‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 174 sur 175 · hàt., XV · texte numérisé non relu

hàt., XV

pérée par le bon sens, il se défendit de ces excès de la dévotion, de ces raffinements d'austérité dont le spectacle frappait si vivement les imaginations populaires. Homme d'esprit, il était trop au-dessus du vulgaire pour qu'un accord intime s'établît entre eux, et son cœur n'eut jamais ces élans de charité qui le font se répandre sur tout ce qui est faible, malheureux, délaissé.

Comme écrivain, il lui manqua un style plus fortement marqué de son empreinte ; il trouva l'élégance et une correction déjà remarquable pour son temps; mais, à l'exception du traité Pro Corpoy^e où il mit toute son âme, on sent rarement dans ses écrits l'accent d'une personnalité puissante. Comme professeur, il parut incomparable, et il ne nous appartient pas de réduire sur ce point sa renommée : il ne semble pourtant avoir renouvelé aucune des sciences auxquelles il toucha ; et, orateur, théologien, grammairien, légiste distingué, on hésite à fonder sa réputation sur ses mérites particuliers comme théologien, comme légiste ou comme orateur. En politique, il lui manqua l'initiative plus encore que l'indépendance ; car il sut, quand il y vit son devoir, résister au Conquérant ; mais il se borna presque toujours à transmettre un mouvement dont le principe était hors de lui.

Aussi ne convient-il pas de grossir démesurément son importance et de le placer au premier rang; mais, ces réserves faites, la justice veut qu'on le compte au nombre de ceux qui, par leur science, leur amour du vrai, leur intelligence des besoins de leur temps et leur ardeur à les servir, s'élèvent bien au-dessus du vulgaire et méritent de vivre dans le souvenir d'une postérité éclairée.

INDEX HIRLIOr.nAPIIIOIIK

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