Langage astral
La traduction en langue couvante des données du « langage astral » restera toujours incomplète . Si les mots peuvent décrire la canalisation des influences que nous subissons , ils ne sauraient exprimer la valeur propre de ces dernières ; leur insuffisance vis-à-vis d'elles est à peu près la même qiien face d'un accord de notes musicales .
La psychologie courante reconnaît difficilement d'autre guide que /’inslinct et d autre appui que des faits, le plus souvent interprétés à la légère . Si l'on craint le ridicule, il y a meme danger de chercher une base plus sérieuse .
Certes , notre jugement ne peut devenir indépendant de nos instincts ; mais il est bien sûr pourtant que Vastrologue, capable de dire d'avance en jugeant une personne , « qu'elle doit être née sous la quadrature de Mars et Saturne », je suppose, exprime là un en -
semble de facultés dont le jugement est soumis au contrôle de la science , par le fait m 'me du langage cm ployé. Il existe donc une vérité indépendante de ses instincts que l'étude scientifique lui a apprise. Si l'argument est gênant pour quelques-uns , il n'en conserve pas moins sa valeur . Tout esprit sincère est force de reconnaître qu’il y a là un monde d'idées et une véritable mine philosophique à exploiter .
Nous pouvons être autre chose que le « jouet de nos instincts . »
Quelques-uns , n'osant pas nier , se dérobent sous prétexte que la science astrale est trop peu répandue ou trop difficile pour être invoquée comme argument philosophique !
Je n'ai jamais compris pourquoi la valeur de. celuici s’en trouvait diminuée. L'impartialité implique le devoir d’éluder le moins de vérités possibles , et la « Raison humaine n n’est pas autre chose qiœ /'ensemble de toutes les lumières accessibles à l’homme pour éclairer son jugement . Celui qui examine au nom de celte « Raison » est donc forcé d'approfondir lui-même les difficultés qu'il rencontre, ou alors de s 9 en rapporter , — au moins provisoirement , — à ceux qui l’ont fait. Si la critique l'observait , on ne verrait pas tant de trésors de style consacrés au kaléidoscope des jugements contradictoires et fantaisistes qui alimentent une bonne partie de la littérature contemporaine !
Presque tous les esprits cultivés ont pour ambition plus ou moins consciente d’arriver à être de « grands jugeurs d’hommes » , mais beaucoup restent des écoliers
sur ce terrain malgré leur subtilité de langage ; et quel ques-uns découragés en arrivent à considérer le « doute i comme la quintessence de Vesprit d'examen, — ce qu dispense de beaucoup de labeurs .
La maxime ancienne de « connais-toi toi-même » posait bien la question , mais ne la résolvait pas . Il ri y manquait que Vindication du chemin à suivre pour y arriver .
La « connaissance de soi-mème et des autres » ne forme qu'une seule science, et la première de toutes -— puisque c'est la science même du « jugement ».
On a vu des psychologues passer par beaucoup de voies pour arriver à cette connaissance-là ; mais on rien pourrait citer un seul qui ait abandonné la vraie psychologie pour consacrer le reste de son existence à des occupations sans rapport avec elle .
Aujourd'hui la science est assez nuire pour quon ne borne plus son application au côté matériel de la vie . Il faut chercher son rôle dans les choses de Vesprit par Vétude des correspondances et de la chaîne illimitée des harmonies. Le nombre des savants qui s'en préoccupent s'accroît heureusement chaque jour .
Les jongleurs d'idées auront beau répéter qu'en philosophie « tout est affaire d'appréciation et de témoignage individuels », et que chacun peut dire uniquement
« comment la nature vient se briser contre lui . »,
ceci non seulement ri éclaire pas la raison, mais vient à ! encontre des données positives de la science, dont personne ne connaît les limites.
Toutes les vérités se complètent ou du moins s'en-
tr aident , e* comme il si logique d'admettre que deux vérités ne peuvent s'opposer l'une à l'autre , /e i/ioi# n'est pas toujours si difficile quon affecte de le croire, sinon pour atteindre un but , tfn moins pour jalonner la bonne voie qui y mène.
Zes partisans systématiques de « lInstinct » ne peuvent se permettre une critique sans être en désaccord avec eux-mêmes. Victor Cousin leur répliquait : « Vous me dites je suppose que je n ai pas de goût , de jugement... qu'est-ce à dire? ri ai-je pas des sens comme vous?... d'où vient donc que vous avez raison , vous qui ne-faites qu'exprimer l'impression que vous ressentez , et que j'ai tort , moi qui fais précisément la même chose ?... Si le jugement des gens et des choses se résout dans une sensation, comme il n'y a rien en ce monde dans l'infinie diversité de nos dispositions qui ne puisse plaire à quelqu'un , il n'y aura rien qui ne soit vrai , ou pour mieux dire il n'y aura ni vrai ni faux , ni bien ni mal , ni beau ni laid... L'absurdité des conséquences démontre cfdle du principe ».
