‹ Landry vs Hamel [microforme]Chapitre 97 sur 121 · L'INTERVENTION DE L'UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

L'INTERVENTION DE L'UNIVERSITÉ

176. “ Le conseil universitaire, dit M. Hamel dans son factum (No 295), a cru devoir cesser d'attribuer à M. le Dr Landry le titre de Professeur honos raire qu'il lui avait donné lui-même, I n'appartient pas à M. Hamel de juger ui d'apprécier les raîsons qui ont déterminé l'action en question du conseil universitaire. Tout ce qu'il y a à fairè observex ici, c'est que le conseil univere sitaire n'est à cet card justiciable de personne, et que ce qu'il avait le droit: absolu de faire, il a pu le faire sans dyustie ”

Nous avons toujours cru—Dieu nous pardonne notre errenr— que le but

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ms 00 em — + d'un droit étant de donner la faculté d'agir selon l'ordre établi par la Sagesse divine, il était nécessaire que la choxe faite, acquise ou exigée, fût honnète et conforme aux fins du Créateur. 41 répugne, en effot, qu'on puisse avoir la fuulté légitime de rechercher le mal moralset. d'agir contrairement à l'ordre établi par Dieu (Le P. Jatfre, Cours de l’hilosophie, page 602). .

Nous ne suvions pas que, M, Hamel reclamat pour l'Université, en vertu de sa charte, le droit absolu de perpétrer des injustices, d entacher la réputation de citoyens honnêtes, de décréter wrbi et orbi l'expulsion ignomineuse d'un de ses professeurs, dont la seule faute est-de combattre la franc-maçonnerie,

Non, en vérité, nous ne pensions pas qu'une nniversité soi-disant catho: lique eût des privilèges »i étendus. w'

Neminem lede, dit le précepte divin. Evidemment, duns l'opinion de M. Hamel du moins, cela ne s'adresse pas à l'Université Laval,

Voilà, en définitive, la doctrine monstruvuse soutenue par M. le recteur pour soustraire à l'examen de l'autorité compétente un uete «senti Hement

-inique, une conduite souverainement injustifiable. ;

177. Le conseil universitaire ne s'est pas contenté eh effet d'user du pré: tendu droit absolu, que lui donne M. Hamel, au nom de sa charte, de démettre sès professeurs, il a de plus motivé sa décision, 1 a apprécié la conduite du Dr Landry vis à-vis M, Hamel, et l'expulsion du Dr Landry a été, non seulement la conséquence d'un acte d'autarité absolue mais encore plus, une punition officielle infligée par ke conseil @hiversitaire AL

Voici, en effet, la résolution passée par le conseil universitaire :

fe Que vu la conduite tenue par M le Dr J. E. Landry à l'égard de M. le grand-vivaire Hamel, ancien recteur de l'Université, le titre de professeur honoraire cesse d'être attribué au dit M. le DrJ E. Landry " (Mém. page 98).

178. M° Haïnel cite la charte universitaire à l'appui de sa prétention, mais la citation qu'il donne est une condamnation sans réplique de la thèse qu'il soutient.

. Car après tont, le pouvoir donné au conseil univ ersitaire de ré voquer et d'annuler ses nominations de professeurs dans les‘trois facultés de Droit, de Médecine et des Arts, est un droit qu'il peut exercer * chaque fois qu'il en trou: vera une cause jusle et suffisante. ”

Le conseil universitaire n'a donc pas le droit absolu que lui attribue M. Hamel, et, du moment qu ‘il lui faut une cause juste et suffisante pour l'exercer il lui est dgnce possible de commettre une ijaytiis s'il l’exerce en dehors de ces conditions.

Dans l'espèce qui nous occupe, la cause invoquée est manifestement insuffisante et injuste. -

L ‘Université-Laval est donc tenue de PNIEL injustice qu'elle a commise.

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no — 205 —

$ 179, * Mais, dit M. Hamel, le conseil universitaire n'est justicinble de personne, ”

Voilà encore une doctrine étrange dans la bouche d'un prêtre catholique,

n #2 n , N n recteur d'une université qui se dit catholique.

Le conseil universitaire est composé de treize membres. Nur ce nombre sePt-re'est-à dire la majorité absolue—appartiennent au saverdoce et sont prêtres du Séminaire. Enstout temps, l'élément ecclésiastique a le contrôle absolu sur toutes les délibérations du conseil universitaire, et c'est cette majorité ecclésinstique qui vient affirmer, par la pme de M. Le recteur que le conseil universitaire n'est le justiciable E-personne.7

Nous sommes loin mijôurd'hui des pieuses et filiales déclarations qui, en atobre dernier, retehtissaient dans la grande salle des promotions, à l'Université-Laval :. :

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