‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 146 sur 175 · Liber de abhatibus S. Alb,, p · texte numérisé non relu

Liber de abhatibus S. Alb,, p

2. Spiritus sic te utriusqiie disciplinée fonte replevit ut in uno fera omnibus sis excellentiâ dissimilis, et in altero virtutum merito laudabilis. Epist. Alexand.^ 70.

la dignité d'archevêque de Cantorbéry. Sans doute le roi ne consulta pas directement le Saint-Siège, mais dans ce choix fait spontanément, et qui était si complètement d'accord avec le désir du pape, se résume cette alliance des deux pouvoirs, dont la révolution ecclésiastique opérée dans la suite manifesta les effets.

Il est hors de doute que la papauté s'associa bientôt sans réserve à toutes les rigueurs administratives du nouveau gouvernement, comme elle soutint les rigueurs canoniques de ses prélats. Les légats du pape avaient donné le signal de ces dégradations en masse dans les assemblées de l'année 1070, et il n'est guère probable que ces mesures aient provoqué à Rome la surprise dont parle l'illustre historien français de la conquête (1). C'était le prix de l'alliance et le début inévitable d'un ordre de choses nouveau. Quand Lanfranc eut pris possession du siège de Cantorbéry, il avait besoin, pour continuer, en lui donnant un nouveau caractère, l'œuvre des légats, de Tappui publiquement manifesté de la cour romaine. Aussi n'entreprit-il aucune réforme importante avant son voyage à Rome de l'année 1071. Il se fit accompagner par deux évêques, les seuls dont le choix n'eût pas reçu tout d'abord l'approbation du Saint-Siège : Thomas d'York et Rémy de Lincoln (2). C'est en effet seulement à propos du choix des nouveaux prélats, et non des rigueurs déployées contre les anciens, que la cour romaine laissa paraître quelque surprise. Encore les deux prélats pour la consécration desquels il fallut intercéder avaient-ils été choisis directement par Guillaume, antérieurement à l'arrivée de Lanfranc. Thomas était fils d'un prêtre, et les canons défendaient que le fils

1. M. A. Thierry cite pour appuyer son jugement une phrase d'O. Vital (livre IV) qui ne parle pas de la papauté et de l'impression produite à Ptome par les événements de l'année 1070. La phrase d'O. Vital, qui n'est autre chose que la reproduction des jugements dTngulph {Hist., éd. 1596, page 512), n'engage que le moine de Sainl-Evroul. Il ne dit en aucune façon que Rome se plaignit; il constate qu'un grand nombre d'abbés furent chassés de leur abbaye injustemenl, sans motifs canoniques ; nul n'y contredit. Mais les intérêts de la politique présente de la cour romaine la mettaient au dessus des règles canoniques ordinaires; et la proscription générale, et presque sans exception, portée par Rome contre le clergé anglo-saxon, dispensait évidemment de griefs particuliers contre tel ou tel.

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