‹ L’Anesthésie Dentaire Par la Réfrigération ProgressiveChapitre 7 sur 39 · RAISONS DE L'UTILITÉ DE L'ANESTHÉSIE · texte numérisé non relu

RAISONS DE L'UTILITÉ DE L'ANESTHÉSIE

Le Médecin a le devoir de supprimer la douleur chaque fois que cela est en son pouvoir et que les moyens anesthésiques dont il dispose ne sont pas ne de nuire à l’organe ou à l'individu à opérer.

Dans le terme « Médecins » nous englobons tous ceux qui sont appelés à intervenir sur l'organisme humain, y. compris les Chirurgiens-Dentistes. >

Nous verrons un peu plus loin que, si si le tent a le dron absolu de voir ses souffrances abolies ou diminuées dans la mesure du possible, il est aussi de FRETee personnel du me. de suppri-

mer la douleur.

| s & «Alors l'Eternel Dieu fit tomber un

profond sommeil sur l’homme qui s’endormit ; il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. » |

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. De ce verset nous pourrions conclure qu’en anesthésiant nous obéissons à un ordre divin. Soyons simplement humains et laissonsnous guider par les plus élémentaires sentiments de pitié à l'égard de ceux qui souffrent.

«La pitiéest un des plus nobles sentiments qui animent l'homme».

De toutes les douleurs physiques, une des plus communément redoutées est la douleur. dentaire, et par douleur dentaire nous entendons celle qui vient de la dent et celle qui est occasionnée par le Dentiste. |

Cette crainte a pour effet d’éloigner le patient du Dentiste. Nombreux sont les individus qui préfèrent perdre la plus grande

partie ou même la totalité de leurs dents plutôt que de se les faire soigner. | |

Les conséquences, on les imagine facilement ; nous les avons vues au début de la grande guerre : deux cent mille hommes indisni pour insuffisance de coefficient masticatoire au moment

, devant l'Allemagne ménaçante et disposant immédiatement a bn dont nous ne soupçonnions pas l'importance, la France avait besoin de tous ses défenseurs.

Tous ces hommes furent soignés, appareillés. Beaucoup d’autres encore reçurent tout le long de la campagne les soins des Dentistes militaires et apprirent ainsi, par expérience, les avantages d'une bonne dentition. sr RRRTEUR,

A l'heure actuelle, nous estimons en Pathologie générale que la moindre excoriation, la moindre blessure peut être la porte d’entrée d’ agents infectieux dans l’ organisme.

Songez à la quantité de portes d’entrées que peut présenter une bouche dans laquelle un grand nombre de dents, cariées plus ou moins profondément, sont le siège d'infections. Nous sommes d’ailleurs tous d'accord pour reconnaître que les règles les plus essentielles d'hygiène exigent des bouches propres et en bon état.

Qu'est-ce qui éloigne donc les patients des cabinets et des consultations dentaires ? La crainte de la Douleur. |

Or, dans l’état actuel de la Science, cette douleur ne doit plus exister. Les anesthésiques locaux rendent indolores toutes les interventions sanglantes ; le Gazotherme permet toutes les interventions de Dentisterie Opératoire. On peut et on doit fraiser n'importe quelle dent sans faire souffrir le patient.

Ce moyen anesthésique existant sans une seule contre-indication, nous avons le devoir de l'utiliser, le patient a le droit de l’exiger. |

Envisageons maintenant la question sous un autre angle : il est de l'intérêt personnel du Dentiste de s’aider de l’anesthésie chaque fois qu’il le pourra. |

Personne, à moins d’être un monstre au moral, ne peut en : insensible au spectacle de la douleur d'autrui.

Or, tout le long de sa vie professionnelle, le Dentiste est le premier spectateur de la souffrance des patients qu'il soigne. Non séulément il en est le témoin, mais aussi celui de leur nervosité et de leurs craintes souvent exprimées.

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A la longue, ces souffrances, ce nervosisme, ces craintes doivent retentir sur son état général.

Elles créent chez lui des émotions plus ou moins Rte et on sait l’influence des émotions sur le physique : « Toute émotion même peu intense nous apparaît comme envahissant l'individu tout entier et exprimant sous sa forme complète ce que « Bain » a nommé la loi de Diffusion: extérieurement : Mouvements de la face, du tronc et des membres : intérieurement : Modifications organiques nombreuses, que cause et domine la fonction organique par excellence : la circulation » (Ribot, Psychologie des Sentimenis)..

« L'activité émotionnelle d’une espèce donnée produit une augmentation de température dans toutes les régions : elle est, en général, toujours plus rapide et. plus forte que celle qui vient de l’activité intellectuelle. » (Lombard).

« Mosso qui, dans des expériences très connues, a pu étudier les. plus légères modifications de la circulation sanguine, conclut que les émotions exercent une action beaucoup plus manifeste sur

la circulation cérébrale que le travail intellectuel, quelque grande qu'en soit l'énergie. » (Ribot, Psychologie des Sentiments, page 93).

La vue de la souffrance chez autrui peut-elle provoquer, au même titre que d’autres perceptions, des influences physiques, des effets corporels antérieurs même à l'émotion ?

Assurément. « La lecture d’une poésie, un récit héroïque, la musique peuvent provoquer instantanément un frisson de tout le corps, des battements cardiaques, des larmes. Ne sait-on pas que la seule vue du sang fait tomber certaines DÉROREE en syncope ? » (Ribot).

Ces émotions agissent profondément sur nous-mêmes à notre insu : « Le cœur centre de la vie organique et le cerveau centre de la vie animale, ces deux organes culminants de la machine vivante, sont dans des rapports incessants d’action et de réaction qui se traduisent par deux états principaux : la syncope et l'émotion, la première due à la suspension momentanée des fonctions cérébrales par cessation de l’arrivée du sang artériel, la seconde due à la transmission au cœur d’une modification circulatoire. Il y a toujours une impression initiale qui arrête légèrement cet organe, d’où pâleur fugace, puis une réaction que le cœur, à raison de sa sensibilité extrême, sent le premier, car, de même que le cerveau est le plus délicat des organes de la vie animale, le cœur est le plus

sensible des organes de la vie végétative. » (Ribot, d’après Claude

Bernard). :

Or, ces émotions nous ne les ressentons pas que passagèrement. C'est continuellement qu elles naissent en nous, d’où l’habitude. Qu'est-ce que l’habitude ? C’est la conséquence d’une action fréquente exercée sur un être. Cette action elle-même peut résulter de deux causes : une cause externe, ou l’être lui-même qui subit

l’action. Il va de soi que la modification qui résulte de l’action et

qui constitue l'habitude doit être proportionnelle à . J’action eliemême.

D'où deux conséquences :

19 Toutes choses égales d’ailleurs, une action Poe a plus d'influence qu’une action unique. :

29 Toutes choses égales d’ailleurs, une action prolongée a plus

d'influence qu’une action passagère. La répétition ou la continuité

.de l’action sont donc des conditions de la force de l'habitude. » à (Rabier). | F

Diminuons donc le nombre de nos émotions en supprimant la douleur, nous aurons atteint un double but : nous nous serons ménagés et nous aurons été humains.

. Je n’ai pas besoin d’ajouter que le travail est infiniment mieux exécuté sur un patient indolore que sur un patient se défendant par des mouvements réflexes.

Par l'emploi de l’anesthésie nous élevons donc le niveau. de notre profession.

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