‹ Landry vs Hamel [microforme]Chapitre 43 sur 121 · SAT AE · texte numérisé non relu

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cependant, considérer toute la portée de son acte, les injures et les persécutions qu'on lui ferait subir, et les pertes qui pourraient.en résulter “pour lui. Il alla jusqu'à prévenir son associé, M. Amédée Robitaille, ‘qu'il dissoudrait leur société si la tempête était trop forte. à

N'allons pas croire que. ce fut sans brisement de cœur qu'il prévit la rupture inévitable des liens, d'amitié qui l'unissaient à ses amis du Séminaire. {

Eh bien! il a mis tout ic dans un des plateaux de la balance et son devoir dans l'autre, et son devoir l'a emporté.

Voilà pourquoi il est intervenu de la manière qu'il l'a fait.

La question de “ justice’, réglée, passons aux “ décrets. ,

M. Hamel, après avoir exprimé ses vues sur la manière dont M. Livernois devait interpréter la justice, ajoute: * Voila ce qu'exigeaient les ordres du Saint-Siége relativement aux professeurs de l'Université Laval. , À

M. Hamel, descendu le premier dans la presse, après avoir écrit sa lettre du 30 avril, peut-il invoquer l’immunité accordée par la bulle aux professeurs de l'Université Laval dans l'exercice de leurs fonctions ?

N'est-ce pas là faire un étrange abus de l'autorité de Rome ? N'est-ce pas en quelque sorte consacrer l'exploitation du nom du Saint-Siège, exploitation qui se fait actuellement pour couvrir tant d'entreprises anti-sociales et d'agiotages dont souffre notre province, exploitation par laquelle depuis longterups on veut justiñer tant de fausses interprétations de décisions rèndues par la S. C. de la Propagande, exploitation inventée pour soustraire M. Langelier à la réprobation que souleva sa conduite dans la question de l'influence indue ?

Je -maintiens que M. Hamel n'est pas devant le public tanqguam professor, qu'il n'agit pas non plus comme recteur, et que la bulle d'érection de noire université de Québec ne le couvre pas dans la présente polémique.

2 M. Hamel, pour répoudre à une objection qu'il me met dans la bouche, au sujet des intentions du Dr Landry, laisse entendre qu'il admet la bonne foi du Docteur. ,

Singulière manière d'admettre la bonne foi d'un homme que de lui lancer des phrases comme ceiles-ci, que je trouve dans la lettre du 30 avril: “ Ce sonci de ma réputation ne parait pas, du reste, vous avoir fatigué bien fort devant ceux qui se sont chargés de répandre /a bonne nouvelle. ,

“ Vous n'étiez peut-être pas trop sûr de l'exactitude de vos avancés > mon égard, et une--dénoïiciätion. en règle aurait amené probablement la preuve que votre accusation ne reposait sur aucun fondement réel... Laissez donc de côté, vous aurait-on- dit, laissez de côté l'autorité qui pourrait arrêter ces bruits là et répandez là nouvelle dans un public choisi qui la fera circuler d'un bout du pays à l'autre, etc. ,

Je.suis heureux de voir toutes ces insinuations implicitement retirées et remplacées par ce nouvel éxposé des faits: Que M. Landry “ Groit avoir compris ,, et que M. Hamel prétend que M. Landrÿ * doit avoir mal compris , — “ & M. Hamel a raison, c’est une simple erreur de fait qu'il constate chez M. le Dr Landry, dont, au reste, il ne suspecte même pas la bonne foi. , Que les reproches adressés au Dr Landry. n'impliquent “ ni déshonneur, ni culpabilité. , Et que dans toute cette affaire, le plus qui pouvait arriver au Dr Landry, c'est que le public vint à croire qu'il s'était probablement trompé sur le sens d'une conversation, , enfin: * un inconvénient minime. ;,

Quand bien même mon intervention n'aurait obtenu que cette réhabilitation d'un professeur honoraire de l'Université Laval, elle serait justifiée.

C'est dans ce deuxième chapitre que -M. Hamel m'accuse d’avoir livré au public-une—eonversation privée ‘et qu'il me traite de MOU- CHARD. Ce mot est gros et bien calculé pour obtenir un succès de

sa lettre du 16 mai et dans sa correspondance précédente, laquelle proposition peut se formuler ainsi : Les conversations. particulières ou privées ne peuvent servir à la démonstration de la vérité.

