‹ LaocoonChapitre 15 sur 91 · ARGUMENT ANALYTIQUE · texte numérisé non relu

ARGUMENT ANALYTIQUE

une peinture pathétique ; Médée immolant ses enfants est un tableau hideux. — Ajax n'est pas représenté au moment où il égorge les troupenux ; nous le voyons honteux, désespéré de sa folle entreprise.

IV. Les causes qui ont porté le sculpteur à modérer la douleur de Laocoon sont tirées de la nature de son art. — Le poêle peut- il peindre la beauté physique? — Celte peinture est une faible ressource pour lui. — Il n'est pas réduit à faire choix d'un moment unique. — Il peut énumérer successivement chacune des qualités de son héros. — Le poëte épique a sagement agi de faire entendre les cris de Laocoon, et l'artiste a sagement agi en ne le faisant pas. — Mais le poëte dramatique a-t-il les mêmes droits que le poëte épique ? — Pourquoi Philoctèle crie et gémit dans Sophocle. — Objections d'un critique anglais réfutées par Lessing. — Opinion de Cicéron également combattue par Lessing. — Différence entre le héros et le gladiateur. — Cause de la faiblesse du théâtre tragique des Romains. — Philoctète n'est pas insensible à la douleur. — Celle sensibilité touche Néoplolème.

V. Quelques critiques prennent le groupe du Laocoon pour une œuvre du temps des empereurs, pour une imitation de la description de Virgile. — Virgile et les auteurs du groupe ne pourraient-ils pas avoir eu un modèle commun ? — Raisons en faveur de Virgile. — Comment un autre poëte a raconté l'aventure de Laocoon. — Autres circonstances qui semblent donner à Virgile l'honneur de la priorité. — Art du poëte à grouper, à faire agir ses personnages. — Pourquoi les statuaires ont représenté les personnages nus, et pourquoi le poêle a donné à Laocoon les insignes pontificaux.

VI. Les artistes en imitant le poëte ne perdent rien de leur gloire ; le contraire n'est pas vrai. — Les artistes, en suivant le poëte, ont dû s'écarter de sa manière ; l'art plastique leur défendait d'imiter trait pour trait le récit épique ; Virgile, en imitant les artistes, n'avait pas de raison pour changer rien à son modèle.

VII. L'imilalion réciproque du poëte et de l'artiste peut être de diverse nature. — Exemple. — Le Polymétis de Spence. — Comment les œuvres des poëtes peuvent expliquer les œuvres plastiques, et vice versa. — Exemples, — Exagération de ce principe par le critique anglais.

VIII. Idées de Spence sur la ressemblance qu'il y a entre la poésie et les arts plastiques. — Exemples cités par le critique anglais ; comment il cherche à expliquer les différences qu'il trouve entre les statues ou les tableaux et les descriptions des poëtes.

IX. En comparant L'œuvre du poète à celle de l'artiste, il faut voir si tous les deux ont eu, en composant leurs œuvres, toute la liberlé désirable. — La religion imposait certaines contraintes. — Pourquoi on trouve peu de statues ayant appartenu au culte religieux. — Cause des dissidences entre l'antiquaire et le connaisseur. — Il ne faut pas exagérer l'influence de la religion sur les arts. -— Exemple cité par Spence.

X. Spence s'étonne de ce que les poëtes décrivent rarement des muses. — Lessing montre l'erreur de Spence. — Celui-ci relève aussi la sobriélé des poëtes romains dans leurs descriptions des idées personnifiées. — Lessing explique pourquoi les poëtes s'abstiennent de décrire ces attributs, tandis que les sculpteurs et les peintres en font un si bon usage. — Quelques-uns de ces attributs sont du ressort de la poésie.

XI. Le comte de Caylus conseille au poëte de décrire les. attributs des êtres allégoriques. — Il propose Homère comme la source où les artistes doivent puiser, et apprécie ce poëte d'autant plus qu'il offre plus de tableaux à l'imitation de l'artiste. — L'artiste peut aller chercher ses sujets chez autrui. — Souvent même il trouve son avantage à représenter des sujets connus. — Exemples.

XII. Homère parle de deux sortes de personnages : les uns visibles, les autres invisibles. — Caylus essaye de faire de ces tableaux une véritable galerie. — Étrange confusion. — Exemple : la lutte des dieux dans VIliade. — Réflexion de Longin. — Comment la peinture rend un objet invisible. — Nuage d'Homère. — Autre moyen de rendre un objet invisible. — Exemple tiré de Y Iliade. — Abus que les peintres ont fait de ces moyens. — Remarque de Caylus réfutée par Lessing.

XIII. La série de tableaux imaginée par Caylus ne donne pas une idée des œuvres d'Homère. — Exemple : Apollon frappant les Grecs. — Autre exemple : Jupiter et les autres dieux tenant conseil dans l'Olympe. — Caylus trouve peu de tableaux dans le quatrième livre de Y Iliade. — Il se trompe. — Exemples. — Les plus beaux tableaux du poëte

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