‹ Lanfranc, archevêque de CantorbéryChapitre 97 sur 175 · De Antiquit. Brit., p. 23 et · texte numérisé non relu

De Antiquit. Brit., p. 23 et

gleterre, quand on faisait un appel au prince, c'est à l'archevêque de Cantorbéry que l'on s'adressait pour maintenir et défendre, en attendant le jugement, les possessions contestées. Les papes ne firent donc que sanctionner un fait accompli, lorsqu'à plusieurs reprises ils se prononcèrent solennellement dans le débat, et il n'était point nécessaire, comme le fit le pape Formose, d'appuyer ses décrets des menaces de l'excommunication et de la damnation éternelle pour en faire une réalité (1).

A l'époque de la conquête, il y avait donc une longue possession en faveur de l'ancienne capitale du pays de Kent. Malgré les invasions successives et les changements de domination, le centre politique du pays n'avait pas été déplacé; le centre religieux avait dû rester le même. Cette suprématie ecclésiastique du midi n'était pas un fait nouveau : l'innovation eût consisté au contraire à rétablir entre les deux sièges une parité d'influence et de juridiction, désavouée par l'histoire (2).

Ce fut en 1072, la sixième année du régne de Guillaume, que se tint le concile où la politique de Lanfranc fit une dernière fois régler la question. Le dernier des prélats saxons d'York, Aldred, était mort en 1069, à la nouvelle d'une invasion de deux cent quarante navires danois, destinés à soutenir les prétentions d'Edgard. Son siège resta vacant plusieurs mois; le jour de la Pentecôte de l'année suivante, à Windsor, le roi éleva à la dignité d'archevêque d'York le Normand Thomas, chanoine de Bayeux. C'était un homme de manières polies, de mœurs douces (3); il avait de bonne heure quitté la France pour parcourir les écoles d'Allemagne et d'Espagne. Il apprit dans ce dernier pays « bien des choses qu'il n'aurait pu apprendre ailleurs » (4); il revint plus tard en Normandie, « la poitrine armée du bouclier des sciences espagnoles. » (5) L'évêque de Bayeux dont il était

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