‹ Landry vs Hamel [microforme]Chapitre 49 sur 121 · L. +5. C.-A. Marois, Pt Secrétaire · texte numérisé non relu

L. +5. C.-A. Marois, Pt Secrétaire

(b] Lettre de Monseigneur à M. Hamel.

Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque a adressé à Monsieur le Grand Vicaire Hamel la lettre suivante ; elle n'a pas besoin de commentaires :

ARCHEVÉCHÉ. DE QUÉBEC

4 juin 1883.

Très Révérend M. T.-E. Hamel, P" Vicaire Général, — Québec. |

Monsieur le Grand Vicaire,

Quoique dans mon mandement du premier courant j'aie déjà fait connaître implicitement ce que je pense de la manière injuste, déloyale et peu chrétienne dont vous avez été traité par des personnes de qui on était en droit d'attendre plus de justice, je crois devoir dire aujourd'hui explicitement que vous n'avez rien perdu de mon estime et de ma confiance. Je vous connais de trop vieille date, et vous ai vu de trop près à l'œuvre pour ne pas continuer de croire à votre orthodoxie et à la vérité de votre parole. Et tous ceux qui vous connaïssent seront de mon avis. ‘

On m'a si souvent prêté à moi-même des intentions auxquelles je

n'ai jamais songé, des paroles que je n'ai jamais proférées, des actes qui n'avaient pas même le mérite de la ‘vraisemblance, que pour ce qui me regarde, je ne m'étonne ni me soucie guère de tous ces cancans, Onva même jusqu'à m'en faire un reproche.

= Ce n'est pas que je reste indifférent aux brèches que font à la vérité, à la charité et à la justice, ceux qui inventent ou propagent des accusations mal fondées. C'est toujours un grand malheur, et souvent un véritable scandale qu'on ne saurait assez déplorer. La renommée aux cent bouclies les colporte et les amplifie, de sorte que bon nombre de personnes d'ailleurs bien intentionnées finissent par dire: Il faut bien que ce soit vrai, puisque tout le monde le dit. C'est aussi sur quoi l'en compte pour le succès de ces œuvres de ténèbres.

Oui! œuvres-de ténèbres, car: pendant des mois et même des années entières, on confie”à tout venant le secret perfide, et l'on se garde bien de le dévoiler à celui-là seul à qui l'on pourrait le dire sans péché et avec espoir de faire cesser le désordre que l'on croit exister. On se fait étrangement illusion en croyant de servir la religion de cette munière. . ue.

Quand par hasard l'autorité en entend parler, c'est sous forme de rumeur vague qui ne saurait, donner lieu à une action. On ne peut raisonnablément èxiger qu’elle soit toujours à guetter les cancans qui circulent et à les juger. =

Je vous permets de publier cette lettre, si vous le jugez à propos.

Veuillez agréer, è Mn Monsieur le Grand Vicaire, . ’ l'assurance de mon attachement et de mon estime. (Signé) + E.-A., Archevêque de Québec.

Nous soussigné, secrétaire de Sa Grandeur Monseigneur l'Archevèque de Québec et Chancelier de lOfficialité Métropolitaine de Québec,: certifions que la copie des autreS parts et ci-dessus d'une lettre adressée par Sa Grandeur Monseigneur l'Archevêque an Très Révérend M. T.-E. Hamel, Vicaire Général, en date du 4 juin de la présente année, est en tout conforme à l'original avec lequel nous l'avons collationnée.

En foi de quoi nous avons signé le présent certificat, et l'avons muni du sceau de l’archidiocèse, le vingt-troisième jour de juillet mil huit cent quatrevingt-trois.

LS) C.-A. Marois Pte Secrétaire et Chancelier.

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PIÈCE IN. 7" ? Une appréciation d'un journal.

A VEINES 14 juin 1883.

; Le Dr Landry et l'U: niversité Laval.

La lettre suivante, qui parle par clle- -même, a été adressée au

* Dr Landry, père de M. Philippe Landry, député de ce comté, et ancien professeur de. l'Université Laval, par le secrétaire de l'Université, le Révérend M. Roussel:

« Québec, 5 juin 1883.

“ M. le Dr J.-E. Landry, M. D., — Québec.

Ë “ Monsieur,

“ J'ai l'honneur d'être chargé de vous transmettre copie de la résolution suivante, passée au Conseil universitaire, en séance du 4 courant. Fa $ “ Résolu unanimement “ Que vu la conduite tenue par M. le Dr “ JE. Landry à l'égard de M. le Grand Vicaire Hamel, ancien recteur . “ de l'Université, le titre de professeur honoraire cesse d'être attribué au “ dit M. le Dr J. E. Landry.

