Malmesbury. {Ibid
1. Omnes pari ter consederunt. {Manuscrit de Rochester. Selden-Spicil., p. 198.)
3. Hugues de Montfort est cité, dans le Domesdaij Book, parmi les treize tenanciers du comté de Kent. {Do?nesday , éd. de Londres, 1783, vol. 1, p: 2.
Raoul de Courbe-Epine est cité parmi ceux qui possèdent dans la ville de Cantorbéry. {Domesdaij, I, p. 2, col. 1 el 2, recto.)
à'Infangthef, qui sont énumérés dans la plupart des chartes de donation aux églises à cette époque, l'archevêque devait jouir sur ses terres d'un droit aussi complet et aussi libre dans son exercice que le roi sur les siennes : on s'appliqua aussi à prouver par de bonnes raisons que le roi ne devait conserver sur les terres de l'archevêque que le triple droit suivant : « l"* Tout homme de l'archevêque qui dégradait, en y faisant des trous, la voie dite Royale (l'ancienne voie romaine), menant à la ville, était justiciable du roi (1). — 2° De même pour tout homme de l'archevêque qui coupait un arbre sur cette voie et le jetait, après l'avoir coupé, sur la chaussée. — 3° Tout homme qui commettait un crime, homicide' ou autre, sur cette même voie, s'il était pr-is sur le fait et emprisonné, était justiciable du roi. Le roi perdait ses droits, si le coupable n'était pas pris sur le fait et s'il s'enfuyait sans laisser une caution.
Ces droits, qui se bornaient à une sorte de police sur la grande voie du comté, étaient amplement compensés par ceux qui furent reconnus àTarchevêque sur toutes les terres du roi et du comte Eudes : depuis le jour où on cessait de chanter V alléluia jusqu'à Toctave de Pâques, tout meurtrier était justiciable de l'archevêque, etc. Le manuscrit de Rochester résume ces droits en ces mots : « Sur ces mêmes terres, il a tous ceux qui semblent se rapporter au soin et au salut des âmes (2) ».
Lanfranc rendit donc à son église le service de la mettre en dehors de la conquête, et de la faire respecter par le vainqueur, comme une de ces institutions à la fois politiques et religieuses qui défient les changements humains, et auxquelles on ne touche pas impunément. Il intervint aussi en faveur de certains évêchés suffragants, notamment celui de Rochester (3). On voit par une lettre de
1. On trouve aussi dans le Dojuesday la mention fort précise de ces droits : « Concordatum est de redis callibus quaî habent per civitatem introitum exitum, quicumque in illis foris fecerit, régi emendabit. Similiter de callibus rectis extra civitatem usque ad unam leugam, III pecticas, III pedes. Si quis infrà bas publicas vias intus civitatem vel extra foderit vel palum fixent..., etc , etc. Domesday, éd. 1783, p. 2, recto, col. I,
2. Habet etiam in eisdem terris omnibus quaecumque ad curam et salutem animarum videntur pertinere. (Selden's Spicileg, p. 199.)
3. Ipse Episcopus ten. Estoches... in How Hund... Hoc... fuit est de Episcopatu Rofensi; sed Godwinus Cornes T. K. E. émit illud de duobus hominibus qui eum tenebant de Episcopo. Eo ignorante facta est venditio.
Lanfranc à l'évêque Maurice, qu'il s'efforça de rendre le même service à l'Eglise de Londres, et que cette pensée le préoccupait au moment même où il revendiquait les terres de l'Eglise de Cantorbéry (1). Il menait de front toutes ces affaires de même nature. Nous comprenons mal l'importance de ces questions ; aux yeux des contemporains, elle était capitale ; on le devinerait sans peine à ce seul fait : ils n'ont pas cru inutile de recourir au miracle pour expliquer un si heureux résultat. Eadmer, dont le récit diffère sur ce point seul du manuscrit de Rochester, raconte qu'après la première décision, Eudes reprit une seconde fois la question, et fit si bien que les arbitres étaient gagnés à sa cause. Lanfranc n'avait pas paru aux séances : il méditait dans sa chambre, quand on lui annonça cette nouvelle ; sans se troubler, il répondit que ses adversaires se trompaient, et renvoya au lendemain le soin de se défendre. Pendant la nuit, l'archevêque vit en songe le bienheureux Dunstan : le saint lui recommanda de ne pas se laisser déconcerter par le nombre de ses ennemis; d'aller plein de confiance dans la salle des discussions ; il se chargeait de l'assister lui-même. — Lanfranc parut, déchira comme des toiles d'araignées le tissu de faussetés de ses adversaires ; personne n'osa prendre la parole après lui (2). Ainsi, il triomphait encore, et par le secours d'uu saint saxon.
Cette œuvre de revendication ne se borna pas à ce premier effort; il ne s'était agi à l'assemblée de Pinnedene que des terres récemment enlevées, sur lesquelles les droits de propriété étaient faciles à établir ; mais jusqu'à la mort de Guillaume, Lanfranc insista auprès de lui pour ressaisir tous les lieux qui avaient pu appartenir à l'Eglise de Cantorbéry. Il sut intéresser à cette œuvre le salut de l'âme du roi, et il avait obtenu les promesses les plus solennelles, que la mort seule l'empêcha de tenir (3).
En dehors des questions de parti et des nécessités d'administration, Lanfranc semble avoir fait preuve envers ceux qui l'appro-
Postmodum régnante W. rege, diratiocinavit illud Lanfrancus archieps extra Bajocensem epm. et inde est saisita Ilofensis Ecclesia. (Domesdmjy éd. 1783, p. 5, col. 2, verso.)