SAUT
+ Et comme si ce n'était pas assez d'émettre ces principes généraux
|. qui sont parfaitement vrais, nous n'en doutons pas, mais qui contien-
nent des allusions par trop directes, voilà que Sa Grandéur descend sur le terrain des faits: |
“ Par le temps qui court, dit-elle, cerraixs catholiques semblent avoir
NE “ mis en oubli ces principes élémentaires de justice et de‘charité, dans
{ “ leurs conversations et dans leurs écrits, en portant à la légère. cette
N . 4 “ accusation de franc-maçonnerie contre des membres du clergé et contre
doses TETE us AE
1 “ des officiers publics. , | :
|: 1 Mgr l'Archevèque aftirme là un fait qui n'existe pas au pays. Ce (4 qui, probablement, l'a induit en erreur sur ce point, cesont les affirmaÿ. Æ tions mensongères de la presse rouge, radiçale et malhonnète. Et c'est ainsi que, mettant sa parole de pasteur au service de ceux-là mêmes qu'il soutient et encourage, il affirme ce qui n'est pas, «i propage d'autorité une monstrueuse erreur jusqu'aux limites les plus
ER re 405
f reculées de son archidiocèse ev, s'armant de la foudre, frappe sans misé- | ricorde ceux qu'il condamne sans justice.
PL ÿ* Le
C'est bien le moment de lui appliquer le passage suivant de son propre mandement :
à # Si par le temps qui tourt, les règles élémentaires de la justice et FE “ de la charité avaient été respectées (par Sa Grandeur) combien de Fa “ fautes graves auraient été évitées! Combien de consciences faussées “ par un zèle mal avisé pour la religion seraient restées dans le droit “ chemin! combien de scandales et de discordes épargnés à la cause
it:
sel “ catholique! ,
ù Le mandement de Mgr l'Archevèque est non seulement une attaque
F. . mal déguisée contre le Dr Landry — et cette attaque devient mani-
4 feste lorsqu'on lit la lettre explicative de Sa Grandeur — mais il est
Di . encore une protection des plus efficaces, en faveur de ceux qui appar-
Et = tiennent aux sociétés secrètes, et il établit en outre une distinction odieuse entre les catholiques et les protestants.
' Le-mandement, en effet, s'exprime ainsi:
14 *, Et'afin que chacun comprenne bien son devoir sur ce grave | sujet, nous déclarons cas réservés dans le diocèse de Québec, les fautes
suivantes :
‘+ “ 1° Répandre ou répéter de vive voix où par écrit une accu-
“ sation gratuite de franc-maçonnerie contre wn CATHOLIQUE quelconque,
même étranger au diocèse ;
Pen MP
# 9° Faire connaître de vive voix ou par écrit à d'autres qu'à “ l'Ordinaire de l'accusé ou à son official cette accusation, quand on la “ croit bien fondée..,
: C'est-h-dire qu'en ‘pratique on ne peut jamais dénoncer un frant-
à maçon catholique.
À Plus d'un catholique, dans notre province, a résisté aux. sollicita-
À tions d'entrer dans la franc-maçonnerie, précisément parce qu'il craignait Ù
À cette dénonciation salutaire devant l'opinion publique; il ne voulait pas ’ : *. être montré au doigt, il ne voulait pas passer pour être franc-maçon.
Î Désormais, cette crainte ne l'arrêtera plus, le mandement de Monsei-
| grreur le protège ;. comptant sur l'impunité, sans hésitation il pourra
1 entrer dans les loges maçonniques. :
Ï1 lui sera alors facile de se moquer de toute dénonciation quelconque. Car ce n'est pas tout de dénoncer: il fant étayer sa dénonciation sur d'irréfutables preuves.
Avez-vous des preuves certaines à fournir? dit le mandement,.… “ allez donner vos. informations et swrfout vos preuves à l'autorité com- ©“ pétente. ; j e Mais si je produis des témoins, on aura droit de me répondre : Quoi! ce sont là vos témoins! ces personnes vous ont dit qu'un tel ou tel autre était franc-maçon, qu'elles l'avaient vu dans telle ou telle circonstance... mais savez-vous que vos propres témoins sont coupables de désobéissance ? Ils n'avaient pas le droit de vous faire aucune confidence de la sorte, et, pour l'avoir faite, ils tombent dans les cas réservés. Comment, avec une telle pérspective, trouver des témoins ? . Evidemment, les témoins ne peuvent se. faire connaitre. “ Or, comment, sans témoins, faire une dénonciation légitime à l'au-
torité compétente ?