“ Veuillez me croire,

“ Monsieur le Docteur, e “ Votre humble serviteur, # P, Roussez, P'"°, “ Sec. C.U.L.,

Le Conseil universitaire en est venu à cette extrémité à cause des accusations de franc-maçonnerie, etc., que. ce pauvre docteur s'était permis de lancer publiquement contre le Grand Vicaire Hamel, et:aussi pour avoir dit qu'il y avait au moins douze prêtres de francs-maçons \ARRONENANE à l'Evéché et au Séminaire.

On voit que ces accusations étaient aussi atroces que mensongères;

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aussi Mgr l'Archesèque, qui lui était dénoncé à Rome par M. Tardivel,

un autre d ec Landry, at-il cru nécessaire de lancer un

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mandement qui a été lu dimanche dernièr dans toutes. les églises, comme no$ lecteurs ont dû l'entendre lire, pour condamner, sous pêine de péché grave, tous ceux qui se permettraient à l'avenir de lancer ou

: répéter certaines accusations.

Sur réteption de la lettre du Révérend M. Roussel, M. Landry, notre député,. pour venger son pauvre père et craignant, sans doute, qu'au Géminaire de Québec on fit un franc-maçon de son fils, se hûâta d'aller le retirer ; regardant, en mème temps, le Séminaire et l'Université comme indignes d'être chargés de l'éducation d'un sujet aussi précieux.

Le fils à M. Philippe Landry est maintenant à Beñuport avec son père et C", son grand-père le Dr Landry qui lui enseigne la philosophie et les dogmes de la religion catholique, dogmes entièrement opposés à ceux enseignés au Séminaire et à l'Université, car ils défendent d'être francs-maçons, Ce que l'on ne fait pas dans ces deux dernières institu-

tions, suivant le Docteur. N'est-il pas épouvantable de voir où en sont

. rendus quelques pauvres individus à Québec ! Ces gens-là, tous conservateurs font partie d'un Cercle prétetidu Catholique (le Dr Landry est

membre honoraire et M. Philippe Landry Grand Maitre), et c'est sous le manteau de la religion qu'ils sapent par sa base la religion même, en attaquant aussi brutalement VArchevéque et ses grands vicaires. — Oh ! si un libéral, si un rouge en pensait seulement autant, l'enfer serait déjà ouvert pour l'y recevoir ; mais ce sont des conservateurs, des. membres du fameux Cercle Catholique qui chantent cela sur tons les toits avec le Dr Landry et son fils Philippe ea tête, cela ne fait rien; on dira même en certains quartiers que ces accusations sont fondées, etc. Sépulcres blanchis, allez! Monseigneur vous à bâillonnés aujourd’hui avec son mandement, tous les honnêtes gens vous bâillonneront maintenant avec leur dédain et leur mépris. (1)

(La Sentinelle).

(4) Nous avons souligné nous. même les passages les plus saillants. Il est bon d'ajouter que nous avons donné instruction à notre avocat de prendre, devant les tribunaux de l’autorité civile, les procédures nécessaires pour la punition de l’auteur d'un article aussi méchamment libelleux.

dr Lettre de M. Landry, au Promoteur de l'Officialité,

Villa Mastaï, 12 juin 1883.

Revd. M. N. Bégin Promoteur de l'Officialité de l'archidiocèse de Québec,

Québec.

Révérend Monsieur,

Je suis venu à la décision de porter plainte contre un des membres du clergé devant le tribunal de l'Officialité de l'archidiocèse de Québec.

Vous m'avez dit, dans une conversation que j'ai eue avec vous samedi dernier, que j'avais le droit de requérir les services d'un avocat.

Je choisis MM. J. G. Bossé et Cyrias Pelletier, tous deux conseillers de la Reine, et je vous demande de les accepter comme mes procurcurs. À

Je profite de la circonstance pour vous prier de vouloir bièn me mettre en possession de tous les documents qui donnent à l'Officialité sa constitution et qui règlent la procédure.

Il y a — je cite un peu de mémoire — un décret de Mgr: l'Archevêque établissant l'Offcialité, une circulaire au clergé nommant le personnel de ce tribunal, et, si je ne me trompe, un décret de la S. C. des Evêques et Réguliers, publié en 1880, réglant toute la procédure à suivre.

Puis-je avoir une copie de tous ces documents et de tous autres documents que vous croiriez nécessaires ?

Veuillez, s'il vous plait, accompagner le tout du mémoire des frais encourus, que je solderai de suite.

Je demeure, Monsieur le Promoteur, . Votre très humble, (Signé) A.:C.-P.-R. Laney.

M on PIÈCE NN © ë | 1" Réponse du Promoteur de l'Offcialité à M. Landry.

. Séminaire de Québec, 13 juin 1883.

Philippe Landry, Ecr. M, P.

