Scène touchante
Peut-être il chante De Y Artilleur nos vieux couplets chéris.
L'ingénieur, d'humeur plus pacifique, Trône en pacha dans ses vastes bureaux, 11 fume, il boit, il cause politique :
Il a le temps d'applaudir les héros I
La belle route !
Sans aucun doute Nous la devons au docte ingénieur.
Et chacun vante
L'œuvre savante.
Le cantonnier rit tout bas de l'erreur I
État-major, mines, artillerie.
Moulins à poudre, usines à tabac, Marine, ponts, télégraphe, génie, Sont tous états que nous mettons A sac 1
On mène vie
Digne d'envie.
Mais aurons-nous aussi nos vœux comblés ?
Hélas î c'est comme
Au saint royaume, Fort peu d'élus et beaucoup d'appelés !
Prions les dieux... et surtout Lefébure, Peut-être un jour nous rendront-ils heureux ? Le précédent n'est pas de bon augure :
Nous étions trente, ils n'en ont pris que deux !
l'argot de l'x. 293
A nous, je pense,
Retour de chance, J'attends en paix les arrêts du destin ;
Et vers l'École,
Galment je vole, Tout en buvant mon verre en vrai taupin!
Versez à flots la liqueur enivrante, De l'union resserrons les liens 1 Vidons d'un trait notre coupe brûlante, Je porte un toast à nos jeunes anciens I
Ahl buvons vite.
Le punch invite Tous les t&upina à la fraternité I
Ma tète fume,
Mon front s'allume Et je parcours un pays enchanté I
La poésie est toujours en honneur dans les classes de taupe et, au moment même où nous écrivons, commence à circuler la Ballade des Points Cycliques d'un taupin du bazar Louis :
Insaisissables locataires
Des espaces interstellaires.
Nous sommes les points circulaires
De l'infini, Car tout cercle qui se respecte Nous dévoile à l'œil qui l'inspecte ; Et plus d'un ÙLupin s'en délecte
Le front pâli.
Le cas d'imaginarité
Qui fait notre divinité
Nous empêche, hélas l de flirter
Près des planètes Qui, réelles et sans nous voir.
Mais non pas sans nous émouvoir, Dans l'espace font le trottoir,
Filles coquettes I
Thêta. — Dans les formules de physique, la température est toujours désignée par la lettre grecque ô ; de là le
mot thêta pour désigner le degré de température et, par extension, le thermomètre qui marque ce degré. Il y a un thêta de précision dans la cour des élèves. On ne passe jamais sur le Pont-Neuf sans s'arrêter au thêta de Tingénieur Chevalier. On dit, par exemple : « Quel thêta^ hier au bal du général 1 »
Un certain professeur d'analyse, qui abuse des lettres grecques ornées d'indices, commence ainsi son cours, à la séance des Ombres : « Considérons les points ô, 6^, 0,, 0„ 64, etc., gueule ». C'est le même qui considère ensuite « les points y\ (ete), tj,, t),, t^,, etc., tj sœur ».
Pendant quelques années, au lieu de dire le thêta^ on disait le soubra^ du nom d'un adjudant caractérisé par un nez bourgeonné dont la teinte empourprée montait ou descendait à l'inverse de l'alcool dans le tube capillaire.
Topo. — On donne le nom de topo^ par abréviation du mot topographie^ non seulement à tout dessin qui représente le plan d'un terrain, mais à toute feuille imprimée ou manuscrite que les élèves se communiquent entre eux, soit dans un but sérieux, soit pour servir d'amusement.
Aux deux ailes du Pavillon, dans le corridor, tout près de la porte d'entrée de chaque division, l'administration a fait mettre une planche sur laquelle elle placarde ses avis officiels. C'est la planche aux topos^ qu'on appelle encore la déci ou le decharme. On y trouve certains ordres généraux, les tableaux du service, le menu des repas journaliers. Les élèves y placardent toutes les communications de nature à intéresser la promotion, mais seulement celles qui peuvent sans inconvénient être connues de l'autorité : programmes, invitations, articles de journaux visant l'École, avis sérieux ou burlesques, parfois illustrés d'un coup de crayon original, par les artistes de la promotion.
