‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 47 sur 175 · Vital, liv. m · texte numérisé non relu

Vital, liv. m

Etienne, premier martyr, ne fut terminé que longtemps après le couvent de la Trinité. Guillaume surveilla lui-même le commencement des travaux, et montra, par la magnificence de ses dons, le prix qu'il attachait à la fortune de ces pieux établissements.

Il en donna une preuve plus manifeste en confiant au prieur du Bec la dignité d'abbé de Saint-Etienne. Vers le mois de juin 1066 (1), Guillaume, qui se trouvait alors à Bonneville-sur-Touques, fit appeler Lanfranc et lui déclara ses projets, en lui confiant le soin de surveiller l'achèvement des travaux.

Les différents auteurs qui ont essayé d'établir une chronologie exacte de la vie de Lanfranc sont en désaccord sur la date de cette nouvelle dignité. Dom Ceillier indique l'année 1063 (2). Le Gallia Christiana ne se prononce pas: il donne (3) 1063 et 1066. Un passage d'O. Vital permet d'établir avec certitude que la nomination de Lanfranc eut lieu vers le milieu de l'année 1066. D'après ce texte, Lanfranc fut consacré en qualité d'abbé de Saint-Etienne le même jour que Mainier pendant les préparatifs de l'expédition d'Angleterre. Cette consécration dut avoir lieu dans le commencement de juin ou au commencement de juillet 1066; puisque Mainier fut conduit et installé à l'abbaye d'Ouche par le vénérable Hugues, évêque de Lisieux, le 16 juillet de la même année, et que l'abbé son prédécesseur était mort le 27 mai. Dans une autre circonstance, 0. Vital, faisant mention d'un événement de 1078, rappelle qu'il est postérieur de douze ans à la nomination de Lanfranc à l'abbaye de Saint Etienne.

C'est donc après un séjour de vingt-trois ans que l'illustre professeur quitta le couvent dont la grandeur était son œuvre. Il avait créé une tradition de travail, de science, de piété, qui devait se continuer après lui ; un seul nom contient tout cela et plus encore : Anselme lui succéda dans les fonctions de prieur.

En quittant le Bec, le nouvel abbé n'emmena avec lui qu'un seul novice, Raoul ; le jeune moine fit profession à Saint-Etienne,

\. Ces différentes dates sont établies avec pi'écision par M. Hippeau dans son Histoire de l'abbaye de Saint-Êtienne de Caen, 1 vol. in-A®.

Page 1