La franc-maçonnerie est donc protégée par le mandement de Sa Grandeur l'Archevêque de Québec, ét c'est daps ce sens aussi que ce mandement est interprété au pays, au grand scandale du clergé et des fidèles.
Mais, la franc-maçonnerie, nous l'avons toujours cru du moins, est un mal social, défendu non seulement par l'Eglise, mais aussi par les prescriptions du droit naturel.
Or, si tel est le cas, un protestant ne peut pas faire partie de ces. sociétés secrètes. Tout comme le catholique, il commet une faute contre le droit naturel en s'affiliant à la franc-maçonnerie.
Le mandement de Sa Grandeur l'Archevèque de Québec détruit
toutes ces notions. ‘ |
“ Afin que chacun, dit-il, comprenne bien son devoir sur ce grave
“ sujet, nous déclarons cas réservés dans le diocèse de Québec les fautes
“ suivantes: , | É Et quelles sont-elles ?
1° Accusation gratuite de franc-maçonnerie coutre un catholique ;
2 Faire connaitre à d'autfes qu'à l'Ordinaire ou à l'Official
cette accusation — l'accusation de franc-maçonnerie contre un catholique — quand on la croit, ben fondée.
Voilà la distinction que nus signulons,
Elle tend à faire croire que si c'est une faute grave pour un cutholique de faire partie. des sociétés secrètes, cette faute cesse d'en ètre une du moment qu'il s'agit d'un protestant.
Accuser, en effet, ua catholique d'être franc-maçon est une faute grave, un Cas réservé, pourquoi? Précisément parce que l'accusation porte sur une matière grave. an
Accuser un protestant d'être franc-maçon n'est pas du tout un cas réservé.
Ce n'est.donc pas une faute grave. L'accusation ne porte donc pas sur une matière grave. Un protestant pourrait donc être franc-maçon.
: Etre affilié aux sociétés secrètes n'est donc pas, x soi, une fuute bien grave,
Voilà les conséquences que l'on tire dans l'archidiocèse de Québec de la distinction faite par l’Archevêque entre les francs-imaçons catholiques et.les francs-maçons protestants.
Elles n'intéressent pas directement Lx cac3 soumise à votre tribunal. Nous en parlons toutefois, à titre de renseignement, afin de pouvoir établir que le mandement de Sa (Grandeur l'Archevèque de Québec est un document malheureux àä.plus d'un titre, et que ce n'est pas sans raison qu'il à été reçu par le public avec une stupéfaction facile à com- À
prendre. 4 4° UNE LETTRE QUI EXPLIQUE TOUT.
Descendu dans l'arène qu'il s'était lui-mème librement choisie, M. l'abbé Hamel y bataillait avec une ardeur digne d'une meilleure cause. Il demanda d'abord une rétractation au Dr Landry, tout en pro-
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clamant que le Docteur était parfaitement de bonne foi en rapportant une conversation qu'il avait entendue. ,
é Naturellement, l'exigeant abbé éprouva un échec, le Dr Landry lui refusant la signature de son nom au bas d'un acte déshonorant,
Pour se venger, M. Hamel publie, dans le Journal de Québec, toute la correspondance échangée entre lui et le Dr Landry,
Uu adversaire surgit, et celui-là un uni intime de M. Hamel, un avocat de Québec qui x fréquenté assiduement le Grand Vicaire, et qui a eu, avec lui, en plus d'une occasion, des discussions sur différents sujets. es
M. Liverhois, c'est son nom, voyaht que le Dr Eandry était indinement traité, sachant qu'il l'était injustement, donne son témoignage contre M. Hamel et affirme que M. le Grand Vicuire a tenu à lui-même les propositions que lui attribue le Dr Landry.
Cette seconde aftirmation fut un autre échec pour M. Hamel,
Craignant de nouvelles r,élations que méritait sa conduite imprudente, et qui certainement auraient eu‘lieu, il se tourna vers l'autorité, et Mur Taschereau lança le mandement que l'on vient d'étudier,
Muis, pour ne pus faire les choses à demi, pour écarter toute fausse interprétation de son mandement et lui donner le sens véritable qu'il lui voulait devant le publie, Sa Grandeur l'Archevèque de Québec écrivit, en date du + juin, la plus compromettante comme la plus incompréhensible des lettres, dans laquelle il déclare que son mandement a été fuit pour M. Hamel .
