I. — Opérations à froid
a) OPÉRATIONS PORTANT SUR LE MEMBRE INFÉRIEUR
Toutes les opérations pratiquées sur les membres inférieurs peuvent être exécutées sous anesthésies péridurales avec des résultats régulièrement bons.
Il est très facile d'obtenir une anesthésie simultanée des racines lombaires et des racines sacrées. Il n’y a pas à redouter de chutes de tension importantes.
On a un très bon relâchement musculaire.
Pour la chirurgie des fractures diaphysaires, on a les mêmes avantages qu'avec la rachianesthésie.
— C’est une des anesthésies de choix pour les opérations importantes pratiquées sur la hanche, telles que butées, enchevillements, résection, arthrodèses.
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— Notre statistique comporte plusieurs arthrotomies du genou pour fracture du plateau tibial, pour fracture de la rotule, pour résection, avec des anesthésies excellentes.
— Des opérations sur le pied ont été facilement exécutées.
b) OPÉRATIONS PORTANT SUR LA RÉGION PELVI-PÉRINÉALE
Pour les opérations périnéales, nous utilisons ordinairement la voie sacrée. DUNCOMBE et PIEL ont plusieurs fois utilisé la voie lombaire avec de bons résultats. Chez des femmes très âgées, ils ont pu faire des amputations du col, des colpo-périnéorraphies, une opération de Cunéo-Picot pour fistule extra-sphinctérienne du rectum.
Ils rapportent même l’observation d’une femme de 70 ans, chez laquelle ils ont pratiqué une amputation périnéale du rectum avec un bon résultat. Nous n'avons pas trouvé dans la littérature d’autres cas d’exérèse du rectum sous-péridurale.
— Par contre, les opérations gynécologiques pratiquées par voie abdominale constituent une mauvaise indication de cette anesthésie.
L’anesthésie, pour être suffisante, doit remonter jusqu'à D,, et descendre jusqu’à S,. La rachianesthésie donne plus régulièrement une anesthésie aussi étendue. D’autre part, la position de Trendelenburg favorise la diffusion du liquide vers la région dorsale, ce qui est un élément peu favorable.
Pour les opérations obstétricales par voie haute, elle serait peut-être d’un certain intérêt. On sait que pour faire une césarienne, il suffit :
— d’une bonne anesthésie pariétale, — d’une anesthésie viscérale légère.
L'utérus lui-même est pratiquement insensible. Nous n’avons trouvé aucun document bibliographique sur cette question. Par contre, on a beaucoup étudié :
— les rachianesthésies.
— l’épidurale sacrée.
La rachianesthésie est du plus haut intérêt dans la
césarienne, car elle provoque
— un relâchement musculaire parfait,
— un silence abdominal absolu, mais surtout, elle diminue dans des proportions considérables l’importance de l’hémorragie au cours de la délivrance par la rétraction utérine qu’elle provoque.
Par contre, de l’avis unanime, la rachianesthésie est plus grave pour une césarienne que pour une autre opération abdominale. Ce fait est facilement explicable. On sait que le gros danger est le collapsus vasculaire.
Chez une femme à terme, la vaso-dilatation périphérique porte sur tout le système utérin dont la vascularisation est à son maximum. On comprend dans ce cas que les chutes de tension puissent être particulièrement graves. Avec une anesthésie péridurale, pour peu qu’elle remonte dans la région dorsale, ce même danger serait à redouter. Là encore, il serait prudent de rééquilibrer la tension par du sérum adrénaliné intra-veineux systématique.
Har
— L’épidurale sacrée a été aussi très étudiée en obstétrique. BoNNET, dans sa thèse, a montré tout son intérêt dans les interventions purement obstétricales. RicHARD a tenté de pratiquer des césariennes abdominales, en augmentant la dose d’anesthésie en favorisant sa diffusion par la position de Trendelenburg. C’est une méthode plus dangereuse que la péridurale haute, inférieure dans ses résultats. Nous avons vu que la voie sacrée était une mauvaise voie d'introduction pour l’anesthésie de la région lombaire.