Un reporter loustic vient coller sur \sl planche aux topos,
l'argot de l'x. 295
avec quatre pains à cacheter, une nouvelle du jour dans le goût de celle-ci :
« Hier des voleurs ont escaladé les murs de T École en se servant de Véehelle des teintes; ils ont brisé le cycle de Carnot, faussé la règle d'Ampère, volé un terme de la série de Taylor... »
Un autre topo, signé Pierre Delix, est ainsi conçu :
« Ce matin certaines coniques qui s'étaient fait remarquer par leur ea;cenérirtéë ont été renvoyées dans leurs foyers.,. »
Un troisième topo annonce ces lugubres nouvelles :
«t Des points ont été projetés violemment sur le plan horizontal; lorsqu'on les a relevés, ce n'étaient plus que des points morts. A cette vue, une poulie est devenue folle. »
C'est sur la planche aux topos que sont consignés les renseignements ou tuyaux que Ton a intérêt à connaître. Se méfier des bateaux, mauvaises plaisanteries qui constituent de faux tuyaux.
Le topo est aussi la feuille de papier qui circule de salle en salle, soumettant au jugement de chacun quelque question baroque, s'enrichissant en chemin des observations les plus comiques, dont la lecture dissipe un instant la fatigue et Tennui des trop longues études. Un topo fait connaître par exemple l'épitaphe suivante : Quies quiam angelum laetorum, qu'un ancien dit avoir trouvée dans un cimetière gallo-romain et qu'il s'agit de traduire (1). Un autre topo demande la construction immédiate du funiculaire de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, ou bien soumet à la promotion certaines propositions burlesques qui reviennent avec une étonnante périodicité : celle qu'on ait une femme nue à dessiner comme modèle vivant, qu'on adopte des dossiers aux bourets, qu'on pave en bois la rue Tournefort, qu'on installe une cantine au binet de service, qu'on élarg^isse l'escalier du Soufflet y etc. , etc.
(1) Qui est-ce qui a mangé l'omelette au rhum?
296 L*ABGOT DB l'x.
Le topo, est encore la feuille circulant de salle en salle et sur laquelle chacune d'elles inscrit son vote et ses observations, lorsqu'il s'agit de consulter la promotion tout entière et de prendre une résolution générale obligatoire ; on l'appelle le^opo d'observ. Il est de principe à l'École que toute décision doit être votée et le Code X reproduisant, formellement ce principe a réglé la procédure du vote par les articles suivants :
Les décisions sont prises à la majorité des votants.
Il n'est tenu aucun compte des abstentions ;les seules voix comptées sont celles quî se prononcent pour ou contre la proposition en question.
Si au premier tour le total des voix n'atteint pas les deux tiers du nombre d'élèves de la promotion (ou des deux promotions, si les deux promotions votent ensemble) il est procédé à un second tour de scrutin. Au second tour le vote est valable, même si le total des voix n'atteint pas le chiffre des deux tiers, pourvu qu'il atteigne le chiffre de la moitié.
Pour toute question importante, sauf le cas de déclaration préalable d'urgence, un premier iopo circule dans les salles et reçoit les observations de tout le monde. Ce premier topo sera rapporté à la caisse. Les caissiers feront ensuite circuler une deuxième fois ce topo dans toutes les salles en même temps qu'un projet de vote revêtu (au moins pour les questions importantes) du timbre de la caisse ; aussitôt après le passage de ce topo de vote, les sergents apporteront les votes de leur salle au major de leur compagnie, qui apportera le résultat à la caisse, en même temps que les topos d'observation etjde vote qui doivent être conservés aux archives.
Les caissiers feront connaître immédiatement aux deux promotions le résultat définitif du vote.
Les conscrits ne peuvent prendre part aux votes qu'à partir du 15 février ; à partir de cette époque, aucune décision ne pourra être prise que par les deux promotions réunies.
Dans les cas déplorables où les intérêts des deux promotions seraient en désaccord, les influences seront modifiées en multipliant les votes de chaque promotion par le nombre des votants de l'autre.
