Vitay 4. — Gallia christ. , XI
Turold, évêque de Bayeux; Gilbert Crispin, abbé de Westminster, qui a raconté la vie d'Herluin ; Paul, abbé de Saint- Albans, le neveu et peut-être le fils de Lanfranc (1); Michel et Vincent, abbés de Préaux; Roger et Geoffroy, abbés de Jumiéges; Bernard et Robert du Mont, abbés du Mont Saint-Michel; Robert le Telier, abbé de Saint-Evroul. Nous ne citons que les plus célèbres, ceux dont les noms nous ont été conservés en souvenir de leurs dignités, ou que l'intérêt de leurs écrits a sauvés de l'oubli.
Si nous en croyons le Chronicon Beccense, qui place Tarrivée de Lanfranc au Bec en 1042, son enseignement dut commencer vers 1045, réserve faite des trois années consacrées au recueillement et à la solitude. Il se continue sans interruption jusqu'en 1063 ou 1066. Pendant ces vingt années, l'influence exercée par le professeur fut souveraine. Les honneurs allèrent le chercher dans sa retraite, les dignités les plus hautes lui furent offertes. « Un grand nombre d'églises réclamèrent avec un zèle incroyable Lanfranc pour leur abbé ou leur pontife; Rome même, la capitale du monde chrétien, le sollicita par des lettres nombreuses et s'efforça de le retenir par des prières et même par la force (2). Vers 1060, le pape Nicolas II écrivit à Lanfranc une lettre dont le texte nous est parvenu (3). Il exprime dans les termes les plus flatteurs le regret que la cour de Rome soit privée du secours de ses lumières, et il envoie auprès de lui quelques chapelains de l'empereur et du Saint- Siège qu'il veut faire instruire dans la rhétorique et la dialectique ; ces « fils préférés » du souverain pontife sont recommandés aux soins du professeur. Rome eût voulu pouvoir se glorifier de cet enseignement; mais Lanfranc ne consentit pas à quitter le Bec; sans doute rien ne lui était plus cher que la direction de cette puissante école dont il était le créateur. Un maître se sépare difficilement de ses élèves, surtout quand ses élèves sont des hommes, et qu'ils ont gardé dans Tàge mûr tout l'enthousiasme de la jeunesse.
D'ailleurs, quelle tâche plus importante pouvait être proposée à l'activité d'un homme? Enseigner n'était pour Lanfranc que la moitié de son rôle : mais préparer les instruments d'étude, sur-