l^'^ hpît. aux Cortuth., chap. YII, noie i
donner des diacres ou des prêtres sans une déclaration préalable de célibat, et le texte de cette déclaration fut fixé parle concile (1). Mais on laissa aux prêtres déjà mariés le droit de garder leur femme auprès d'eux. Ce fut un compromis plein de sagesse entre un passé digne de respect et les rigueurs peut-être fécondes de la nouvelle politique romaine. Il faut remarquer d'ailleurs que l'exemple de cette sagesse avait déjà été donné en Normandie par l'archevêque de Rouen, dont Lanfranc, quelque temps après, reconnaissait, en l'exagérant peut-être^ l'influence sur ses propres décisions (2). On voit par ses lettres que les décrets du concile furent appliqués rigoureusement : il écrivit à l'évêque Herfast, à propos d'un clerc dont l'ordination ne s'était pas faite d'une façon régulière (3). Le clerc était marié; interrogé sur ses intentions, il déclara ne pas vouloir se séparer de sa femme : le diaconat, qui lui avait été accordé irrégulièrement, lui fut retiré, mais lui-même il ne fut Tobjet d'aucune rigueur. Cette chasteté du clerc fut bientôt le principal mérite que l'on exigea de lui; dans une lettre aux archidiacres de Bayeux, qui l'avaient consulté sur la conduite à tenir envers un prêtre coupable, Lanfranc représente comme un titre singulier à leur indulgence sa résolution sincère de vivre jusqu'à sa mort dans la chasteté. Cet effort est le meilleur gage que le coupable puisse donner de son repentir (4). C'est dans cette mesure que, par les conciles, Lanfranc fit triompher en Angleterre les principes de la réforme ecclésiastique. Si l'on doit rapporter en réaUté à deux assemblées seulement l'honneur de cette œuvre, l'action personnelle de Lanfranc ne se ralentit jamais pendant dixneuf années : ses lettres, trop rares, en font foi ; elles nous permettent de reconstituer son plan de la vie monastique et de juger sa politique vis-à-vis du clergé séculier.
L'obéissance à l'abbé : telle est, à ses yeux, la vertu cardinale du moine. L'abbé est investi par la règle d'une autorité souveraine : « Il faut lui obéir en tout, même (que Dieu l'en garde !) si ses actions démentent ses paroles (5). » Pendant les troubles de l'âge