AUX FRAISES
Le ciel est pur, le soleil brille, il fait bien boti, et c'csl
t En route pour le grand bois se disent les écoliers ; allons cbercberdes fraises. *
Chacun se munit'à la hâte d'un gobelet de fer-blanc, d'une tasse ou d'un petit panier. On emporte du pain, une Louleillc d'eau et du sucre. La bonne dînette que l'on fera là-Las, sur l'herbe de quelque grande allée, si la cueillette est aboudanic !
Du village à la forêt, la distance est bientôt parcourue. I)d ne s'arrête pas pour faire des bouquets : bluets et grandes marguerites ne tentent personne aujourd'hui, et (uns, les plus petits surtout, allongent le pas à qui mieux mieux. 11 fait chaud, mais qa'importe, on va s'amuser, et «oici déjà la lisière du bois.
Vite, vite, on s'enfonce dans le taillis.
Les bonnes et belles petites fraises rouges, i^onirue elles réjouissent l'œil, comme elles répandent une agréubk' odeur! Rien qu'à les regarder l'eau vient à la bouche. On a buyu ne pas être gourmand, il est impossible de n'en point manger i|uelques-nnes.
Mais on résiste bientâl à la tentation, et l'on emplit golielets et paniers. Quelle aivleur dans les rechsrehes ! Les moindres buissons sont explorés : ces coquines de fraises vont si souvent se cacher sous les ronces! A chaque instant, ,ce sont des surprises, des cris de joie. On s'appelle, on rit aux éclats, 'arfois une branche, courbée au passage, vient frappur quelque visage; les habits s'accrochent aux églantiers; les épines entrent dans les doigts... Tout cela n'a pas de suites fâcheuses. On en prend gaiement son parti : là, comme ailleurs, , n'y a pas de plaisir sans peine.
190 BOJETS DIVERS.
Aa boul d'une heure la récolte est achevée. Les plus belles fraises, Iriées avec soin, sont placées daua un panier et eou- Tertes de feuilles de noisetier. C'est la part des parents.
Pais, chacun prend place sur le gazon et le petit repas tora-
Quel plaisir de goûter ainsi dans les grands bois, pendant qnaulourde vous les oiseauxfont entendre leurs joyeux mnnnges!
Exercice 54S
Prendre pour guide le taneva» de l'exercke précédent. Donner ensuite, sans se servie du livre: 1° la reprodiiclion orale; 2° la reproduction écrite de la rédactioo intitulée : Aux frams.
Exercice 546
Exercice analogue à l'exercice 536.
A MON AIGOILLE.
Aiguille modeste, oui, je t'aime.
J'aime ton doux éclat, ta forme gentille, ta vive prestesse.
Dès que je t'ai aux doigts, je me sens meilleure.
Tu ramènes aux travaux utiles et aux pensées sérieuses.
Devant toi tombent luxueuse tapisserie, broderie élégante, machinal tricot.
Habile amant que modeste, lu passes, sans embarras et sans bruit, du trousseau de la poupée fantaisiste aux vi^teuienls utiles 'de la famille. Ta visite intelligente et minutieuse met tout on ordre, répare tout. Petits et grands te doivent propreté, décence.
Tu coûtes peu, tu rapportes beaucoup.
Et ton œuvre accomplie, tu rentres dans l'ombre, cachant aux regards indiscrets le reflet plus brillant (jue t'a valu un travail méritoire.
Mais lu es là, présente toujours, comme une fée préservatrice du désœuvrement et de la tentation.
De l'étui obscur ou de la pelote élégante, tu dis lonl bas à la jeune fille : ( Travaille ! Travaille '. t
Oh ! je t'entends et je le crois, aiguille mignonne, do compagne.
Du travail bienlaisant, j'ai déjà fait l'heureuse espérien
Le travail, c'est le temps passé sansennui, c'est la force con
'o mal, c'est la conscience pure et tranquille; le travail, c'est
3té au cœur et le visage aimable dans la pratique du H
SOJETS DIVERS. 191
Exercice 547
Preodre pour guide le canevas de l'eiercice précédent. Donner ensuite, saas se servir du livre : I* la reproduction orale; 1' la lepruduclioD éciUe de la rédaction intilulée : A mon aigniUe.
Exercice analoiue à rexereice 536,
VIEILLE PIÈCE DE DEUX SOtS.
— Petit garçon, je ne suis qu'une modeste pièce de deux sous, A côté du louis d'or on de l'écu de cinq francs, je ferais triste tigure. Hais, telle que tu me vois, laide et usée, j'ai passé dans bien dos bourses, j'ai connu nombre de gens, mon histoire est instrutilive. Veux-tu que je te la raconte?
— Volonliers,
— Au moment où, brillante et coquette, je sortais des coffres de la Uonnaie, je fus doanée à un enfant gâté. Tout de suite, il me porta che: l'épicier voisin et me troqua contre un bâton de sucre d'orge...
— Le gourmand !
— Ce n'était pas le plus vilain emploi qu'on devait faire de moi. Deux joura après, je me trouvais dans la poche d'an ivrogne : Tu dtvines trop, hélas? à quoi je dus servir... — L'auliergiste qui m'avait reçue me céda, avec plusieurs autres pièces, à un colporteur. Puis, je passai successivement dans plusieurs famil.es, pauvres souvent, mais honnêtes...
— A la bonna heure, au raoifls. Cette fois tu as dû rendre quelques bons services.
— Cela est viai. Pendant tout ce temps-là, les dépenses que je soldai furent utiles et faites avec réflexion. I.es ménagères m'échangeaient contre un paquet d'aiguilles, — tu sais, de ces aiguilles laborieuses qui font tant et de si bonne besogne, — contre un cent d'épingles, une pelote de fil, que sais-je encore?,.. Souvent aussi, je payais la carte postale destinée à iloiiner aux absents — le frère soldat au loin, la sœur travaillant hors de la famille — les nouvelles dont ils sont toujours avides. Mais, bientôt, un enfant me perdit en allant faire
le commissioa pour sa mère. Pauvre petit, il me chercha longips; ne nie trouvant pas, il s'en alla en pleurant. Je fus rassée par un écolier malhonnête qni, ayant appris le malheur son camarade, se garda bien de me rendre h mon légitime
jpriétaire. Arec moi. ce méchant garçon aeheta deux ci-
lyS SUJETS DIVERS.
— Oh ! comme cela est mal ! Pour le corriger, il eût fallu que la [uinée rendit ce vilain enfunl bien malade...
-- Eiilin. je me irouTBis hier en la possession d'un homme vharilable. Un malheureux lui ayant tendu la main, il me donna. Jamais aiioône n'arriva plus à propos : privé de ressources d<?j)uis deux jours, le pauvre mendiant serait peut-être mori de faiiosans le morceau de pain que je lui procurai. De la caisse du boulanger, j'arrivai enfin chez tes parents. Tu sais le reste : on m'a donnée à toi pour te récompenser du bon travail de cette semaine. Maintenant que tu connais mon histoire, dispuse comme Lu l'entendras de la modeste pièce de deux sous.
— Va. ne crains rien, je saurai t'employer de la bonne façon. i<i I échangerai contre deux petits sous : l'un sera donne en auinTiue à quelque malheureux, l'autre ira augmeoier mes économies à la caisse d'épargne scolaire.
Exercice 549
prendre pour guide le canevas de l'exercice précéden<. Diiimer
enaiiile, sslts se servir du livre ; 1° Is reproduction orale; i' li
reproduclion écrite de la rédaction intitulée ; Yieitle pièce de deu^
Exercice 550
Exercice analogue à l'exercice 535.