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En France, notons quelques observations très concluantes :
Bilger : 5 cystoscopies difficiles, 5 succès.
Et surtout les observations que nous avons pu recueillir dans le service d’Urologie de l'Hôpital Cochin (obs. IH, IT, EV).
De la lecture de ces observations, il résulte nettement que :
1° La mise en place du cystoscope est toujours très facilitée, et rendue indolore, par l’anesthésie épidurale ;
2° Il est possible d'injecter des quantités assez considérables de liquide dans des vessies même intolérantes ;
3° Ce fait facilite considérablement l’endoscopie de la vessie et a permis dans plusieurs observations d’apercevoir les orifices urétéraux jusqu'alors invisibles ; | i
40 L’anesthésie épidurale se révèle là nettement supérieure aux autres méthodes (cocaïnisation du canal, lavement calmant) et ne comporte pas les dangers de l’anesthésie générale. En tout cas, les malades qui ont pu comparer par expérience les différents modes d’anesthésie « réclament toujours l’'épidurale ».
Retenons donc l'importance de l’anesthésie qui nous occupe dans la cystoscopie. Mais il faut bien se garder de dire que l’on doit l'employer systématiquement pour toute exploration endoscopique de la vessie ; son usage sera réservé :
Sn
a) Aux malades très pusillanimes :
b) À tous les cas de vessie douloureuse et en particulier lorsqu'on a des raisons de soupçonner la
cystite tuberculeuse.
E. — Sur LA PROSTATE.
Nous arrivons là à un des points les plus discutés concernant les indications de l'anesthésie épidurale.
Prenons deux exemples très nets des: opinions en présence. |
D'une part, en Allemagne, Laeven, dont le nom est pourtant inscrit dans l’histoire de l’anesthésie épidurale, déclare en 1929, que celle-ci est insuffisante dans la prostatectomie :
« L'énucléation de la prostate reste habituellement douloureuse et; à ce moment de l'intervention on est contraint bien souvent de recourir à l’anesthésie générale. »
Il préconise donc un procédé qui associe à l’épidurale et à l’anesthésie locale de la paroi, l’anesthésie du plexus hypogastrique par voie antérieure, à travers le péritoine.
D'autre part, presque tous les chirurgiens américains utilisent l’anesthésie épidurale dans la prostatectomie.
Prenons, comme bien typique, la statistique de G. Packer Berry (Baltimore).
Il donne 165 cas d'interventions sur la prostate
RAD (1998) avec 84 % de résultats excellents, Dans 16% des cas une anesthésie générale supplémentaire a été nécessaire. “
Citons, parmi les interventions dans lesquelles l'épidurale seule s’est révélée « splendid », 3 ablations périnéales radicales pour carcinomes, 3 ablations totales du tractus séminal pour tuberculose.
Comment se faire une opinion devant deux avis aussi qualifiés et aussi différents ? Et quelle peut être la raison de ces divergences ?
La raison n’est pas dans une technique personnelle aux Américains : ils emploient en effetla technique de Cathelin. Elle est dans une différence de doses injectées, et peut-être dans la nature même de l’anesthésique.
En effet Packer Berry emploie le chlorhydrate de procaïne, et injecte 20 cmc. d’une solution à 3 %, dose qui lui a donné dans 30 % des cas que nous venons de mentionner des signes d'intoxication procaïnique: vomissements, état syncopal, lipothymies.
En outre, la plupart des chirurgiens américains n’emploient que rarement l’anesthésie épidurale isolée. |
C’est ainsi que Davis fournit 107 cas de prostatectomie périnéale, sous anesthésie épidurale, mais avec injection des G trous sacrés.
Dans les 100 cas de Shaw, une anesthésie locale du périnée a été souvent nécessaire au moment de l’énucléation prostatique.
Lowsley (New-York) déclare que dans les cas qu’il a pu observer, l’épidurale seule est insuffisante dans 58 % des observations.
En France, Pauchet signale que l’anesthésie de la vessie et de la prostate est parfaite 2 fois sur 3. Aussi il complète fréquemment l’épidurale par l'injection des deux derniers trous sacrés postérieurs,
Nous pourrions ainsi multiplier les observations françaises et étrangères.
Pour notre compte personnel nous considérons que l’anesthésie épidurale présente sur tous les autres modes d’anesthésie, en matière de prostatectomie, l'avantage d’écarter les complications cardiaques, pulmonaires et surtout rénales. Nous pouvons affirmer que nous n'avons jamais été obligés de compléter l’épidurale par l’anesthésie générale ou par l'injection des trous sacrés. Mais notre épidurale a toujours été précédée d’une injection de morphine et accompagnée d’une anesthésie locale de la paroi.
Nous pensons que sa principale caractéristique : la simplicité, disparaît s’il faut lui ajouter linjection des trous sacrés, l’anesthésie locale de la région périnéale profonde ; et que d'autre part elle devient dangereuse si, pour être efficace, elle nécessite l'introduction dans l'organisme de hautes doses
d'anesthésique (obs. XVII à XXV).