Monsieur,

En réponse à votre lettre d'hier, : j'ai l'honneur de vous informer que tous les documents concernant l'Officialité sont à votre disposition aux bibliothèques de l'Université et de l'archevêché, où vous aurez la

2. liberté d'en faire prendre copie, aussitôt que vous le désirerez. 4 À part les trois documents dont vous faites mention dans votre 4 lettre, je vous signalérai aussi le 9° Décret du 6° Concile provincial de # Québec. Je ne connais rien autre chose sur ce sujet, sauf le droit ca-

4 nonique qui sert de base générale en cette matikre. Comme je vous l'ai dit samedi. dernier, le premier pas à faire, c'est de formuler votre plainte.

: Il n'y a. aucune raison de ne pas admettre MM. J.-G. Bossé et > at : É: Cyrias Pelletier comme vos procureurs devant le tribunal de l'Officialité.

Vous trouverez le Décret de la $. C. des Evèques et Réguliers concernant l'Officialité dans les Acta Sanctae Sedis, XIII, 324. J'ai l'honneur d'être, , "4 Monsieur, ; Votre très humble serviteur, (Signé) L.-N. Béon, Pt.

Promoteur de l'Off. métropolitaine. -

à mare ere pr LHÉAERERE PAR MR SE DA V7

2 Lettre de M. Landry au Promoteur de l'Officialité,

Villt Mastai — Québec, 17 juin 1883.

Revd, M. N, Bégin, P", Promoteur de l'Officialité métropolitaine de Québec,

Québec.

Monsieur le Promoteur,

Je vous remercie des renseignements que contient votre lettre du 13 du courant, reçue samedi, à mon retour de Montréal,

Je serai prêt à formuler ma plainte dans quelques jours. Je veux auparavant voir dissiper quelques doutes qu'a fait tout naturellement surgir l'étude bien superficielle que j'ai pu faire de la question qui nous intéresse.

Si vous me le permettez, j'aurai recours à vos lumières et à votre bonne volonté pour obtenir une réponse aux deux questions suivantes : 1° Dois-je tout d'abord obtenir de l'Ordinaire une autorisation

“pour citer un des membres de son clergé au tribunal de l'Officialité

métropolitaine ?

2° Celui contre lequel je veux porter une accusation devant ce

tribunal étant un grand vicaire de l'archidiocèse, est-il un justiciable de l'Officialité, pour ceux de ses ‘actes du moins qui n'ont pas été accomplis en sa qualité de Vicaire Général, et, dans le cas où un grand vicaire ne relèverait aucunement de la juridiction de l'Officialité, de quel tribunal est-il: alors le justiciable?

C'est vous dire que je veux m'adresser de suite à l'autorité compétente, sans détours inutiles, sans délais possibles.

Veuillez me croire,

Monsieur le Promoteur, Votre très humble serviteur,

(Signé) A.-C.-P;-R. Laxpry.

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PIÈCE MN. 11 , de Lettre de M: Landry à l'Archevèque de Québec.

Villa Mastaï —- Québec, 18 juin 1883. A Sa Grandeur Mgr E.-A. Taschereau, Archerèque de Québec.

Monseigneur,

Je ne sais trop si je suis tenu de demander à Votre Grandeur une autorisation préalable pour citer devant le tüibunal de l'Officialité métropolitaine un des prêtres de son archidiocèse: Dans le doute, le plus sûr pour moi, est d'adopter ce procédé. Je demande donc à Votre Grandeur la permission de citer le Très Révérend M. T'homas-Etienne Hamel, prêtre, vicaire général, devant le tribunal de l'Officialité métropolitaine de Québec, pour y répondre à l'accusation que je veux

‘porter contre lui. -

Comme ce Révérend Monsieur est l'un des vicaires généraux de cet archidiocèse, Votre Grandeur me permettra-t-elle de lui demander si, en vertu de ce titre, M: le Grand Vicuire cesse d'être justiciable du tribunal en question et, dans ce cus, de quel tribunal est-il le justiciable, afin que, évitant toutes démarches inutiles, je m'adresse de suite à l'autorité compétente. Je puis ajouter, pour plus ample information, que dans l'acte d'accusation je ne me plaindrai pas ‘ de la conduite de M. Hamel comme Grand Vicaire: je n'ai pas l'intention d'attaquer aucun acte fait par M. Hamel en cette qualité.

Je prie Votre Grandeur de vouloir bien croire à l'assurance du profond respect et du filial dévouement avec lesquels je me souscris Île

plus humble de ses serviteurs.

(Signé) A.-C.-P.-R. LaxDry.

Nous soussigné, secrétaire de Sa Grandeur Monseigneur l'Archevèque de Québec et chancelier de l'Officialité métropolitaine de Québec, certitions que la copie ci-dessus et de l’autre part d’une lettre adressée par A.-C.-P.-R. Landry,

Ecr., M. P.,à Sa Grandeur Mgr l'Archevèque de Québec, en date du 18 juin de .

la présente année, est en tout conforme à l'original.

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En foi de quoi, nous avons signé de notre main le présent certificat ot l'avons muni du sceau do l’a rchidiocèso le vingt-trois du mois de juillet mil huit cent re di ds trois.

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