LOGE
avec des vaisseaux et des nerfs, ces éléments se rendent par là au tissu pulpaire. Certains se distribuent au ligament lui-même, ils proviennent de l'artère pulpaire, des branches alvéolaires et parfois des branches gingivales.
Au niveau du bord alvéolaire, vers le collet, le ligament forme une zone particulière allant de la dent au périoste, c’est le ligament dentaire circulaire de Kælliker.
Enfin, nous voyons la gencive, suivant exactement la ligne sinueuse des collets, venir adhérer intimement au ligament externe, circulaire de l'articulation.
Sappey, autrefois pensait qu'elle se continuait dans l’alvéole, sous forme de périoste alvéolo-dentaire.
Nous savons qu'il n’en est rien, et la gencive n’a done aucun rôle, ou un rôle très effacé dans la contention de la dent, elle ne prend pas d'insertion sur le cément, et elle est à plus forte raison indépendante de l’ivoire ; cependant elle la recouvre sur une certaine partie, formant un bourrelet séparé par un sillon circulaire où sont souvent retenus des débris alimentaires ou des dépôts de tartre dentaire.
Pour certains auteurs le ligament serait le périoste alvéolo-dentaire «qui devient ainsi le ligament alvéolo-dentaire » (Malassez, Callaud, Beltrami). Ce ligament serait un prolongement de la gencive descendant jusqu’au fond de la cavité alvéolaire, constitué par des faisceaux fibreux qui font corps à la fois avec la paroi alvéolaire et avec la racine de la dent.
Nous avons vu plus haut que nous ne partageons pas cette manière de concevoir la constitution du ligament.
Mais ce qui n’a pas échappé aux auteurs précités, c’est le rôle important qu'il joue dans la contention de la dent, et ils insistent, comme nous insistons, sur la nécessité, dans l'extraction des dents, de commencer tout d’abord par détruire 6es connexions «en imprimant au davier des mouvements de rotation et de torsion ; la dent ainsi mobilisée
peut être alors luxée sans fracturer l’alvéole ».
Et la pensée est très juste, mais ce n’est pas avec le davier que l’on doit rechercher ce but, c'est avec le Syndesmotome, comme l'indique notre ami le docteur Blanchon, dans sa thèse inspirée aussi par notre excellent maître Chompret, nous devons toujours recourir à la section du ligament à l’aide des Syndesmotomes, et considérer « la Syndesmotomie comme premier temps de toute extraction dentaire » (thèse de Paris, 1924).
Nous voyons donc l'importance capitale du ligament alvéolo-dentaire, et nous sommes amenés à nous dire que c’est lui surtout, et même lui seul, que l’on devra chercher à insensibiliser, puisque tout l'effort, en somme, va consister à le rompre.