‹ L’Anesthésie PériduraleChapitre 32 sur 42 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

La chute de tension au cours des anesthésies des splanchniques serait donc due essentiellement à une vaso-dilatation périphérique généralisée par troubles du métabolisme de l’adrénaline.

Rôle de l'équilibre vago-sympathique dans l'importance de la chute de tension

Dès ses premières tentatives, notre maître, M. Hou- DARD, avait pris soin de prendre systématiquement le réflexe oculo-cardiaque. Il avait remarqué que les chutes de tension étaient d'autant plus intenses que le sujet était plus vagotonique. Robert JuDET a fait une série d'expériences qui ont confirmé ce fait important.

— Chez un premier chien de 17 kg. la pression artérielle initiale mesurée à la carotide externe était de 18 cm. de mercure. Quelques minutes après l’injection de 10 cm3 de novocaïne à 1/100, elle tombait à 6 cm. et la chute entraînait des phénomènes dyspnéiques intenses ; 25 minutes après, la tension remontait très progressivement à 12. Une heure après, elle était revenue à 16 cm. La laparotomie a montré une vasodilatation abdominale considérable.

— Chez un deuxième chien de 7 kg., la tension était de 19 cm. de mercure. Après 40 minutes, elle était tombée à 7 cm. La laparotomie a montré une grave vaso-dilatation atténuée par une piqûre d’atropine. Au contraire, l'injection d’atropine préalable semble avoir diminué dans des proportions notables la chute de la tension.

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— Chez un premier chien de 11 kg., à qui on avait pratiqué une injection de 1 mm. 5 d’atropine souscutanée, quelques minutes avant l’injection, la tension primitivement de 16 cm. est tombée à 9, où elle s’est maintenue 10 minutes environ, pour remonter progressivement jusqu’à 15 cm. La baisse de tension a été moins sensible, mais cependant notable, car l'injection d’atropine a été faite tardivement.

Chez deux autres chiens, l’un de 10 kg., l’autre de 11 kg., à qui on a pratiqué une injection intraveineuse de 2 mm. 4 d’atropine respectivement (30 et 45 minutes) avant une injection de 5 cg. et 10 cg. de cocaïne, la tension est restée stable dans un cas. Elle a baissé de 1 cm. 5 dans l’autre. La laparotomie dans ces deux cas a montré une très légère vaso-dilatation abdominale.

Conséquences prafiques de constatations phystologiques

En pratique, si l’anesthésie doit porter seulement sur la région lombo-sacrée, la chute de tension est toujours minime. Il n’y a pas à rechercher de chute de tension importante.

Au contraire, les anesthésies qui intéressent la région dorsale doivent être très surveillées, car elles peuvent entraîner des accidents graves. On se contente habituellement de mesurer la tension artérielle avant l'intervention. En réalité, le chiffre initial n'a qu’une valeur toute relative. Avec des tensions élevées, on

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peut observer des accidents graves. Avec une tension basse, on peut avoir une très bonne anesthésie sans incident.

Peut-être la mesure préalable du réflexe oculo-cardiaque donnerait-elle des renseignements plus importants. C’est surtout chez les grands vagotoniques qu’il faudrait redouter les chutes de tension importantes. Quant à la possibilité de modifier cette chute de tension par l'injection préalable d’atropine, il semble que ce soit difficilement réalisable en pratique.

Pour obtenir un effet thérapeutique appréciable, Robert JUDET a dû injecter 2 cm. 1/2 d’atropine à un chien de 10 kg. et cela 40 minutes avant l'intervention.

Nous avons injecté seulement un milligramme d’atropine chez les grands vagotoniques. La chute de tension n’a pas été sensiblement influencée.

Ce qui nous semble beaucoup plus important, c’est de:

1° Mesurer régulièrement la tension artérielle pendant la durée de l’anesthésie, en particulier pendant toute la période de début de l’anesthésie. La mesure de cette chute de tension seule est intéressante, seule elle permet d’éviter des accidents graves, car elle précède toujours l’apparition des symptômes cliniques. On pourra ainsi prévoir des accidents graves et les traiter à temps.

2° Rééquilibrer la tension artérielle.

D’après les conceptions physiologiques actuelles, il

semble que l’adrénaline soit le médicament spécifique de ce déséquilibre tensionnel, puisqu'il s’agirait essentiellement d’un déséquilibre du métabolisme de l’adrénaline. Il faut remarquer que son action est connue depuis longtemps. TouPer a publié une série d'observations remarquables où l’injection d’adrénaline intra-cardiaque a jugulé presque immédiatement les syncopes rachianesthésiques les plus graves. Dans une thèse récente inspirée par Marquis (de Rennes), FAUQUET recommande de combattre l’hypotension par l'injection sous-cutanée d’adrénaline au 1/10 (ou intra-veineuse).

Pour une série de malades graves hypotendus, nous avons essayé de rééquilibrer la tension artérielle par du sérum chaud intra-veineux légèrement adrénaliné. Le sérum seul a déjà une action remarquable, car il agit par sa masse et lutte efficacement contre la chute de tension. L’adrénaline est administrée de façon très douce, très progressive, sans à-coups. Il est bon de prendre une grosse aiguille et de régler le débit de l’injection selon le chiffre de la tension. On peut avoir une tension véritablement équilibrée. Nous avons pu opérer avec cette précaution, soit sous anesthésie péridurale, soit sous rachianesthésie, plusieurs occlusions intestinales. Les anesthésies ont été parfaites, les malades n’ont pas eu le moindre malaise. En particulier, nous n’avons pas observé cet orage de la vingtième minute qui n’est que la traduction d’un déséquilibre tensionnel.

PIEL a observé une chute de tension importante. Il la combattue par le sérum chaud intra-veineux avec un résultat thérapeutique immédiat.

Dans tous les ças graves, le fait de rééquilibrer la T. A. nous semble une précaution indispensable.

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LA SOLUTION ANESTHESIANTE

Quel que soit le produit anesthésiant, la solution doit être :

— relativement concentrée ; — fortement adrénalinée.

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