Cet article ne sera pas applicable quand l'une des deux promotions se trouvera réduite par suite de départ prématuré d'une partie des élèves.
L'autorité cherche bien à saisir le topo qui circule et qu'elle sent, la plupart du temps, dirigé contre elle,
!#* ARGOT DE l'x. 297
mais elle n'y réussit presque jamais. Quand le topo doit passer d*une salle à l'autre, trois coups de bouret frappés sur la cloison avertissent les voisins, les portes des salles s'ouvrent à demi, deux mains sont tendues l'une vers l'autre et la feuille est passée sans que le basoff aux aguets ait rien vu du mouvement.
C'est ainsi que, depuis l'époque où l'École a été casernée, s'est organisé et transmis le système de résistance à l'autorité, donnant raison aux prédictions de cet élève qui écrivait au Directoire agitant déjà la question du casernement : « Attendez-vous à toutes les espiègleries de la part de jeunes gens embastillés par vos soins. »
Torsion. — Accès de gaieté. Terme faisant image et dépeignant l'état de celui qui rit « à se tordre ». A vingt ans, quand on est enfermé, le moindre incident est un sujet de torsion.
On donne le nom de topos torsifs aux topos qui circulent dans les salles, aux heures de fatigue, agitant, en manière de plaisanterie, les propositions les plus saugrenues, les plus incohérentes. Pour les faire lire, les auteurs ont bien soin de les recommander en les décorant du nom de topo sérieux: dès la première ligne on est renseigné. Tel veut qu'on dévisse les majors au gêné pour obtenir qu'un tramway conduise les X au manège ; tel demande l'expulsion des jésuites, et chaque salle couvre le topo des observations les plus folles.
Trapn. — Synonyme de fort^ au point de vue intellectuel, au même titre que calé^ chic, époiL., Richepin présente ainsi Gésarine :
« Cette petite, servant d*Égérie au vieux licencié est pins ir&pue en X qu*un candidat à FÉcole polytechnique. »
Triple X. — Synonyme de géométrie analytique à trois
dimensions. Ne pas confondre avec Triplice. La triple X, enseignée par Monge, est restée attachée au cours de géométrie descriptive jusque vers 1851, époque à laquelle on Texigea pour Tadmission. Le professeur Bour, en entrant dans Tamphithéâtre, traçait trois petits axes des coordonnées dans le coin gauche du tableau, puis saluait et commençait sa leçon.
Trompe-natnre. — Sobriquet donné à un préparateur de physique à cause de sa laideur. Son véritable nom était Obelliane ; il appartenait à une famille de physiciens distingués, praticiens habiles, attachés à TÉcole depuis la fondation. Celui-là était le second de la génération. Rien n'était plus comique que de le voir, à l'amphithéâtre, jouant un air sur le violon théorique de Savart. « Ne jouez pas trop vite, » lui disait malicieusement le professeur Lamé, « cet instrument n'a jamais réussi que pour Vandanle. w
Trompette (la). — La Trompette est un salon musical de Paris, universellement connu. Il s'y donne des concerts d'une exécution parfaite, dans lesquels les meilleurs artistes se font entendre. Les invitations réservées de préférence aux anciens élèves de l'Ecole, à la marine, aux personnalités du monde scientifique, à des personnages <]e distinction et, naturellement, à des relations personnelles, sont fort recherchées. S'y faire entendre est pour les artistes comme une consétralion de leur talent.
La création de la Trompette^ son organisation extrêmement originale, sont l'œuvre d'un antique, amateur éclairé de musique, l'ingénieur Emile Lemoine, qui en fait les honneurs ainsi que madame Lemoine avec une exquise amabilité.
