‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 35 sur 175 · Vita · texte numérisé non relu

Vita

3. In ulrâquc nodoa quacstionum solvcre potentissimus erat. (0. Vital, IV, 6.)

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temps peu d'hommes passèrent pour posséder plus complètement et pour s'être mieux assimilé les connaissances de toute sorte. Un passage d'O. Vital, malgré sa bizarrerie, vaut la peine d'être cité; il nous montre quelle était l'opinion des contemporains : « Pour connaître tout le génie admirable et le talent de Lanfranc, il faudrait être Hérodien dans la grammaire, Aristote dans la dialectique, Cicéron dans la rhétorique, Augustin et Jérôme, et quelques autres docteurs de la foi et de la grâce, dans les saintes Ecritures. Lorsque Athènes était florissante et se faisait remarquer par l'excellence de ses institutions, elle eût honoré Lanfranc en tout genre d'éloquence et de discipline, et elle eût désiré s'instruire en recevant ses sages préceptes. »

Depuis la mort de Fulbert (1029), qui avait préparé à Chartres toute une génération de scolastiques et de théologiens, et qui avait été au commencement du siècle la lumière de la Gaule, aucun maître n'avait été jugé digne d'être comparé au savant évêque. Lanfranc recueillit sa succession. Ce qu'étaient les écoles de Normandie avant l'enseignement du Bec, un mot de Guillaume de Malmesbury suflît à le montrer : « Quum utique scolares inflatis buccis dialecticam ructarent (1). » Quelques années après, tout avait changé de face. L'école publique du Bec devint rapidement le rendez-vous de tous les étudiants distingués de la Normandie et de la chrétienté tout entière : « La renommée de l'habileté du professeur se répandit dans toute l'Europe, si bien que pour recevoir ses leçons un grand nombre d'auditeurs accoururent de France, de Gascogne, de Bretagne, de Flandre même (2). » Suivant l'auteur déjà cité plus haut, la réputation de Lanfranc « dépassa même les extrêmes limites du pays où le latin se parle (3). »

Dans le principe, les clercs seuls accouraient au Bec; mais, peu à peu, le mouvement devint général : « On voyait arriver en foule et comme à l'envi de nombreux séculiers, des gens lettrés et autres, désireux de courber leurs têtes sous le joug si léger du Seigneur et de se soumettre humblement à l'obéissance de la vie monastique. » Le couvent ne tarda pas à devenir insuffisant : « Il arriva alors ce que le Seigneur annonce par la bouche d'Isaïe, son prophète : « Ce

\. De Gest. Pont., 2.

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