Admettre cette proposition, ce serait tarir la principale source du témoignage, et rendre pratiquement impossible l'administration de la justice dans la plupart des cas. Fo

Comme M. Hamel m'accuse d'avoir violé le secret d'une conversation, voici ce que je pense au sujet des conversations.

Soyons honorables, mais non pas puérils.

Il ne suffit pas qu'une conversation soit soustraire au domaine général de la société.

Les conversations confidentielles, sans convent:;n de secret, en honmeur-ne doivent pas être divulguées.

Pour les conversations qui ont lieu sous le sceau du secret, elles.

privée pour qu'on puisse la

Le È ES Sn 90 ne peuvent être révélées que sur l'ordre d'une autorité compétente, et: encore ici les: lois. ecclésiastiques et civiles reconnaissent; des communi- . cations privilégiées, v. g.: celles qui lient’le confesseur et l'avocat.

La nature de la communication est certainement le criterium pour établir le caractère d'une conversation, pou savoir si elle est confiden- € tielle ou non. hs î Assurément, les conversations sur les questions d'intérêt général, soit religieuses, soit sociales, ne peuvent être dites çonfidentielles, à

* moins que celui qui les réclame comme telles, n'ait, au préalable, lorsqu'elles ont eu lieu, demandé de les tenir sous le sceau de LR confidence ou du secret.

M. Hamel a l'air de croire qu'aucune conversation ne peut être communiquée; pour lui toutes les conversations sont confidentielles. Il n’y a que celle de M. le Dr Landry avec M. l'abbé Lemieux qui ait échappé à sa formule. Parlant, de la conversation de M. Bégin avec le. Dr Landry, il dit: “ Voila que cette conversation privée devient publique, , Remarquons que M. Bégin est l'envoyé d'un tribunal. Je pue me tromper, mais je ne crois pas qu'un défendeur, qu'un accusé, qu'un CHAT puisse être blimé s ‘il fait conpaître qu'il a reçu une sommation, qu'on a fait chez 14 une perquisition, et s'il rapporte ce qui “s'est i passé. \

Voyons maintenant, M. Hamel, si je suis un mouchard.

. Pas n'est besoin de dire, je suppose, cé quec'est qu'un mouchard.

Ai-je fait connaître au public une conversation secrète ?

Ai-je fait connaître au public une conversation confidentielle ?

Ai-je fait connaître une simple conversation privée ? Pi ;

- Ai-je fait connaître une conversation quelconque ? Je réponds NON à toutes ces questions. Ma lettre du 9 mai adressée au Dr Landry contient trente lignes bien comptées; or il n'y est pet nullement question de conversation. Pourquoi alors -#ous -permettezvous de présumer ici, comme sur un autre point que nous verrons tout à l'heure, des faits esséntiels, pour ensuite lancer à la légère des accusations aussi graves que les vôtres?

Veuillez vous rappeler, M. Hamel, que nous n'eûmes pas des con- ,

versations sur ce sujet de la franc-maçonnerie, mais’ de véritables discussions ou disputes, et parfois de très vives. Et encore, non seulement

à nous avons discuté sur cette question de la franc-maçonnerie, mais je vous ai aussi combattu sur les propositions suivantes, entr'autres :

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Que la position des catholiques était bonne de fait au Canada, mais qu'elle était à peu près nulle de droit; que pour continuer d'y vivre un peu libres, il fallait ne s'adresser qu'à la plus fine diplomatie, et r 1 a autant que possible, .ne- voyager que sous des habits d'emprunt, connie à k Je prêtre sous le costume du médecin en Turquie.

: Que la loi dite de l'influence indue cléricale, telle que M. Langelier l'a interprétée, est bonne 44 se et qu'il ne taut pas l'abroger.

Qu'en matière d'enseignement primaire, il n'y avait pas un pays où l'Etat fut aussi lâche qu'au Canada.

Que le Syllabus à été un acte malheureux qui n'a passé que grâce aux explications de Mgr Dupanloup..

