NATURE DES ATTAQUES DE M. HAMEL
À. — Calomnies.
= Nous nous contenterons d'en signaler six seulement. a) — Parlant de la conversation que le Dr Landry et M. l'abbé Bégin ont eue ensemble au sujet de M. Hamel, celui-ci ajoute: “ Voila que cette conversation privée elle-même devient publique
“ et est répandue comme preuve contre moi... Tout d'abord je cons-
“ tate que cette publicité, qu'un certain nombre d'adeptes ont une “ jouissance spéciale, parait-il, à étendre et qui va si bien à leur zèle “ soi-disant religieux, vient de vous et de vous seul. Car M. Bégin n'en
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“ a parlé qu'à moi, et il s'agit, d'une conversation qui n’a eu lieu qu'entre vous deux. , (Voir pièce N. 1-b).
Réponse: M. Hamel se trompe, oublie... mais d'ailleurs se réfute lui-même.
Il a paru, vers le commencement de juin dernier, dans le Canadien, journal publié à Québec, une défense autorisée ou plutôt une nouvelle attaque de M. Hamel, sous la signature Ernest’ Myrand. Cette correspondance, qui évidemment a jailli de la source même des renseignements
qu'elle donne, publie jusqu'aux moindres détails, jusqu'aux dates les plus:
oubliées dans l’histoire de cette cause.
M. Myrand ne pouvait ètre au courant de tous les faits qu'il raconte; seul M. Hamel devait les connaître tous.
Il y a entre autres une conversation tenue par Mgr Conroy à M. Hamel, conversation que M. Myrand raconte avec une précision. de détails qui fait croire ‘qu'il a assisté lui-même à cette conversation (pri ivée sans doute), ou que c’est M. Hamel lui-même qui dirige sa plume.
Or, que dit M. Hamel, dans cette correspondance, par la bouche de M. Myrand ?
Nous citons :
“ M. le Grand Vicaire Cyrille-Etienne Legaré, à la date du 30 oc- “ tobre 1882, écrivit une lettre à M. l'abbé Nazaire Bégin, prêtre du “ séminaire de Québec et promoteur de l'officialité, lui demandant de se “ rendre auprès du Dr Landry et le prier, au nom de cette même Offi- “ cialité diocésaine de Québec, de vouloir bien lui nommer la personne “ qui, etc., etc.
Voila donc M. l'abbé Bégin chargé par son supérieur d'une mission
officielle auprès du Dr Landry.
Est-il maintenant raisonnable de supposer que M. l'abbé Bégin, après avoir rempli sa mission, n'en ait pas rendu compte à la personne même qui l'en avait chargé, au Vicaire Général le T. R. M. Legaré?
Voilà donc une personne -à qui M. Bégin a dû PAMAUNSE la conversation qu ‘il avait eue avec le Dr Landry.
Que dit en outre M. Hamel par la plume de M. Myrand ? }
* De retour au Séminaire de Québec, M. l'abbé Bégin n'eut rien de “ plus pressé que de raconter à M. le Grand Vicaire Hamel l'étonnante “ conversation du docteur. Ils s'en amusèrent beaucoup. Elle fit rire “ davaritage l'Archevèque, à qui M. le Grand Vicaire Hamel /« rapporta “ lui-même. ,
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Voilà M. Hamel qui publie lui- -même cette conversation.
Mais il y a mieux.
La conversation entre M. Bégin. et le Dr Landry n'est après tout que la conversation de M. Hamel elle-même: tenue auparavant entre
M. Hamel et le Dr Landry.
Or, cette conversation, M. Hamel lui-même admet l'avoir tenue avec
plusieurs personnes.
“ De retour au Canada, dit-il, dans une Conversation amicale et “ croyant avoir affaire à des hommes intelligents, je raconte, sans dé- “ fiance, au Dr Landry, comme je l'ai fait à d'autres dans le temps, etc. ,
M. Hamel se réfute donc lui-mênre.
Veut-on une nouvelle réfutation?
M. Livernois nous la donne, dans son témoignage assermenté :
“ Monsieur le (Grand Vicaire Hamel a soutenu, devant moi, en : # différentes occasions, depuis plusieurs années, que la franc-maçonnerie “ n'était pas dangereuse en Canada et que les soctÉTÉS SECRÈTES N'ÉTAIENT “ QUE DES SOCIÉTÉS DE PROTECTION ET D'AVANCEMENT MUTUELS y (Voir pièces N. 2-b et N. 5).