L'origine en remonte à l'année 1860. Dans un binet de
colle, des élèves épris de musique classique, Lemoine, Peyrot, Rossel, Bazaine, Gaspari, et quelques autres s'exerçaient à exécuter les œuvres des maîtres pendant la récréation ; des camarades venaient s'asseoir ou se coucher par terre pour les entendre en fumant leur pipe. Cette petite pseudo-société s'appelait la Philopipobithouinique, <( bithouine » venant du mot « Beethoven » qu'un cocon profane avait un jour prononcé naïvement Bithouine, comme un nom anglais, à peu près comme beiween. Après la sortie
de l'École, les mêmes camarades et d'autres se remplaçant comme les pièces du couteau de Janot — mais Lemoine restant la constante — ont continué à tenir leurs réunions musicales à Paris dans des chambres d'étudiant, puis, le public de ces réunions s'accroissant d'année en année, dans des ateliers d'amis, dans des locaux particuliers, chez Érard, chez Pleyel, enfin dans la salle de la Société d'horticulture.
300 L* ARGOT DE l'x.
qu'elle dut à la faveur du savant chimiste Wûrtz, Tun des auditeurs les plus assidus.
L'œuvre artistique de M. Lemoine, créée uniquement dans le but de faire entendre de la bonne musique à ses amis, aujourd'hui hautement appréciée, a eu ce résultat, en provoquant l'organisation de concerts publics, de matinées de musique classique ou de chambre, d'exercer la plus heureuse influence sur le mouvement ascendant de l'art musical à Paris.
Le nom de la Trompette vient de ce que le camarade Laurent , aujourd'hui examinateur d'admission , disait constamment à Lemoine : « Laisse donc ta trompette tranquille, » et l'habitude se prit — entre les exécutants de la première heure — de dire plaisamment la Trompette^ en parlant de la réunion.
N'entre pas qui veut à la Trompette.
Voici quelques conseils pratiques, instituant comme un manuel du parfait invité, présentés sous une forme quelque peu décadente et que l'on attribue à un auditeur assidu, le mathématicien Laisant :
Vraiment I vous demandez cela I Vous voulez pénétrer à la
Trompette l Pour une telle ambition, Il faut une éducation
Complète.
Plus d'un en dehors est resté Qui d'être artiste réputé
Se pique, Il faut savoir prendre le la Pour montrer que Ton aime la
Musique.
Pas de bébés de moins d'un an Surtout lorsqu'ils sont en
Nourrice.
De crainte que, cela s'est vu Un bruissement imprévu
Surgisse.
En somme c'est bien compose, Le public est sage, pose,
Pratique.
Cest siu*tout un monde poli Sorti de l'École Poly
technique.
Trofllii. — On appelle ainsi le coiffeur, l'artiste (I) qui tond et rase la truffe (tête). Le nettoyage des truffins qui viennent à TÉcole est demandé tous les ans par les caissiers, mais sans succès.
Unif. — Abréviation à' uniforme. Au moment de la fondation de TÉcole, on ne se préoccupa guère de la question de rhabillement. « Une bonne redingote et une carmagnole doivent suffire, » avait dit Tun des membres du Comité de salut public. Cependant Lamblardie, le premier directeur, avait demandé un uniforme simple et peu coûteux, mais qui devait obliger les élèves à se respecter euxmêmes. En 1795, une loi ayant assimilé les élèves aux gardes nationaux en activité de service et leur ayant alloué en conséquence les rations de nourriture et l'habillement, le ministre de l'intérieur décida qu'ils porteraient le costume de canonnier de la garde nationale, avec une marque distinctive. La troisième promotion, celle de 1796, eut le même costume, mais les boutons de Thabit portèrent pour
L^AftGOT DE l'x. 303
la première foi» cette inscription : École polytechnique. Les élèves, insaffisamment surveillés, ne tardèrent pas à abandonner Tuniforme ; mais en 1798, lors de Tépuration générale qui fut ordonnée, une nouvelle décision formelle leur enjoignit d*avoir à se procurer Tuniforme sans délai. Cet uniforme comportait l'habit à châle fermé par cinq boutons, coupé à la française, veste et pantalon couleur bleu national, les boutons dorés, le chapeau à trois cornes; plus civil que militaire, il avait été emprunté aux dessins de David. L'habitude se prit bien vite de porter par-dessus l'uniforme une longue redingote de couleur avec un haut collet de velours noir que l'administration fut obligée de tolérer comme effet réglementaire.
