‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 151 sur 175 · Epistola Gregor. ad Lanf. passim · texte numérisé non relu

Epistola Gregor. ad Lanf. passim

de date, et les indications qu'elle renferme ne permettent pas d'en déterminer une avec certitude. Lanfranc fait allusion à l'absence de Guillaume, alors en Normandie ; il rappelle qu'avant son départ le roi avait prorais de régler lui-même l'affaire en litige (1), mais on ne saurait dire combien de temps s'était écoulé depuis le départ de Guillaume. 0. Vital nous apprend que le roi quitta TAngleterre de 1071 à 1072 (2) ; en 1703, il fit une expédition dans le Maine (3); en 1074, il assistait au concile de Rouen; il revint en Angleterre sans doute vers la fin de 1074, rappelé par le soulèvement de Raoul de Gaël. L'indication fournie par la lettre de Lanfranc laisse donc la date incertaine entre les limites extrêmes de 1072 et de 1074. Il est probable pourtant que la lettre de l'archevêque est antérieure à celle du pape : on s'expliquerait mal, dans l'hypothèse contraire, l'absence de toute allusion à la lettre pontificale et ce parti pris de silence sur les instructions reçues de Rome. Si la lettre de Grégoire Vil est postérieure, l'intervalle qui sépare les deux lettres est fort court, et il ne faudrait pas voir dans l'envoi de la première une preuve de l'inefficacité des admonestations de Tarchevêque. Baudouin avait pu porter plainte en même temps au roi et au pape, et il est tout naturel qu'au moment où un nouveau pouvoir s'établissait, la réponse pontificale, arrivant en retard, trouvât une situation en partie déjà réglée ; cela n'implique en rien l'impuissance de répression de Guillaume et de Lanfranc.

On ne peut séparer ces deux noms dans l'étude des rapports de la papauté et de l'Angleterre ; à vrai dire, les rapports personnels de Lanfranc et de Grégoire VII sont dominés par la conduite du roi lui-même ; le langage du prélat est l'écho du langage de Guillaume, et sa conduite s'inspire scrupuleusement de la sienne. L'originalité du personnage perd beaucoup à ce jugement, mais son sens politique y gagne. Guillaume, qui devait tant à Rome, regretta le pape Alexandre ; mais il se félicita de l'avènement d'Hildebrand, son allié, et il adressa au nouveau pape une lettre qui ne nous est

1. Praecepit (l'ex) ut querimonia... sopita rnaneret, quoadùsque ipsemet ipsam causam audiret... sed quia, priiisquàni id fieret, mare transivit... [EpisL Lanf., lU.)

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