry nomma le Car-

dinal Franchi (No 159) à

206. “ M. le Docteur me dit ‘aussi qu'il savait que plusieurs prêtres É . ‘‘ canadiens appartenaient à la franc-maçonnérie. Je ne pus m'empêcher d'expri Un: ; ‘ mer mon étonnement et de luï dire que je trouvais cette affirmation très grave se) “et tellement grave que je ne croyais pas qu'on püt la poser sans être absolu- “ ment certain du fait. À cela M. le Docteur me répondit qu'il ne pouvait en

[le “ douter et que s'il ne le savait pas par lui-même, cependant il le tenait du

UN ‘ témoignage de personnes éminemment respectables et dignes de foi ; qu'un tel

ee - “ témoignage était suffisant pour lui, puisqu'un juge à son tribunal s’en conten- ‘ terait pleinement. ” ; CES EUR Jette partie du témoignage de M. Lemieux se rapporte à un second fait dont l'existence n'est pas controversée et au sujet duquel le Dr Landry n'a porté aucune accusation de calomnie contre M. Hamel. Ilest donc inutile de ' discuter celte partie de la lettre de M. Lemieux.

207, * Ealin il me dit qu'il ÿ avait un prètre bien posé dans le clergé de l'archidiocèse à qui il avait entendu dire, à la suite d'un voyage que ce "prêtre avait fait à Rome, qu'il avait eu bien de la difficulté à faire comprendre

à N à Rome, que la franc-maçonnerie an Canada n'était pas ce qu'elle était en Europe

La corresponce échangée entre M. Hamel et M. Landry confirme cette assertion et établit par les propres écrits de M. Hamel, qu'en effet c'est bien là son opinion; c'est celle qu'il a essayé à faire prévaloir à Rome et'au sujet de laquelle les cardinaux, on se le ranpelle, ne voulaient pas entendre raison.

208. ‘ L'affirmation relative aux prêtres canadiens francs-maçons me

* parut si grave qne je crus de mon devoir.de rapporter cette conversation à M.

“ l'offiujal de Farchidiocèse de Québec.

% Veuillez agréer, M. le Supérieur, l'expression du profond respect avec # lequel j'ai l'honneur d'être { 7 ‘ * ? 4 “ “! .

* Votre très humble #t très obéissant serviteur, 2rÉS (Signé) ALPHONSE LEMIEUX Pire."

D y a ünw chose qui a surtout frappt M. l'abbé Lemieux, c'est non pas l'accusation contre le Cardinal Franchi—mais celle relative aux prêtres canadiens. Cette distinction que fait ici: M. l'abbé Lemieux. ce soin qu'il prend pour nous faire comprendr: que c'est l'affirmation relative aux prêtres canadiens qui lui a paru la plus grave, tout indique évidemment, que le Dr Landry n'a pas dû accuser le Card. Franchi, comme le prétend M. Hamel. Car, si tel eut été le cas, cette accusation coatre un cardinal aurait dû frapper l'esprit de M. Lemieux tout autant que l'affirmation relative aux prêtres canadiens :

209, * On voit par là que les affirmations de M. le Dr Landry. paur être basées sur la parole d'autrui étaient aussi positives que possibles, et que ce

Monsieur était non seulement convaincu de la réalité des faits allégués mais

l'uffirmait.

le rapporte la version du Dr Landry), M. Aljhonse Lemieux n'en âurait tenu aucun compte; mais en face d’affirmations positives, M. Lemieux crut qu'il y avait obligation grave pour lui d'en informer qui (le droit.” :

M. Hamel cherche ici à mettre dans nn même tout ce que M Lemieux a pourtant si bien séparé dans sa lettre. Les affirmations si positives du Dr Landry,. M. Lemieux les applique à l'accusation portée contre. quelques prêtres canadiens et nullement à l'accusation contre le Cardinal Franchi.