En 1804, quand l'École fut soumise au régime militaire et casernée, Tempereur donna aux élèves un uniforme de grande et de petite tenue assez semblable à celui de l'armée et rappelant l'uniforme porté par lui-même à Brienne. La grande tenue des dimanches et fêtes comportait l'habit bleu national à la française avec collet montant en drap écarlate et revers blancs, les pattes et les parements noirs, les contre-épaulettes bleues, les boutons dorés, les retroussis en drap écarlate en forme de triangle ; en outre une veste en drap blanc très fin, une culotte de même couleur, des guêtres de toile blanche à quarante-six boutons. Enfin un chapeau à trois cornes avec bordure en galon noir et ganse jaune, deux palmettes en soie bleue et la cocarde nationale. La petite tenue se composait d'un surtout en drap bleu avec parements noirs, d'une veste de même étoffe, d'une redingote croisée de drap bleu, un bonnet de police à liséré écarlate et gland jaune, de la giberne et du havresac. La tenue des jours de sortie n'ayant pas été ^xée d'une manière positive par les règlements, on rencontrait des polytechniciens dans les tenues les plus disparates. Les uns étaient vêtus de drap bleu fin avec des aigles en or aux retroussis, les autres por-
taient la culotte blanche, le chapeau à haut bord et les bottes ; quelques-uns avaient la mise d'officier, aux épaulettes près. En 1805, au moment où TÉcole prit possession des bâtiments du collège de Navarre, Tuniforme fut fixé par décret impérial et subsista jusqu'à la fin de l'empire, sans autre changement que le remplacement du chapeau à trois cornes par le schako.
Lors de la réorganisation de l'Ecole en 1816, l'uniforme fut supprimé en même temps que le régime militaire. On
donna alors aux élèves une tenue civile, semblable en tous points à celle de l'École normale, c'est-à-dire le frac, le pantalon bleu, le chapeau rond, pas d'épée; rien ne la distinguait de celle des collégiens si ce n'est les palmes d'or au collet et les boutons en or fleurdelisés portant en exergue : Ecole polytechnique. Une estampe du temps représente les élèves au tombeau de Monge avec cet habillement assez singulier.
L'uniforme qui est devenu si populaire a été porté pour la première fois par la promotion de 1823; Thabit a un seul rang de bouton, à revers rouges, avec les parements et le col en velours noir, les boutons de Tartillerie et du génie, le pantalon à bandes rouges ; seuls les sergents portaient Tépée. Le chapeau se portait dans le principe en bataille, comme dans la gendarmerie. Un peu plus tard, les élèves adoptèrent le manteau à la chiroga alors à la mode
qui se rejetait sur Tépaule à l'espagnole; il n'était pas réglementaire (1).
Le lendemain des trois glorieuses journées de Juillet, le droit de porter l'épée fut donné à tous les élèves.
Depuis 1870 l'habit légendaire a disparu ; les élèves portent une tunique noire à deux rangées de boutons semblable à celle des officiers du génie, mais avec le même
(1) Les costumes que nous reproduisons ont été dessinés par Fartiste Ré^amey, pour le Journal de la Jeunesse, La maison Hachette nous a gracieusement autorisés à les reproduire, ainsi que le dessin du Réfectoire.
306 l'argot de l'x.
chapeau à claque et le même képi à large galon d'or ; une épée à poignée de cuivre avec un fourreau de cuir noirci :
l'hiver, ils p'rennent la capote-manteau ou la pèl comme les officiers de Tarmée.
lenne
VadroniUe. — Mot emprunté à Targot de la rue et qui signifie une « fête exagérée ». Piquer une vadrouille^ c'est faire la fête. Le jour de la Mi-caréme, il est arrivé que des élèves affublés de leur blouse de manip^ d'un pantalon de gymn^ et le visage défiguré par une fausse barbe, se sont mêlés aux cavalcades de la rue. La vadrouille terminée, ils se sont rendus chez le photographe Gerschel pour se faire représenter dans leurs costumes variés. Dans une de ces fêtes un X, insulté par une poissarde, lui répliqua gravement : <( Tais-toi, vieille pyramide tronquée, vieille tangente, équation bicarrée, espèce de secteur! » La poissarde fut tellement stupéfaite qu'elle ne trouva pas un mot de réponse.
