NOTICE SUR LESSING XVII
ment, son bonheur domestique ne fut pas de longue durée. Eva Lessing mourut au commencement de Tannée 1778.
Lessing, frappé dans ses plus chères affections, chercha des consolations dans le travail ; il entra une dernière fois en campagne contre les sectaires de l'intolérance, qui ne pouvaient lui pardonner ni son génie, ni ses opinions. Nathan le Sage, sa dernière grande œuvre, est un des plaidoyers les plus éloquents en faveur de la tolérance, une œuvre qui fera éternellement honneur à son auteur ; elle restera comme un éclatant témoignage de son grand cœur, de son incomparable talent. Ce fut le chant du cygne de Lessing. Il mourut le 15 février 1781, dans cette retraite de Wolfenbùttel, où il passa les dernières années de sa vie. Comme le héros de Vauvenargues, il eut la douleur de ne pas laisser assez de biens pour payer des dettes que l'amour filial lui avait fait contracter.
Mais peu d'écrivains de sa nation ont mérité plus que lui une place dans le temple de la gloire. Jamais homme a-t-il mieux compris la dignité d'auteur ? Jamais critique a-t-il fait entendre un langage plus sincère, plus élevé, plus vrai ? Quelle pureté de style ! Quelle logique invincible ! Quelle passion pour le beau