C'est donc pre calomnie de la part de M. Humel d'accuser le Dr Landry, devant.tont un public, d'avoir divulgué et répandu une conversation qu’il appelle privée lorsqu'il a été lui-même l'artisan le plus actif de cette propagation indiscrète.
.b) — M. Hamel accuse ensuite le Dr Landry d'avoir commis une faute bien grave, celle de ne l'avoir pas dénoncé à l'Archevêque, ainsi que c'était son devoir, et cette faute a duré dix ans!
M. Hamel se complait dans cette accusation, qu ‘il formule une première fois dans sa lettre du 30 avril, une seconde fois dans celle du à mai, une troisième fois dans celle du 17 mai.
Il l'appelle un silence coupable.
M. Hamél n'oublie qu'une chose, pourtant bien essentielle et qu ‘en
sa qualité de Vicaire Général il n'ignore certainement pas, c'est qu'une dénonciation judiciaire légitime suppose en pareil cas, le délit public et déjà connu.
Bien plus, le Dr Landry aurait été coupable s'il gût dénoncé M. Hamel à son Archevèque sans avoir en même HRbE les moyens de prouver juridiquement sa dénonciation.
Or, la conversation à laquelle réfère M. Hamel n'ayant pas eu de témoins, et le Dr Landry ignorant jusqu'à tout dernièrement que.
M. Hamel eût tenu semblables conversations avec d'autres personnes, non seulement, le Dr Landry n'était pas obligé de dénoncer M. Hamel, mais l'eût-il fait dans ces circonstances que sa dénonciation eût été illicite.
Voilà pour la dénonciation judiciaire.
Reste la dénonciation évangélique. :
“ Une bonne raison, dit l'abbé Stemler, dans son ouvrage des * eines ecclésiastiques, page 92, qui excuse souvent de l'obligation de -“ Ja correction fraternelle et de la dénonciation évangélique, c'est la “ crainte fondée d'un mal qui pourrait nous en advenir. Si on a lieu de . “ croire qu'on excitera par là contre soi des haïnes, des inimitiés, des aigreurs, ou si l'on craint de ne pouvoir plus obtenir de ces personnes certains services, on est dispensé de la loi de la correction fra- “ ternelle et de la dénonciation évangélique. Personne n'est tenu de faire du bien à un autre à son propre détriment, d'autant plus que, dans ce cas, la correction serait inutile ;.
Personne ne pourra nier que le Dr Landry n'eût des craintes fondées sur le traitement qu'on pouvait lui ménager, lorsqu'on voit la manière indigne dont il a été traité pour s'être défendu avec tant de calme çontre les injustifiables attaques de M. Hamel.
Celui-ci a donc eu tort, à tous les points de vue, de dénoncer à tout un public le Dr: Landry comme gravement coupable d'avoir gardé le silence à son sujet auprès de l'Ordinaire.
©) — M. Hamel va plus loin. Au lieu de chercher dans le droit canon les raisons qui non seulement n'obligeaient pas le Dr Landry à le dénoncer, mais qui au contraire le forçaient à se taire, il donne cours à son imagination et se posant la question : “ Pourquoi donc ne m'avez- “ vous dénoncé à qui de droit? , il répond:
“ Je ne vois qu'une explication à ce silence vis-à-vis l'autorité “ compétente comparé à cette complaisante dissémination auprès de gens “ heureux de constater tant de perversité dans un haut fonctionnaire “ ecclésiastique regardé comme adversaire de CERTAIN PARTI, ne expli- “ cation, je vais. vous l'exposer franchement.
# Vous n'étiez peut-être pas trop sûr de l'exactitude de vos avancés “ à mon égard et une dénonciation en règle aurait amené probablement “ la preuve que votre accusation ne reposait sur aucun fondement réel. “ Or, cette preuve aurait enlevé beaucoup de poids à l'affirmation hon- “ teuse que certaines gens publient avec tant de zèle pour la vérité (!),
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à savoir qu'il y à une douzaine de prêtres francs-maçons dans la ville “ de Québec et aux environs. La chose, en effet, cesse d'être improba- “ ble, si un Grand Vicaire dit qu'il n'y a pas de mal pour un catholique “ à être franc-maçon! Laissez donc de côté, vous aurait-on dit, laissez “ de côté l'autorité qui pourrait arrêter ces bruits là, et répandez la nouvelle dans un public choisi qui la fera circuler d'un bout du pays à l'autre. Quand l'affirmation aura fait son chemin, elle arrivera probablement aux oreilles de l'autorité ou des intéressés; il y aura alors des protestations, mais ces protestations où ces dénégations n'arriveront-.pas partout; d'ailleurs ellessne séront pas crues par tout le monde; et certain parti (M. Hamel désigne ici le parti conservateur) pourra continuer de se vanter qu'il n'y à pas de prêtres francs-maçons de son côté, mais qu'il y en a de l'autre “ (dans le parti libéral).