Veaux-^ras. — Élèves de TÉcole du Val-de-Grâce.
308 L^ABGOT DE l'x.
Visser. Dévisser. — Celui-là est vissé sur un banc ou sur un bouret qui ne bouge pas de sa place. A Tinverse, se dévisser c'est changer de place. Les piocheurs travaillent trois heures de suite sans se dévisser. Quand la promotion a quelque demande à adresser au général elle lui dévisse le major. « Nous demandons que les caissiers se dévissent^ » disent les topos qui circulent pour réclamer telle ou telle démarche. On se dévisse chez les antiques pour leur demander leur appui quand un conflit grave s'est élevé avec Tadministration.
Whist. — C'est le jeu le plus en honneur à l'École. Les premiers temps, on le joue pendant la récréation, dans la salle des jeux ; mais bien vite l'habitude se prend de « faire un mort » dans la salle d'étude.
Autour d'une planche à dessin posée sur les genoux, dissimulés dans le désert dans les attitudes les plus gênantes, certains élèves font d'interminables parties de whist.
Quelques enragés jouent même à Vamphi^ pendant la leçon ; accroupis sur le géométral (Voy. z = A), tenant le moins de place possible, ils parviennent à échapper à la surveillance du pitaine de service.
310 l'argot db l*x.
Les polytechniciens jouent rarement le whist à quatre, mais ils sont passionnés pour le mort.
Après la sortie de l'École c'est encore leur jeu favori, et la plupart ont la réputation d'y être de première force.
X. — Caractère emprunté à l'algèbre, qui désigne à la fois le polytechnicien et l'Ecole polytechnique elle-même.
Un X est pour tous les taupins un être en quelque sorte supérieur, pour lequel ils professent le respect et l'admiration. L'étude presque exclusive des mathématiques, son état d'abstraction dans les x et les^, lui ont valu depuis longtemps d'être désigné par ce symbole. Un jour, Charlet, pendant une séance du conseil, s'amusa à représenter un polytechnicien frappé d'apoplexie. Le médecin accourt, lui ouvre la veine : il n'en sort pas une goutte de sang... seulement des X et des y,
L'X désigne aussi l'École. La renommée, la popularité de l'institution sont encore si grandes que dans les collèges et
3^2 l'argot de l'x.
les pensionnats, presque tous les bambins de la classe de huitième déclarent qu'ils se destinent à VX.
Tout ce qui vient de VX est populaire, jusqu'à ses chansons dont les airs se fredonnent dans les familles, bien que les paroles restent heureusement ignorées. Le camarade Saraz, tout à la fois excellent mathématicien et excellent musicien, a composé un Quadrille de VX joué dans toutes les maisons polytechniciennes et qu'il nous a autorisés à reproduire.
Lffi* StAAZ. (ra74)
L* ARGOT DE l'x. 313
La première figure rappelle Tair du Général Coffinières ; la seconde, celle du Moine Père capucin.
La troisième figure rappelle Tair de V Amoureux Colin et celui des Prisons de Nantes,
fr^^'t ^g
La quatrième figure rappelle l'air du Chameau ; la cinquième se termine par le célèbre Pompier,
m^hU^m
l'argot de l*x. 315
VX a ses armes sculptées par Romagnesi sur les bas-reliefs qui décorent la porte d'entrée. On y voit une petite Minerve, déesse de la Sagesse, ayant à sa droite un coq et à sa gauche un hibou. Pourquoi ce coq ? disent les loustics. Parce que Napoléon appelait l'École « sa poule aux œufs d'or ». Et pourquoi ce hibgu ? Parce que VX est la plus chouette de toutes les Écoles.
L'aspirant à VX ambitionne invariablement les carrières civiles. Longtemps il fut tenu de déclarer dès le moment de son admission la carrière à laquelle il se destinait; beaucoup se trouvaient embarrassés. Une épître adressée à un jeune élève au moment de son entrée à l'X, dont nous donnons ci-dessous un extrait, avait été composée pour dissiper leurs incertitudes en les éclairant sur le but et l'objet des divers services. Elle est due à Paulinier de Fontenille, de la promotion 1830.
