HISTORIQUE. GÉNÉRALITÉS
La faveur de l’anesthésie épidurale en pratique urologique a connu de nombreuses vicissitudes.
Sans remonter jusqu'aux travaux de Croning en 1885, de Quincke, de Marcus, qui restent cantonnés dans le domaine expérimental ; c’est un urologiste, Cathelin, qui est parmi les premiers à décrire la méthode en France (27 avril 1901) une semaine après Sicard.
. Nombreux sont aussitôt les médecins et re giens qui en font l'essai : Chipault, Lejars, Brocard Masmonteil publient des résultats.
Mais, rapidement, ce premier engouement tombe et l’anesthésie épidurale paraît abandonnée au moins en France. Sans doute, son utilisation à l'étranger devient rapidement courante. En Allemagne surtout, Braun, Bier, Kummel, l’appliquent régulièrement à partir de 1909 (Stockel) et surtout de 1915 (Lœæven), la méthode se répand aux Etats- Unis, en Suisse, mais il faudra attendre l’après-
guerre pour la voir revenir en France.
MM. Cathelin (mai 1922), Grandjean, Mocquot, l'emploient avec d'excellents résultats. V. Pauchet l'utilise couramment dans ses prostatectomies. Cependant, l’anesthésie épidurale n’occupe pas encore la place à laquelle il semble qu’elle ait droit ; elle rencontre même des détracteurs (MM. Chevassu et Rathery, Congrès de Strasbourg, 1921). Les critiques qu’on lui adresse à l’époque sont basées sur deux raisons principales :
— D'une part, certains de ses partisans, trop enthousiastes, ont voulu lui donner des applications beaucoup trop étendues, ainsi apparaît l’anesthésie épidurale haute (Hannecart, 1920, Van Erps) et, d'emblée, cette méthode se révèle dangereuse par la quantité de toxique qu’elle introduit dans l’organisme ;
= D'autre part, il faut bien le dire, la technique de l’anesthésie épidurale restait délicate et longue, puisqu'elle nécessitait la préparation extemporanée de la solution à injecter; capsule de porcelaine, eau distillée, paquets, ébullition ; toute cette « cuisine préalable » risquait de rebuter bien des opérateurs, et surtout fournissait une solution plus ou moins rigoureusement préparée, donc à action’ pi ou moins efficace.
Mais, à l'heure sue ue, ces deux raisons ne sont plus valables :
— En effet, l’anesthésie épidurale haute est résolument abandonnée, même par des partisans (Han-