CHAPITRE’ TL
- HISTORIQUE DU GAZOTHERME
En Avril 1920, une nouvelle commençait à circuler dans les Ecoles Dentaires de Paris.
- Un Chirurgien-Dentiste français, M. Fabret, de Nice, devait do au prochain Congrès de l'Association Française pour l'Avancemeñt des Sciences, un nouvel appareil d’anesthésie inventé par lui-même et qui devait, sans le secours d'aucun médica-
ment, anesthésier la dent et permettre de faire sans douleur tous
les travaux de dentisterie opératoire.
Quelque temps après, je me rendis au Congrès de V'Aisoctation.
Française pour l’Avancement des Sciences à Strasbourg ; M. Fabret démontra aux membres de la profession qui se trouvaient là un appareil utilisant le froid progressif. Cet appareil appelé par l'inventeur « le Gazotherme » était volumineux, peu maniable, nécessitait l’aide d’un assistant et faisait en fonctionnant un bruit de nature à impressionner les patients nerveux.
Néanmoins, M. Fabret, à la démonstration pratique de son appareil, fit une chose qui devait à mon avis modifier complètement la technique de la lutte contre la douleur dentaire, Ayant prié un de nos Confrères de vouloir bien s'asseoir dans le fauteuil,
.1l put, après avoir utilisé son appareil, ouvrir une canine vivante : et pénétrer sans dôuleur dans la chambre pulpaire.
A ce moment, je ne fus arrêté par aucune des conditions étrangères au résultat même ; je n’attachai aucune importance à l’aspect extérieur de l’appareil, au bruit fait par celui-ci; je ne vis qu'une seule chose, la possibilité d'entrer en contact avec une pulpe vivante sans voir le patient frémir de douleur.
J'attendis avec impatience le jour suivant pour interroger le
. Confrère opéré et lui demander ses impressions post-opératoires ; il m'indiqua qu'il n'avait éprouvé aucun symptôme désagréable,
qu'il n'avait pas souffert quand la fraise était entrée dans sa pulpe
- et que depuis la.veille il n’avait été gêné par aucune douleur d’ar-
thrite. ra
L'expérience était pour moi concluante ; j'entrai immédiatement en relations avec mon Confrère Fabret et lui demandai de vouloir bien me mettre au point un de ses appareils et de me l'envoyer aussi rapidement que possible.
Je dois à la vérité de reconnaître que les premiers résultats obtenus furent pour moi une sorte de désenchantement ; ce premier appareil offrait trop d’imperfections mécaniques et les ennuis qu'il me causait étaient loin de contrebalancer les avantages qu'il me procurait ; néanmoins, je ne pouvais détacher de mon esprit le fait suivant : Toute question d'appareil mise à part. il était possible d’anesthésier une dent ; il fallait donc modifier l'appareil, rendre son emploi aisé et supprimer les inconvénients relatifs au patient même.
D'ailleurs, les premiers Gazothermes avaient été construits avec des moyens de fortune ; on pouvait surtout les considérer comme des appareils d'expérience, destinés à cher. la valeur du principe.
Une fois celle-ci de bleion. établie, M. Fabret confia la mise au point et la fabrication de cet appareil à un constructeur parisien possédant une organisation technique capable de solutionner toutes les difficultés inhérentes à la réalisation pratique d’une invention.
Je pris contact, dès le début, avec ce : constructeur, et je lui indiquai quels ‘étaient mes ennuis, mes desiderata, et comment j'aurais voulu voir modifier le Gazotherme pour en rendre l'emploi réellement pratique. |
Le problème était complexe, les difficultés de toutes sortes, mais la patience du constructeur fut inlassable.
Restant en liaison étroite avec l'inventeur, il exécuta successivement de nombreux modèles, tous marquant un progrès.
Un an après, au même Congrès de l’Association Française pour l’Avancement des Sciences, siégeant cette fois à Rouen, M. Fabret pouvait présenter un nouvel appareil qui semblait beaucoup mieux au point.
Dans le compte rendu. de l'Association Fe pour l’Avancement des Sciences, on relève à la page 1199 la phrase suivante :
LE FA Docteur Roy constate avec plaisir que les observations « qu il avait formulées au Congrès de Strasbourg ont été rete- « nues par l'inventeur qui a transformé d’ une manière très pra- « tique son Gazotherme, lequel paraît devoir donner toute satis- .€ faction .Un peu plus bas, M. Henri Villain enregistre avec plaisir « une déclaration de l’Inventeur et ajoute : l’appareil Fabret cons- « titue un nouveau progrès dans le domaine de l’anesthésie. » Cependant, un usage journalier de l’appareil de cette époque montre encore de grosses imperfections : maniement difficile, nécessité pour le dentiste, étant donné le volume de l'appareil, de se trouver dans certaines conditions, difficulté pour l'approvision- - nement du dentiste en oxygène ; bref, de nombreux problèmes
sollicitent encore notre attention. - >
Peu à peu, les perfectionnements S ‘ajoutent aux perfection-
nements ;- l’ensemble de l'appareil est allégé, ramené à de plus petites proportions et on arrive enfin à la présentation des deux modèles actuels.
. En Avril 1922, le Ministère de l’Instruction Publique confia une mission à l’auteur de ce travail qui se rendit dans les principales villes d'Université anglaises, "écossaises ‘et irlandaises pour faire des présentations et des démonstrations à tous les praticiens dentaires Britanniques.
Le succès fut très grand: dans des démonstrations strictement réservées aux Praticiens et auxquelles assistaient plus de 4.000 Dentistes, 200 Confrères furent opérés sans la moindre douleur.
Depuis, d’autres conférences-démonstrations ont été faites en France, en Belgique, en Hollande, en Suisse, qui toutes ont été suivies avec le plus grand intérêt.
Nous croyons avoir en mains l'instrument idéal qui nous per-
met d'atteindre ce but : soigner une dent sans faire souffrir et sans faire courir au patient le moindre risque du fait d’un médicament quelconque. |
Von CHAPITRE III