Enfin, après deux ans de travail et d'attente, Sorti victorieux d'une épreuve savante,
Instruit, presqu'en naissant dans les mathématiques Tu suivras sans effort les cours polytechniques.
En entrant à TÉcole, il te faut sans attendre, Déclarer sur-le-champ Tétat que tu veux prendre. Voudrais-tu te livrer au soin des grands travaux, Savoir fonder des ponts et creuser des canaux?
Il faut donner tes soins et toutes tes pensées
Au corps royal chargé des ponts et des chaussées...
Préfères-tu marcher sur les pas de Vauban Élever des remparts tracés d'après ton plan ?
Sois digne d'être admis dans l'arme du génie Et sois assez heureux pour y passer ta vie I Peut-être voudrais-tu connaître par quel art Dans la nuit, mais pourtant sans marcher au hasard. Pénétrant par des puits sous la terre qu'on fouille On trouve les métaux, les pyrites, la houille ?...
Villefosse et Beaunier pourront t'en assigner Plus qu'ils n'en ont appris du classique Werner t
316 L* ARGOT DE l'x.
Mais ta vocation est pour Tartillerie, Pour le corps qui sauva tant de fois la patrie? Eh bien, tu peux servir, au parc, à Tarsenal, Faire la g^uerre à pied, ou la faire à cheval
Battre de front, d'écharpe, à dos, à ricochet, Et de mille façons tuer par le boulet !
Tu peux vouloir aussi
Reconnaître un pays, en donner le dessin, Lever et niveler tous les plis du terrain ; D'après le cours des eaux, figurer les montagnes !... ... Creuser des ports de mer, avancer quelque môle. Construire sur étais ces superbes vaisseaux Que des plans inclinés lanceront dans les eaux I...
Pour ne pas t'égarer dans le chemin subtil De la main d'Arago tu recevras un fil Qui, de mille embarras éclaircissant le doute, Du vrai, près des erreurs, te montrera la route.
Le conscrit y trouvait ensuite une esquisse rapide de renseignement donné à TÉcole :
. . ..... Tu verras dans Paris
Jeter les nouveaux ponts ou battre le pilot, Calculer la valeur des pompes de Chaillot, Raisonner de sang-froid sur le gaz hydrogène, Savoir comment on cuit et peint la porcelaine Et comment, fil à fil, copiant un tableau.
L'aiguille aux Gobelins remplace le pinceau.
Ton esprit marchant sur les pas du génie Parcourt le cercle entier de Tencyclopédie.
L*épître se terminait par quelques sages conseils sur la pratique delà vie.
Par ta jeunesse exclu des affaires publiques Ne prends aucune part aux débats politiques !
Si tu veux te distraire
Reprends tes vieux amis, reviens au bon Homère, Scande encor les beaux vers de Virgile et d'Horace...
Dans tes nobles projets prends pour but d'être utile...
Sois l'homme de talent qui consacre sa vie
A bien servir son Dieu, son prince et sa patrie !...
L ARGOT DE l'x. 317
Le choix de la carrière ayant été ajourné au moment de la sortie de TÉcole, voici comment il y était procédé : le général réunissait la promotion dans le grand amphithéâtre ; chaque élève, appelé d'après son rang, demandait à haute voix la carrière qu'il préférait. Quand Télève faisait choix d*une carrière civile, l'assistance gardait un silence glacial ; quand, au contraire, il demandait la sape ou Varti, des applaudissements éclataient de toutes parts et l'élève recevait l'accolade du général.
VX existait déjà à l'époque des Pharaons 1 1 Héron de Villefosse, de la promotion 1794, qui fît partie de l'expédition *^*ÊgyP^6, déclare avoir trouvé, en faisant des fouilles aux pyramides de Giseh, un portrait hiéroglyphique du polytechnicien, dessiné il y a quarante siècles. Ce dessin que nous reproduisons, représente un polytechnicien géométrique, constitué par des ^^ /x^ triangles, des rectangles, des branches ^^^^ I de compas, etc.
