‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 122 sur 175 · Eadmer, p · texte numérisé non relu

Eadmer, p

chaient de quelques-unes de ces qualités que les hommes aiment surtout à trouver chez ceux qui les gouvernent. Il mit dans ses relations avec les religieux de son Église une charité toute fraternelle : Malmesbury remarque que, tout Lombard qu'il était, il sut se garder du défaut commun à ceux de sa race, une avarice sordide (1) ; il ne donnait pas aveuglément, et il aimait à voir sa charité bien placée (2) ; il secourait non-seulement les religieux, mais aussi leurs parents nécessiteux; et sa charité délicate allait au-devant de leurs demandes (3). On dit qu'il avait pour maxime favorite : « Faites l'aumône, et toute faute vous sera remise (4) ». On le voyait souvent servir lui-même les pauvres ; sa vie fut sans tache, ou si l'on veut y trouver^la trace d'une faiblesse, elle fut unique, et le soupçon d'immoralité ne l'effleure même pas.

Ce n'est pourtant pas là qu'il faut chercher le mérite de Lanfranc ; son âme n'était pas de celles que vivifie l'amour des hommes: il fut charitable, mais il ne connut pas ce saint délire de charité qui égarait alors certaines âmes : en tout, il sut garder la mesure et se défendre des excès ; entre ses diverses facultés, il y eut toujours équilibre, et dans l'administration de son diocèse, il parut ce qu'il devait être. Si l'enthousiasme d'Eadmer n'est pas de mise, en faveur d'un homme qui, ne l'ayant peut-être jamais connu, ne peut l'inspirer, on lui doit cet éloge, que dans la crise qu'il eut à traverser, il fut toujours à la hauteur de son devoir.

Page 1