“ Je serai heureux, Monsieur le Docteur, d'apprendre que je me “* trompe; mais en présence du zèle maliciewr déployé hors de la voie
“ silence coupable vis-h-vis mon Ordinaire, ,
Cette explication du savant abbé prête au Dr Landry les nous les plus bas, les plus vils, les plus malhonnêtes qu'on puisse imaginer: elle le calomnie odieusement en lui attribuant ces intentions coupables qu'il n’a ‘jamais éues, cette conduite infamante qu'il n'a jamais tenue.
d) — En si bon chemin, M. Hamel ne sait plus s'arrêter.
A propos de sa seule explication, de ce qu'il appelle le ze malifieux et le silence coupable du Dr Landry, il ajonte :
“ Quand je dis que c'est la seule... je pourrais absolument dire qu'il y en à une autre; mais je ne saurais vous l'appliquer; non, vous ne pouvez être de ceux qui prétendent que l'Archevèque lui-mêmèê est franc-maçon, ainsi que certains cardinaux de la Propagande... ce qui évidemment aurait rendu inutile ma dénonciation à l'Archevèque. . (Voir piece N. 1-b).
à cela; le Dr Landry répond:
“ Je déclare que je suis entièrement étranger : à tous les canc ans que vous me dites circuler dans le public à votre égard, et encore
plus étranger aux ‘intentions plus ou moins charitables que vous semblez m'attribuer. Je suis également étranger aux insinuations malveillantes que vous semblez me prêter au sujet de Mgr l'Archevêèque de Québec. , (Voir pièce n° 1-c). °
M. Hamel réplique : : et :
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LS
contre moi, voilà la seule explication que je puisse trouver à votre
Je regrette que vous ayez pris pour une insinuation malveillante “ à votre égard ce que je vous ai dit touchant l'accusation de franc- ‘ “ maçonnerie lancée contre Mgr l'Archevèque. Il n'y a pas d'insinua- : “ tion contre vous, puisque je vous disais que Je ne pouvais vous apx “ pliquer à vous cette ‘explication de votre silence vis-à-vis l'Ordinaire. J'avoue cependant aujourd'hui que vous pouviez être sous une impression contraire, vu que votre conscience vous rappelait un fait , “ que j'ignorais au moment où je vous écrivais ma lettre du 30 avril, “ et que j'ai appris seulement depuis, savoir: que.vous ne vous êtes pas “ gèné d'affirmer que le cardinal Franchi était un franc-maçon! Car, vraiment, qui fait plus peut parfaitement s'imaginer qu'on le soup- * çonne de moins. , (Voir pièce N. 1-c).
Il y a ici deux. atroces calomnies.
M. Hamel lance dans le public contre le Dr Landry une double accusation: la prémivre, directe, celle de ne s'être pas gêné d'affirmer que le cardinal Franchi était un franc-maçon; la seconde, indirecte, celle de prétendre que l'Archeyèque lui-même est franc-maçon.
La première acçusation est catégoriquement formulée.
Or, voici ce qu'a dit le Dr Landry: "ax À
“ Je manifestai surtout mon étonnement à la vue du concours # qu'on affirme ètre prèté aux sociétés pue des membres du clergé, et cela à Rome même.
“ J'ajoutai que les sociétés secrètes faisaient aussi de grands pro- “ grès au Canada, où on dit que quelques prêtres sont affiliés : à ces 80ciétés ennemies de l'Eglise. , US Jamais il n'a pris sur lui d'affirmer qué le cardinal Franchi était un franc-maçon, pas plus qu'il ne s’est permis de dire qu'il y avait des 4 prêtres canadiens parmi les francs-maçons. ‘ F ‘ Dans l’un et l'autre cas — et il y avait des personnes témoins de ee Ÿ la conversation qui eut lieu à cette occasion — le Dr Landry s'est contenté: de dire :
On affirme qu'a Rome, etc.
On dit qu'au Canada, etc.
Et c'est tellement dans ce sens qu'on a compris ses “paroles, que l'Officialité. de Québec, en envoyant ‘son promoteur auprès du Dr Landry, lui donna la mission spéciale suivante :
“ En conséquence, M. le Grand Vicaire yrille-Etienne Legaré, à “ Ja date du 30 octobre 1882, écrivit aie lettre à M. l'abbé Nazaire Bégin,