L'assertion semble incroyable, mais la lettre est là, et il est fucile d'en peser toutes les expressions. (Voir pièce N. 7-b):.
“ Quoique dans mon mandement Au premier courant, y est-il dit, “ j'aie déjà fait connaitre implicitement ce que je pense de la manière
injuste, déloyable et peu chrétienne dont vous (M. Hamel) avez été “ttwgité par des personnes de qui on était en droit d'attendre plus de “ justice, je crois devoir dire aujourd'hui explicitement que vous n'avez rien perdu de mon estime et de ma confiance. , Puis vient l'étonnant principe qui suit, qui rend manifeste à tout “un public l'aveugle confiance que: Sa Grandeur porte à M. Hamel:
# Je vous connais de trop vieille date, et vous ai vu de trop près
“ h l'œuvre pour ne pas continuer de croire à votre orthodoxie et à la
“ vérité de votre parole. , Nous nous permettrons deux ou trois suppositions.
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Supposons que l'on accuse M, Hamel d'avoir un jour dit à un prètre que Mgr Taschereau lui inspirait des craintes continuelles dans ses procès h Rome, parce qu'il était x homme trop honnôte pour plailer devant les congrégations romaines; sans doute M. Hamel nieruit,
Cela devrait ètre suffisant pour Sa Grandeur, qui pourrait dire M. Hamel: Je vous connais de trop vieille date pour ne pas croire la vérité de votre parole!
Supposons que dans une autre occasion, devant au moins deux prêtres, M. Hamel ait exprimé l'espoir que Pie IX, de sainte mémoire, ne serait pas assez fou pour amener devant le Concile du Vatican la question de l'infaillibilité du Pontife Romain; nul doute, M. Hamel nieruit ce propos, et Sa Grandeur d'ajouter : Je vous connais de trop vieille date pour ne pus croire à votre orthodoxie et à la vérité de votre parole!
Supposons, puisque nous sommes sur le terrain des hypothèses, que l'on accuse M. Hamel d'avoir soutenu la proposition suivante: “ Qu'ù Rome, surtout depuis l'occupation de lu Ville Eternelle par les troupes de Victor-Emmanuel, on avait fini .par comprendre qu'il était désormais inutile de se battre à coups de principes, et qu'on avait inauguré une politique de concessions réciproques ,, nous entendons le savant abbé opposer une dénégation énergique, et Sa Grandeur FArchevèque lui dire :
“Je vous tonnais de trop vieille date pour ne pas croire à lu vérité de
votre parole! ,
Une dernière supposition, car nous ne voulons pas abuser de la patience du tribunal. |
Que répondrauit M. Hamel s'il était accusé d'avoir dit à un jeune homme, sur te ton du persiflage, qu'il y avait maintenant des crucifix dans toutes les salles de l'Université Laval, et d'avoir ujouté, lui prêtre, Grand Vicaire, haut fonctionnaire ecclésiastique, ces paroles qu'une impie ne désavouerait pas: “ D'après ce que m'a dit Mgr Conroy, il parait qu'on jugeait que c'était une condition d'orthodoxie ! La jeunesse n'a plus rien à craindre maintenant, il y à des crucifix partout, même dans la salle de droit!!! , | e
Sans doute, M. Hamel se récrierait et opposeruit à l'idée de lui prêter ce langage quasi blasphématoire la plus énergique des dénégations, et Sa Grandeur FArchevèque de Québec pourrait lui dire: “ Je vous “ connais de trop vieille date, et. je vous ai vu de trop près à l'œuvre “ pour ne pus continuer de croire à votre orthodoxie et à la vérité de
votre parole. , :
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Et forcément, toutes ves suppositions devraient s'évanouir, disparaître à jamais.
