Vital, IV
2. V. Bartholom. Cotton. Monachus Norvicemls. Éd. Luard, p. 50.
3. D'Achéi'y. Notes sur la Lettre XV de LanfranCy d'après la Chronique de Robert du Mont,
4. Usus atque leges quas paires sui et ipse in Normanniâ habere solebant, in Angliâ servare volens. (Eadmer, p. 6.)
« pour prendre leur avis, et recherchait avec eux quel était le « meilleur que l'on pût choisir, le plus capable de diriger la inai- « son de Dieu pour les choses divines et humaines. Un conseil « d'hommes sages désignait le plus distingué par les mérites de sa « vie, sa science et ses croyances; le roi le mettait gracieusement « on possession de la dignité abbatiale ou épiscopale. Il observa cette « règle pendantles cinquante-six années de son gouvernement comme « duc de Normandie, et comme roi d'Angleterre (1) ; aussi laissa- « l-il des traditions vraiment religieuses et un exemple à la posté- « rite. Il avait en horreur la simonie; et dans le choix des abbés « et des évoques il regardait moins la richesse et la puissance que « la sainteté et la sagesse du candidat (2). »
Ce texte par lequel la politique religieuse de Guillaume est jugée d'ensemble, sans distinction de périodes ni de pays, et qui montre à travers les vicissitudes d'un derai-siécle une même pensée et une même action, prête aux citations qui précédent un nouvel appui. Ainsi, pour les contemporains qui portent leurs regards au-dessus des faits quotidiens et qui, au terme de ce long régne, en jugent les résultats et en cherchent la pensée directrice, Guillaume appliqua aux deux pays les mêmes principes. Nous ne disons pas les mêmes procédés : car il est telle situation qui rend la violence inévitable ; mais cela nous parait suffire pour tenir l'esprit en garde contre la théorie d'une persécution systématique.
Cette induction tirée du caractère du personnage et des textes est confirmée par l'examen attentif des faits.
Aux fêtes de Pâques de l'année 1070, le roi Guillaume tint sa cour à Winchester; on y remarqua la présence de l'évêque de Sion, Hermenfroi, et des deux cardinaux Pierre et Jean. Hermenfroi semblait naturellement désigné pour le rôle de représentant delà papauté auprès de Guillaume; depuis quinze ans au moins^ il était en rapports avec ce prince; déjà en 1055, il avait paru au concile de Rouen où fut déposé Mauger. On ne peut dire si dans l'intervalle il resta mêlé aux affaires religieuses de Normandie et d'Angleterre. On le voit cependant assister en 1062 à l'élection
1. Quinquaginta sex annis... quibus regimen in Ducatu Normannia) seu rc'gno Angliue tenuit. (0. Vital, IV, 6.)