‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 77 sur 175 · Vital, m · texte numérisé non relu

Vital, m

actes authentiques (1), porta les peines les plus sévères contre le concubinage des prêtres et la licence des moines. On reprochait à Jean l'impatience d'un réformateur égaré par son zélé et cette hauteur qui ajoute encore à l'amertume de la soumission. L'année suivante, les moines de St-Ouen se soulevèrent contre lui ; l'agression eut lieu en plein office, et l'archevêque faillit être lapidé. Guillaume s'intéressa personnellement au jugement de l'affaire ; un concile présidé par le duc livra à leur abbé les moines coupables : Ils furent jetés en prison et gardés étroitement (2). Le couvent de Saint-Ouen fut l'objet d'une réforme profonde : le soin de l'opérer fut confié à Helgot (3), prieur de l'abbaye de Caen, cet arsenal du monachisme normand.

Deux textes fournis par Eadmer et 0. Vital ont une importance capitale. Ils établissent la continuité d'une même politique en Angleterre et en Normandie : « Le roi Guillaume voulant conserver « en Angleterre les usages et les lois que ses ancêtres et lui-même « avaient toujours appliqués en Normandie, fit choix pour évêques, « abbés et autres hauts personnages d'hommes dont l'obéissance « sans réserve à ses lois fût le premier mérite... (4) ». Eadmer insiste sur le caractère despotique de son autorité ; mais nous ne voulons retenir de son témoignage qu'une chose : le même système est appliqué à la Normandie et à l'Angleterre.

0. Vital n'est pas moins formel : « Ce qu'en tout temps le roi « Guillaume aima par- dessus tout chez les ministres de Dieu, « c'était la vraie religion. La renommée l'atteste de cent manières, « et les œuvres permettent de l'établir avec certitude. Lorsqu'un « homme de Dieu, au terme de sa carrière, quittait le monde, et « qu'une Eglise veuve de son pasteur était dans le deuil, le duc, « plein de sollicitude, députait vers la maison affligée de sages « envoyés, et pour soustraire aux dilapidations des tuteurs pro- < fanes les biens de l'Église, il en faisait dresser l'inventaire. Puis, « il réunissait les évêques, les abbés, les hommes les plus sages

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