Et pourtant, ces suppositions n'en sont réellement pus, et aussitôt que Sa Grandeur l'Archevèque de Québec nous le permettra, nous lui prouverons que M. Hamel à émis toutes, et chacune de ces opinions,
qu'on ne pardonnerait certainement pas à un laïque qui se dit bon ca-
tholique. - Rien ne sert à Sa (Grandeur de connaitre M. Humel depuis si long-
temps, et de l'avoir Vu. de si près, si réellement elle le connait encore assez peu pour vanter son orthodoxie et proclamer l'infaillibilité de sa parole, ;
Malgré sa foi robuste en M, Hamel, Sa Grandeur l'Archevéque a cru qu'il valait mieux ne pas exposer son Grand Vicaire aux ennuis d'une enquête judicixire;. et à nos demandes répétées de citer M. Hämel devant le tribunul de son Officialité, Sa Grandeur à constaihment répondu par un refus.
Après avoir attaqué le Dr Landry, après l'avoir faussement dénoncé à tout son archidiocèse, après l'avoir, en un mot, indignement diffamé dans sa réputation, Sa Grandeur l'Archevèque de Québec ne pouvait mieux perpétrer l'acte injuste qu'il avait commencé, qu'en refusant ensuite au Dr Landry le droit sucré de se défendre, de prouver son innocence, de confondre ses calomniateurs en laisant, contre eux et contre M Hamel en particulier, une enquête destinée à, les mettre sous leur
vrai jour.
DÉNE DE JUSTICE, L'histoire de ce déni de justice est consignée dans les trois réponses donnéés par Sa Grandeur l'Archevèque aux trois lettres que j'avais l'honneñr de lui écrire le 18 juin, le $ et le 19 juillet.
Trois faits bien importañts ressortent de cette correspondance : le
premier, c'est la déclaration de l'Archevêque lui-même que sa lettre du
+ juin, écrite à son Grand Vicaire, est un jugement prononcé, er parte, .
par Sa Grandeur dans l'affaire Landry-Hamel.
Or, sa lettre est. l'explication de son mandement, c'est la déclara-,
tion de la portée qu'il faut donner à cette importante pièce.
téx
Donc, Mgr l'Archevèque affirme lui-même qu'il s'est prononcé contre
le Dr Landry lorsqu'il écrit: “ Je me suis prononcé dans une lettre destinée à devenir publique! ,
La culpabilité de l'Archevèque, et son incontestable partialité ne sau-
raient être mieux établies : nous avons son propre aveu.
Un deuxième fait qui ressort de cet échange de lettres, c'est la précipitation avec laquelle Sa (Grandeur l'Archevèque de Québec se hâte, en déclarant son incompétence, d'écarter ou d'étouffer toute procédure qui pourrait être dirigée contre son (trand Vicaire. Il n'attend même pas que la dénonciation juridique du Dr Landry soit filée au tribunal régulier: de suite, sans savoir ce qui en est, ignorant complètement la nature de l'action que doit porter le Dr Landry, il décrète que * s'il
ne t de quelque chose se rapportant au démélé entre le Dr Landry
t M. Hamel, c'est au Saint-Sicge que l'on doit s'adresser, vu qu'il
s'est prononcé dans cette affaire et que l'Officialité ne saurait réformer
pl }:
son jugement. ,
La prudence la plus élémentaire condamne une telle précipitation:
le droit canon indique une toute autre ligne de conduite à suivre. Le troisième fait que met à nu la correspondance en question, c'est,
3 il nous fait peine de le dire, le peu de mémoire de Sa (Grandeur.
L'Archevèque commence par m'écrire:
# S'il s'agit de quelque chose se rapportant au démêlé entre le Dr : # Landry et M. Hamel, vous devez vous adresser au Saint-Siège, parce
que je me suis déjà prononcé sur cette affaire, et que l'Officialité ne peut réformer mon jugement. , à .
Je demande à Sa Grandeur où est ce jugement que l'Officialité ne
peut réformer.
Elle me répond:
“ Le recours au Kaint-Siège, dont je vous ai parlé dans ma lettre du 21 juin, n'est pas un appel contre un jugement de ma part. Voyant
l'affaire portée devant le public, je me suis prononcé dans une lettre ESS destinée à devenir publique. , (Voir pièce N. 15).
Le motif donné par Mnssianau pour expliquer son intervention n'est rien moins qu'étonnant:
* Voyant, dit-il, l'affaire portée devant lé püblic, je me suis prononcé, , [ y à un fuit bien grave que Sa Grandeur ne doit pas oublier, c'est que l'affaire a été portée devant le public par Sa Grandeur elle-même.