M. Hamel a parfaitement tort de ne pas distinguer ce que M. Lemieux,

lui, distingue si catégoriquement.

210. “ M. l'official, ainsi mis au courant de ce qu'on prétendait exister eertainement relatitément à des prêtres canadiens qu'on ne nommaït pas, mais qu'on affirmait appartenir aux loges franc-maçonniques, ce qui faisait planer un soupçon injurieux sur tout le clergé, crut qu'il était de son devoir de cher- . e mn .

S'il ne se fut agi dans cette conversation que de on di, on affirme, (comme

cher à connaitre les noms des coupables, s'ils vxistuient,. afin de dégager l'honneur des aûtres, Il pria donc M. Bégin d'aller trouver M. le Dr Landry et de lui demander les noms des prêtres canadiens qu'il disait être francs-maçons ainsi que la source de ces affirmations. .

“* Notons en passant. que c'était là toute la mission de M. Bégin au nom de M. l'official, d'après le témoignage même du Dr Landry (page ). Cette remarque serë utile plus loin.”

211... Cette conversation entre M. Bégin et M. le Dr Landry renferme deux partits bien distinctes: lo une partie offivielle qui consistait en nne question à laquelle M. le Dir Landry dit qu'il ne pouvait répondre: 20 une partis non-officielle dans laquelle M. Landry. après avoir refusé d' répondre à ce qu'on lui demandait, aimenu la conversation snr ui autre sujet à propos, duquel on ne l'interrogenit pas, bien qu'on le ronuut. " ar

M. Hamel prouve encore ici que les accusations qui planaient sur lui étaient connues avant la conversation de M -Bégin avec le Dr Landry.

212. ‘ C'est dans cette partie de Ha conversation qu'il raconta ce qu'il avait déjà dit à M Alphonse Lemieux en ajoutant cette fois le nom dn dignituire ecclésiastique. Ce nom était celui de M. Hamel. ” ÿe :

M. Ilamel rattache à la conversation entre M. Bigin et le Dr Landry la première manifestation de son nom. Îl affirme catégoriquement ailleurs que la responsabilité du Dr Landry commenc: à cette data, que c'est à la source la plus reculée à laquelle il puisse atteindre. Et néanmoins les a ‘ensations contre M. Hamel étaient alors devant le publi, comme le prouve le passage suivant :

sù 213. Au reste ce nom: était connu d'avance puisqu'il était prononcé épris plusieurs mois, ainsi qu'il a été dit plus haut (No 197). C'est ce qui fait que les membres de Pofficialité n'avaient pas même songé à en faire une question : vu que'des rapports journaliers ave: M. Hamel, pendant les dix années écoulées, les mettaient blus à même de connaitre le+ opinions de ce Monsieur sur la franc-maçonnerie que M. le Dr Landry ne l'était d'après une conversa tion qu'il pouvait d'ailleurs avoir mal comprise. " At

Cette assurtion est gratuite, et nous n'idmettons nullement que /es membres de l'ocialité aient sur M. Hamelet sur ses doctrines les opinions qu'il voudrait nous voir partager. Une fréquentation de 10 ans ne peut pas être non plus une preuve d'orthodoxie et on ne saurait oppposer à un fait certain, bien et dûment constaté, des présomptions du contraire

214. ‘ M. Landry. dans son compte-rendu de cette conversation, a réuni les deux parties dans un même tout, ayant le même caractère officiel. J'aime à croire que ce n'est pas à dessein; mais ivi encore, il est bon de contrôler le récit du Dr Landry par celui de l’autre interlocuteur, ne serait ce que pour faire voir combien la mémoire de M. le Docteur est peu sûre. ” È

Nous avons traité spécialement cette question au numéro 174.

215 ‘ Voici ve récit :

“ Ste Jeanne de Neuville, 20 mars 1884.

Au Très Rév. TE, Hamel, V: G.,

“Supérieur dé Séminaire de Québer,

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