Tome XI, p
y devint prieur ; plus tard il devait recevoir comme un insigne honneur le titre d'abbé du couvent de la Bataille (1).
Les constructions étaient sans doute assez avancées lorsque Lanfranc prit possession de sa nouvelle dignité (2) ; il n'eut pas à s'occuper de la partie matérielle de l'œmTe, réservant ses soins pour les « constructions spirituelles. (3) » Dés le premier jour, les novices se pressaient à la porte du couvent, attirés par la réputation de l'abbé et Tespoir de gagner la faveur de Guillaume ; Lanfranc se montra sévère dans le choix des moines ; comme l'installation était insuffisante, et que la régie ne pouvait toujours être appliquée dans toute sa rigueur, il envoyait au Bec ceux dont il était désireux d'éprouver le caractère. De ce nombre était Guillaume, qui devint plus tard archevêque de Rouen. (4)
Pour tout ce qui regarde la religion, il en fut de Saint-Etienne comme des autres abbayes puissantes de la même époque ', là, comme au Bec, Lanfranc fit appliquer les principes de discipline ecclésiastique, en dehors desquels il ne croyait pas qu'il pût y avoir de clergé régulier. Le nouveau couvent offre à l'historien un intérêt d'une autre nature : entouré, dés son origine, d'une faveur spéciale du duc, des seigneurs normands et du pape lui-même, il est à ce moment comme le résumé des droits, privilèges, possessions dont un couvent peut être enrichi. La charte de fondation (5) témoigne de la plus grande magnificence ; Guillaume donnait à l'abbaye les villages de Cheux, Rots, Allemagne, Etavaux, Ifs, Hubert-Folie, Bourguibus, Bras, Dive et Cabourg, avec les eaux, prairies, moulins, pâturages compris dans ces limites, et tous leurs revenus. Partout où s'étendait le droit de l'abbaye, le privilège gagnait avec lui: dans les limites de quelques-uns de ces villages,