‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 80 sur 175 · Vital, ibid · texte numérisé non relu

Vital, ibid

4. Jubente et prsesente rege Guillelmo, Alexandre papa consentiente. (Roger de Hovcden. Annales, pars prior, p. 259 )

5. Cet interdit était réel : Stigand avait été suspendu depuis longtemps de ses fonctions épiscopales par Alexandre II. (0. Vital, III. 14.)

6. Illuui cujus inter Anglos auctoritas erat summa. (Guill. de Poitiers.)

cité et reçu le pallium du pape Benoît, que le parti d'Hildebrand avait toujours traité d'antipape, et dont l'élection avait été annulée.

Cette triple accusation était fondée. Stigand est un des hommes de cette époque dont la mémoire a été le plus chargée ; mais en disputant le souvenir de sa vie aux calomnies et aux mensonges, on doit reconnaître qu'il fut de tout point le véritable représentant du clergé anglais ; il ne fut ni meilleur ni pire que la plupart des hauts personnages ecclésiastiques de son temps et de son pays. Le fait d'une simonie scandaleuse est attesté par tous les auteurs. Dans un chapitre qui a pour titre : « De nova servitute Ecclesiœ anglicanœ. » M. Paris dit de lui : « Stigandusqui prius simoniace fuerat episcopus Helmhmnensis (1). »Malmesbury, qui n'est pas hostile à Stigand, raconte que sa vie fut un long effort d'intrigues pour arriver aux plus hautes dignités ; il quitta successivement Elmham pour Winchester, Winchester pour Cantorbéry ; tous ces honneurs furent achetés; à son tour, il trafiqua des évècliés et des abbayes, réservant pour lui seul les plus riches. Le véritable jugement sur Stigand est cependant celui de Malmesbury lui même : « Je « crois, dit-il, qu'il fut plus coupable d'erreur que de parti « pris (2); c'était un homme illettré, comme la plupart des évêques « anglais de cette époque ; on pourrait dire presque tous. » Les « hontes de sa vie » (3), dont parle Guillaume de Newbridge, ne sont rien de plus que le faste princier et les mœurs toutes séculières (4) des seigneurs ecclésiastiques, et s'il était naturel qu'un pouvoir plus sévère les proscrivît, l'histoire doit quelque indulgence à un homme dont le seul crime est d'avoir été de son temps.

La chute de Stigand entrama celle de son frère Agelmar, évêque d'Elmham. L'archevêque déchu de Cantorbéry fut mis en prison; mais il ne tarda pas à s'échapper et il chercha un asile en Ecosse.

Cette mesure fut le signal des changements dans le haut personnel ecclésiastique de l'Angleterre. Dans le même concile un grand nombre d'abbés furent frappés et leurs dignités conférées à des

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