L'effort et la critique n'ont aucune raison d'être si la vérité réside dans l'instinct seul.
Malgré notre ignorance , notre nature à chaque instant proclame l'existence de vérités immuables qui nous dominent , que nous sentons d'une façon plus ou moins confuse , et quil est permis d’entrevoir par une culture élevée du jugement. N'est-ce pas un devoir de chercher ces vérités et un aveu d'impuissance d'y renoncer ?
Si les contradictions sont si conlmùnes dans la psychologie cour ante , c'est aussi parce que le côté anecdotique
encombre tord sans éclairer grand chose . Il faut ctre déjà psychologue pour interpréter les faits.
Les faits que nous observons chez les autres pour les juger , ne valent guère mieux que les vibrations sympathiques ou antipathiques que nous ressentons à leur approche, et qui nous font agir le plus souvent comme des machines
Un ensemble de faits n'est qu'un leurre , parce quil n émane jamais d'une seule individualité ; c est le fruit très complexe de plusieurs. Aussi les responsabilités engagées sont-elles parfois impossibles à démêler .
Autre chose est de juger un acte , autre chose est d'en juger le prétendu auteur. Quand on ne sait pas ce que pense quelqu'un, il est toujours téméraire de le juger par ce qu'il dit ou par ce qu'il fait.
La vraie connaissance des autres vise surtout leurs tendances et leurs disponibilités. Il y en a tant qui ne sont pas « eux-mêmes » quand ils agissent !
C'est pour cela que varient si souvent les opinions des gens les uns sur les autres , et qu'on assiste à toutes les surprises des courants magnétiques ... c'est-à-dire des vents de sympathie ou d'antipathie qui soufflent au hasard des circonstances. Certes , les faits sont à observer et la psychologie éclairée en tient compte , mais elle en parle peu .
Il est décourageant de voir sans cesse interpréter les memes faits avec des conclusions opposées, sur le ton d'un rigorisme aveugle! et souvent par des esprits élevés f qui se croient également détenteurs de la sage mesure ! Ceci est un fait , dont il faut bien tenir compte
quand on a le souci des données positives. Et ce fait là , — le plus réel peut-être de tous , — est de nature à préoccuper le chercheur d'impartialité.
Où peut en être Vexplication si cc n'esl dans 1 esclavage cil nous vivons vis-à-vis drs influences de sympathie et d'antipathie ? Si la science astrale le vérifie expérimentalement , le simple bon sens peut le faire admettre. Dans la psychologie courante, on se tire d'affaire en parlant « des points de vue auxquels on se place ... » Mais ce n'est pas résoudre la difficulté de la question ; ccst à peine la déplacer, puisque tout revient à choisir ces '< points de vue. »
Ce qui montre encore que les tendances doivent primer Les faits, en psychologie, c'est que le caractère le plus pervers peut être capable d'action la plus belle à être racontée ; mais s*agit-il de ressentir ou de discuter de nobles tendances, celui-ci est aussitôt démasqué.
En somme , le point capital à observer, pour le psychologue, est la disponibilité générale du caractère ; non / pas le fruit avorté d'un effort paralysé très souvent par les circonstances extérieures .
La psychologie astrale sous cc rapport possède un privilège incomparable par ses correspondances mathématiques, quoique peu de gens admettent ici Vintervention des sciences exactes ! 1 J étude est très complexe , car elle embrasse à la fois toutes les fonctions vitales; et le classement de celles-ci dans la pratique ré est pas toujours aussi simple que dans les traités de philosophie.
Le mot « psgchologte » qui effraye la plupart, con -
cerne pourtant la majeure partie des préoccupations humaines / Quel est i'homme-, même le moins cultivé, qui na pas le souci du jugement des autres et des questions qui en dépendent ? Nous passons les trois quarts de notre temps à nous juger les uns les autres ; et presque tous nous dédaignons avec ironie la vraie lumière pour nous guider !
La psychologie ne saurait être une étude à part, puisque chacun en fait à tout propos ; V éternel probit me de son critérium est un obstacle inévitable devant h recherche de la vérité. U attaque de la psychologie ne peut être qu un non sens, car celle-ci enseigne l impartialité nécessaire pour juger n importe quelle pro~ duclion humaine , en art comme en philosophie .
