ARGUMENT ANALYTIQUE DE LAOGOON
Préface. L'amateur, le philosophe et le critique sentent différemment les rapports de la peinture et de la poésie. — Erreur où tombe le critique. — Mesure observée par les anciens. — Antithèse de Simonide. — Idées fausses des critiques modernes. — But du Laocoon.
I. Origine du Laocoon de Lessing. — Crier est l'expression de la douleur physique et ne nuit pas à la dignité des héros ; les dieux eux-mêmes poussent des cris chez Homère.
— Ce n'est donc pas parce que les cris sont indignes des héros que l'artiste ne les a pas exprimés dans son marbre.
II. Dans l'antiquité, la beauté parfaite était le but de l'artiste. — Le vainqueur des jeux olympiques n'obtenait une statue ressemblante qu'après avoir été trois fois vainqueur. — Coutume des jeunes mères de contempler de belles statues.
— Ce que signifie le voile que Timanthe jette sur le visage d'Agamemnon dans son tableau du Sacrifice d'Iphigénie. — Laocoon ne crie pas, parce qu'une bouche tout ouverte enlaidit une statue.
III. L'art moderne veut étendre ses bornes ; il prend pour loi la vérité et l'expression. — L'artiste doit toujours observer une grande mesure dans l'expression de ses personnages. — Ne pouvant exprimer qu'un seul instant de la durée, il doit choisir l'instant le plus favorable ; ce ne sera jamais le paroxysme de la passion. — MéJée en proie à la jalousie esl