O. Vital, VIII
5. Cacnobia sanctorum valde conqueruntur quùd multa eis Odo detrimenta fecerit et fundos sibi antiquitùs datos a fîdelibus Anglis, violenter et injuste
nent; son intervention n'eut peut-être rien empêché. Eudes, pour lequel le chroniqueur Guillaume de Poitiers montre une singulière partialité, traita le comté avec rigueur. L'abbaye de Saint- Augustin et réglise de Cantorbéry eurent particulièrement à souffrir, et, lorsque quatre ans plus tard, Lanfranc prit possession de son siège, il eut une véritable lutte à soutenir pour faire restituer à son église les biens enlevés et obtenir la confirmation des privilèges contestés. Eudes n'était pas le seul spoliateur; Eadmer laisse entendre qu'il y en eut bien d'autres (1) ; les Normands qui occupaient les domaines du Kent ne se firent pas faute d'arrondir leur lot aux dépens des biens de l'Église : un autre texte en donne la preuve (2). Mais le procès entre Lanfranc et Eudes a seul fixé l'attention des contemporains, et il était naturel que la loi de restitution subie par le propre frère du roi fût appliquée par conséquence à tous les autres. Ce ne fut pas un débat de médiocre importance : les premiers actes du nouveau prélat allaient montrer le degré de confiance que méritait son administration ; les nouveaux évêques sauraient-ils être les défenseurs de leurs églises contre le pouvoir auquel ils devaient leur origine, ou n'en seraient-ils que les valets ? Telle était la question, d'un intérêt sans égal pour les vaincus, à laquelle Lanfranc allait repondre.
S'il faut en croire certains textes, l'administration des derniers archevêques saxons de Cantorbéry n'aurait pas échappé au reproche de négligence (3) ; bien avant la conquête et les violences d'Eudes, un grand -nombre de domaines appartenant à l'Eglise étaient passés en des mains étrangères. C'est à cette double classe d'envahisseurs que Lanfranc s'attaqua. Il ne s'agissait pas seulement de la possession de terres, mais de droits : un grand nombre
abstuleriU O. Vital, IV, 7. — Dans le discours qu'O. Vital fait tenir à Guillaume en 1087, le roi invoque comme un des griefs les plus sérieux contre Eudes sa conduite envers les couvents : « Monachilium destructor caenobiorum... b 0. Vital, VU, 16.