) Que l'Eglise ne demande que le droit commun, et n'a besoin que

L à de cela. ; Û b 4 Si j'ai cru devoir mentionner on distinctions à faire au sujet des "14 conversations, et ne pas me contenter de dire que, quant à moi, il ne

4 s'agissait pas de simples conversations, mais de discussions et de véri-

J ‘5 : tables polémiques, c'est que M. Hamel informe le public daas sa pré-

: L: face que s'il se permet “ de consacrer à M. Livernois quelques lignes,

- c'est que ce qu'il va lui dire sera mutatis mutandis sa réponse aux au-

tres personnes, etc. , :

Arrivons maintenant au deuxième élément essentiel de la mouchardise. à | Me suis-je présenté chez vous, M. Hamel, sous de fausses couleurs? Non.

Ai-je ‘conservé avec vous des rélations trompeuses dont on pou- ; : vait, en quelque manière, suspecter le caractère ? Non. a É. Vous ai-je enfin fréquenté sous le costume du médecin . disant à toujours comme vous pour vous tirer les vers du nez? Positivement non... Mes relations avec M. Hamel, mes relations avec Laval ont eu, ee à depuis des années, un tout autre caractère. J'ai aimé et j'aime mon alma mater; je l'ai toujours défendue au dehofs, me réservant et exer- | çant en temps et lieu le droit de représentation sur ce qui m ‘y paraissait repréhensible, et cela ouvertement, au su de M. Hamel, et de tous les prêtres du Séminaire et de plusieurs amis intimes, tant de Québec , que de Montréal, auprès desquels je soutenais les prétentions de Laval. ù Que M. Hamel veuille donc bien se rappeler, entr'autres faits publics, la guerre devant la législature locale, pendant laquelle, pour l’appuyer, je n'ai pas craint de combattre des hommes comme M. le sénateur Trudel, un de nos chefs dans les luttes sociales et politiques.

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M. Hamel me demande pourquoi je le fréquentais si je le considérais comme un prêtre dangereux? Je ne vois pas pourquoi M. Hamel me pose cette question devant le public, après dix-huit années de relations, quand il lui est si facile de répondre lui-même. Il y a de ces

‘ choses qui ne.peuvent guère se dire dans la presse. Le public intelligent

a d’ailleurs, dans la ‘lettre de M. Hamel et'‘dans la présente, tous les éléments néceksaires pour résoudre ce nouveau problème.

--J'ajouterai éeulement ceci: Que nos polémiques universitaires ayant commencé quand je n'étais encore qu'élève, je les ai continuées depuis, toujouxs en combattant M. Hamel, toujours avec l'espérance de faire prévalüir mès. idées, comme cela est arrivé effectivement sur quelques points. à

Mais, ajoute M. Hamel, je e ephocié à M. Livernois d'avoir gardé le silence vis-à-vis l'autorité compétente.

Ce reproche m'étonne extrêmement de :la' part de M. Hamel, car

j'ai eu assez de reproches pour avoir fait ce qu'on me reproche aujour-

d'hui de ne pas avoir fait.

Je ne me suis pas plaint! Mais it le dernier paragraphe de ma lettre est là; et M. Hamel m'a compris: “ Je me trompe, il parle. , Mais ici je lui demanderai de nouveau : Pourquoi vous permettez-vous

de présumer des faits essentiels pour lancer, ensuite à la. EC des :

accusations -aussi graves que les vôtres ? 2 Vous. dites que j'ai parlé, mais non pas à qui de droit. Qu'en savez-vous ? Ai-je en aucune manière fait croire que ce n'était pas à qui de droit? Et quand je dis que j'ai écrit, que “ J'écrivais, » Comment pouvez-vous venir dire: “ Il parle, mais à l'oreille d'un petit comité, etc. , pour ensuite lancer les mêmes accusations de conspiration et de capote dont vous avez abreuvé un de vos professeurs honoraires:

3° M. Hamel en. appelle à M. Divepois en sa qualité d'avocat, et s'exprime ainsi: “ Quel est l'avocat qui voudrait affirmer qu'on peut : baser une accusation grave sur quelques phrases isolées, détachées d’une conversation intime? , 5 à J'accepte la thèse de M. Hamel, maïs déjà je lui ai tait remarquer que nous différions sur l'hypothèse. En effet, il nes'agit pas de quelques mots saisis à la volée, il ne s'agit pas de pendre un homme pour

-‘une phrase. Ce sont des discussions que nous avons eues, et, pour mon-

trer à M. Hamel que je ne base pas ma défense sur des moyens trouvés

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