4 I — nc
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la te, ure me nul
la s'il hey
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C'est M. Hamel, du moins, qui nous l'affirme lorsqu'il écrit au Dr Landry qu'il va faire publier sa lettre du 30 avril, “ laquelle 4 « soumise à * Mgr l'Archevôque avant de la lni envoyer. ,
M. Myrand, écrivant sous la dictée de M. Hamel, n'est pas moins explicite :
# M. l'abbé Hamel, après «voir ANTÉRIEUREMENT Sois À l'Archevèque * la correspondance échangée entre lui et M. le Dr Landry, à ce sujet, *“ la publia tout entière dans le Journal de Québec,
Une seconde fois, M. Myrand nous informe de ce même fait:
“ Quand M. le Grand Vicaire s'est présenté devant Mer Taschereau “pour lui Souuerrre 4 correspondante quil jugeait nécessaire de pu- * blier, ete. ,
L'affaire n'a donc été portée devant le public qu'après qte Myr l'Archevêque ent été consulté sur l'h-propos de ce procédé, C'est l'Archevèque ‘lui-même qui a autorisé M. Hamel à en agir ainsi.
En définitive, et c'est évident, c'est l'Archevèque Nff-même qui a porté l'affaire devant le public. : à Nous avons donc raison d'admirer tout l'aplomb de cette affirma- CO 4 Voyant l'affaire portée derant le publie (!!), je me suis prononcé dans nne lettre destinée à devenir publique.
Pareille assertion ne saurait toutefois en imposer à qui que ce suit.
‘L'intervention de l'Université Laval.
Le Dr Landry, pendant vingt-sept ans, avait été professeur titulaire de l’Université Laval, Depuis la fondation de cette institution, il occupait une chaire des plus-importantes dans la Faculté de médecine, et toute la ville de Québec peut l'attester, la province entivre peut le proclamer, là présence du Dr Landry à l'Université‘ Laval faisait rejaillir sur elle un vif éclat de science, comme elle était en même temps un gage d'orthodoxie dans ses enseignements sur les matibres de la Faculté.
I y à deux ans et demi, le Dr Landry, devenu paralytique, ne pouvant plus marcher, demanda à se retirer de l’enseignement. En réponse, le Recteur de l'Université Laval lui écrivit la lettre suivante :
Et, !
“ J.-Etienne Landry, Ecr. M. D.
« 13 avril 1881,
LS
a, Monsieur,
J'ai Fhonneur et le regret d'accuser réception de la lettre par laquelle vous demandez votre retraite de l'enseignement universitaire. “ Je vous assure que je serais heureux de vous répondre par un
“ refus, mais je comprends trop que votre àge, vos longs services et “ vos souffrances vous donnent droit au repos. * Je serai donc forcé de mettre votre lettre devant le procl tin
Conseil, qui aura lieu la, semaine prochaine. Agréez, Monsieur, l'assurance des sentiments tout dévoués avec lesquels je demeure
Votre très robéissant serviteur, # M. E. Méruor, PM.
NU les Quelques jours plus tard, la démission de M. Landry fut acceptée et, dans une séance solennelle publiqée, le Recteur, dans son rapport académique pour l'année ISS0-S1, prononça, dans la grande salle de
l'Université Laval, les paroles suivantes, qui soulevèrent d'enthousiastes applaudissements: ]
* Un de nos plus anciens professeurs, M. le Dr Landry — à raison de son àge et de ses infirmités — à cru devoir résigner la chaire importante qu'il occupait dans la Faculté de médecine depuis la fondation de l'Université, Remplie d'estime et d'admiration pour sa science profonde, pour son dévouement et son noble caractère, pénétrée aussi à de la plus vive reconnaissance pour ses longs services, l'Université $ n'a pas consenti à rompre tous les liens qui lui attachaient M. le Dr 4 Landry, et elle l'a nommé professeur honoraire de la Faculté de médecine. , (Voir Annuaire de l'Université Laval. Année ISS1-82, page 48).
Cette vive reconnaissance ne devait pas être de bien longue durée, et ceux qui en étaient si pénétrés s'assemblerent le quatrième jour de Juin dernier pour passer la résolution suivante : :
Que vu la conduite tenue par M. le Dr J. E. Landry à l'égard
de M. le Grand Vicaire Hamel, ancien recteur de l'Université, le titre de professeur honoraire cesse d'être attribué au dit M. le Dr J. E. Landry. ,
L'Ælecteur, cet organe libéral que l'on connait, annonçait le 5 juin
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