J'en vois d'ici quelques-uns accuser Vastrologue de « se renfermer lui-mème dans un système ! » Précieux système en vérité que celui qui a justement pour but âTétudier tous les systèmes. Il serait difficile d en citer beaucoup d'autres ayant, ce caractère , et qui soit une meilleure école pour affranchir l'esprit d'étroitesse spécialiste !
Aussi, à moins de nier de parti pris ïastrologie, eston forcé de reconnaître sa portée , dès i instant qu'on est lixé sur sa définition. Il n'y a pas de « mathématique » qui puisse servir de prétexte pour se dérober . Les science exactes sont indispensables, mais cela ne prouve-t-il pas une fois de plus leur rôle nécessaire dans la philosophie ? Cela donne-t-il raison à ceux qui ont créé leur antagonisme ou leur indépendance à l egard du reste de nos spéculations ?
Je ri ai jamais bien compris pourquoi « V ignorant e en mathématique » est d’un aveu si répandu et passe pour une excuse aussi légitime , empreinte meme d'un certain bon ton ; tandis que le « droit ù la faute d’orthographe, » défendu par quelques écrivains , est\ une idée qui indigne beaucoup d’esprits cultivés ! Idhomme a trop à apprendre pour que son ignorance en quelque chose le déshonore , mais il est bon d’être juste,
\ Si la « mathématique » rst nécessaire à la psychologie astrale , la portée philosophique de celle-ci p ut très lien être envisagée sans elle : celafjf impose nullement la croyance à /‘infaillibilité de l’astrologue, mais simplement celle à sa bonne foi, cest-à-dire aux faits précis qu’il avance. Comme toutes les u autres sciences, Vastrologie demande une préparation plus ou moins longue et quelques aptitudes spéciales ; et le nombre des initiés qui la vérifient n’a rien à voir avec la preuve des vérités qu’elle contient.
Ne voit on pas tous les jours des esprits reculer devant les mathématiques transcendantes , sans pourtant cesser d’y croire ? On ne peut invoquer raisonnablement la difficulté de l’astrologie et l’ignorance qu’on a sur elle , pour l’éluder dans les spéculations philosophiques . Il faut savoir profiter des lumières de chacun , quelles viennent de la science, de fart ou de la philosophie , car tout se tient de plus ou moins près.
Celui qui se drape dans ses instincts et ne croit qu’à son expérimentation personnelle , peut faire œuvre de spécialiste ; mais il n’a pas .voix à la discussion des idées qu’il ria pas approfondies lui-méme.
IJ exposé des correspondances expérimentales qu 1 on va donner nous paraît la meilleure preuve de Venchaînement des sciences exactes avec les fonctions vitales qu étudie la physiologie , ainsi qu'avec les tendances humaines qu'étudie la philosophie?et nous ne craignons pas d'ajouter en même temps : avec les productions humaines qu'étudie l'art. Ce qui le prouve est la résolution de problèmes vérificateurs permettant, je suppose , de déterminer à l'avance les notes astrales qui caractérisent un artiste , par la connaissance seule de son œuvre. Si le fruit donne la valeur de l'arbre, Y arbre peut aussi faire prévoir celle du fruit. Loin d'être nuisible à Y art et de restreindre ses droits , cette remarque ne fait qu'indiquer des lumières de plus pour nous éclairer. Elle montre en même temps le parti quon pourrait tirer de la psychologie scientifique pour ne pas faire fausse route dans le choix d'une carrière.
Le « langage astral » a malheureusement été faussé par la plupart des vulgarisateurs , ignorant presque totalement l astronomie qui en est la base, et la méthode scientifique qui en est la garantie.
Ceci explique un peu la répulsion qu'éprouvent pour Y astrologie ceux qui ne la connaissent qu'à travers les faux traités et ce qu’en disent les dictionnaires. IJ astrologie véritable , celle qui étudie le magnétisme humain dans son essence astrale , est une science naturelle qui n'a besoin d'aucun secours des sciences dites « occultes », mais qui pourrait les régir toutes.
La vraie science ne doit pas être «occultée ». Quant aux objections dirigées contre Y astrologie par ceux qui
ne Vont pas étudiée comme il faut , elles ont été déjà réfutées en détail (1).
Le livre de la nature étant le meilleur de tous, le nôtre a pour but d'apprendre à le lire en en respectant soigneusement la lettre.
Avril 1002.
(f) Voir « Influence astrale ».