Histor. AngLorum^ anno
2. Ego conjicio illum non judicio, sed errore peccâsse, quod homo illiteratus, sicuti pleriqueet penè omnes tune temporis Anglise episcopi. (Guill. de Malmesbury. De Gest. Pont., I.)
3. Dedecora vitœ. (Guil. de Newbridge. De Rébus Amjlicis, I.)
4. Ssccularibus curis et actibus nimis intentas erat. (O. Vital, III, 14.)
Normands. Ces substitutions en masse de dignitaires normands aux dignitaires saxons frappèrent les contemporains, qui remarquèrent surtout le caractère administratif de ces mesures; d'ailleurs, les premiers choix furent loin d'être toujours heureux ; plus d'une fois les moines normands, devenus abbés en Angleterre, surpris par cette grandeur inespérée et comme saisis de vertige, s'abandonnèrent à l'exercice immodéré de leur pouvoir; ce changement de fortune fut aussi « regrettable, aussi dangereux pour leurs inférieurs que pour eux-mêmes (1). »
Il est naturel que sur cette question critique les auteurs se divisent en deux partis : les uns ne voient dans ces changements que des mesures administratives (2), et le trafic des richesses de l'Eglise pour payer de grands services; les autres, rendus plus clairvoyants par leur partialité même qui cherche partout des raisons de louer Guillaume, ont deviné les motifs religieux.
On a peut-être exagéré l'importance particulière du concile de Winchester, en rapportant à cette assemblée la réforme de la vie du cloître et la constitution nouvelle de l'Église (3). Ce fut plutôt le prélude de la réforme ; on déblaya le terrain pour élever l'édifice nouveau de la constitution romaine. Pour l'une et pour l'autre, il ne suffisait pas de légiférer et de frapper ; il fallait la longueur du temps et une fermeté éclairée dans l'application des nouveaux principes. Le rôle de Lanfranc était tout marqué et son heure était venue.
Après le concile de Winchester, (les, deux cardinaux Jean et Pierre quittèrent l'Angleterre ; Hermenfroi resta auprès de Guillaume, et peu de temps après il convoqua un nouveau concile à Windsor. On a quelquefois confondu ces deux assemblées et 0. Vital rapporte à la seconde la déposition de Stigand, fait capital de la première (4). L'erreur est manifeste; mais elle est de peu d'importance : les deux conciles, tenus à quelques semaines
1. Mutatio quae quibusdam utilis et nonnulUs periculosa, tam magistris quàni subditis, facta est. (0. Vital, IV, 6.)
2. Ob confirmationem scilicet sui, quod noviteradquisierat, regni... suspicione, ut diximus , tantùm inductus novi regni. (Roger de Hoveden. annales, pars prior.)