Vital, lY
3. « Exivit fama ejus remotissinias Latinitatis plagas ». G. de Malmesb.
« lieu est devenu trop étroit pour moi, agrandissez-le pour que je « puisse y habiter (1). » Il fallait construire de nouveaux bâtiments : mais Herluin devenait vieux *, il reculait devant les embarras et les fatigues d'une nouvelle installation ; peut-être aussi avait-il attaché son cœur à ce coin du monde où il avait vu se réaliser magnifiquement ses pieuses espérances. Un hasard, un miracle vint en aide à ceux qui réclamaient des constructions nouvelles : l'aile droite du presbytère, où se trouvaient l'oratoire et l'autel de saint Benoît, s'écroula. Lanfranc reprochait à l'emplacement du couvent d'être insalubre; situé dans un bas-fond, au confluent de deux cours d'eau, il était souvent envahi par les ruisseaux débordés. Herluin se rendit alors aux pressants conseils de son prieur, chercha un emplacement plus commode et construisit un nouveau couvent. C'était la troisième fois que l'emplacement du monastère était changé; on fit le nouvel édifice sur un plan grandiose (2), mais les dépenses furent aisément couvertes. Les cours de l'école publique de Lanfranc étaient gratuits : quiconque se présentait pouvait y assister. C'est à Orléans que pour la première fois un élève de Fulbert, Engelbert, fit payer ses leçons (3). Mais, si le maître n'exigeait pas de rétribution, il acceptait les libéralités des étudiants. L'argent ainsi obtenu était remis à l'abbé; il passait de là aux ouvriers (4). Ce n'était pas chose nouvelle, et dans les mœurs du temps ces libéralités étaient si ordinaires qu'il était malaisé pour les séculiers de s'y soustraire. G. de Malmesbury laisse même entendre que l'école publique où Lanfranc professa la dialectique ne dut son existence qu'à la nécessité de songer aux intérêts matériels du couvent et de mettre un terme au dénûment des religieux (5). Mais du jour où clercs et fils de nobles, professeurs déjà renommés et laïques puissants et de haut lignage (6) se rendirent en foule au Bec et se pressèrent autour de la chaire de Lanfranc, tout changea d'aspect. Les donations se multipliaient :