'^ L'X, nourri d'abstraction, habitué à la logique implacable des mathématiques, est généralement regardé comme un rêveur, un utopiste. Quelle erreur I Est-ce que toutes les affaires humai- ^ C.Ç r ^^^ ^® comportent pas la recherche ^ ^-rH d'une inconnue ? Croyons-en làdessus le poète de la promotion 1834, à la douce philosophie, l'auteur de cette charmante pièce :
Xf est mon nom ; je ne sais quel caprice Me fit donner un nom si dur, si sec ; J'eus pour cadet un frère qu'en nourrice On baptisa du joli nom d*y... ,
Pour compléter cette liste gentille, Il nous survint un tiers frère puîné Qu'on nomma Z... et voilà la famille Dont j'ai l'honneur, messieurs, d'être l'atné.
318 l'aroot de l'x.
Au ciel de la mathématique
Je brille toi^'ours radieux,
Et rÉcole polytechnique
Est mon Parthénon glorieux.
Je suis le sphinx qui d'âge en âge
Interroge Thumanité,
Pour déchiffrer page par page
Le li\Te de la vérité.
Je suis tout ce qu'on ignore,
Ce que la naïve Pandore
Cherchait au fond de son écrin.
Ce que cherchait le premier homme
Quand à Tarbre il cueillit la pomme
Et la croqua jusqu'au pépin.
Ainsi, d'après cette légende antique Dont on pénètre assez la fiction, Mon origine est de date authentique :
Je remonte A la création.
En vieillissant, je rajeunis sans cesse ; Je disparais, sitôt qu'on m'a tenu, Et plus l'esprit humain marche et progresse Plus devant lui j'agrandis l'inconnu.
L'inconnu ! ! Quel est ce prestige, Au temps passé comme aujourd'hui, Qui donne aux hommes le vertige, Et toujours nous attire A lui ?
Depuis la jeune bergerette Effeuillant une pâquerette Pour interroger l'avenir, Jusqu'à la vieille acariâtre, Qui, d'un désir opiniâtre.
Calcule le quine à venir; Jusqu'à ce joueur émérite Qui va côtoyant sans remords Ou l'opulence ou la faillite A travers primes et reports ; Dans cette immense fourmilière Qu'on voit courir et s'agiter, Chacun de nous, A sa manière.
Fait de l'X, sans s'en douter.
Mettre A la loterie Pour gagner le gros lot ; Dans tel fonds d'industrie Risquer son bibelot ; Quand la baisse est venue Courir le million.
l'argot de l'x. 319
C'est chercher Tinconnue Dans une équation.
Déchiffrer la charade Ou le rébus du jour, Les notes d'ambassade, La Gazette d'Auffsbonrff, L'empreinte vermoulue De quelque inscription...
C'est chercher Tinconnue Dans une équation.
Dans Mathieu de la Drôme Chercher le temps qu'il fait, Entre Paris et Rome Un ménage parfait, Au fond d'une cornue Brevets d'invention, C'est chercher l'inconnue Dans une équation.
Espérer que les drames Seront moins assommants, Et que nos belles dames Tiendront tous leurs serments, Faire le pied de grue Le soir, sous le balcon.
C'est chercher l'inconnue Dans une équation.
Viser à faire école Dans un genre nouveau.
Pour quelque protocole Se creuser le cerveau.
S'en aller dans la nue Faire une ascension, C'est chercher l'inconnue Dans une équation.
Chercher un cœur fidèle, Un Gascon point vantard.
Un Normand sans querelle, Un pays sans mouchard.
Une actrice ingénue, Un lord sans prétention, C'est chercher l'inconnue Dans une équation.
Parfois, au printemps de mes jours, J'ai cueilli le myrte et la rose A la ceinture des amours ; Mais aujourd'hui, Tàge morose Me défend de semblables tours ; Ils sont passés ces jours de fête Où, pour faire de l'intégral Et du magnétisme animal, Je m'adressais à ma Lisette ; Où nous abordions haut la tôte Le problème le plus profond, Où sans fatigue et d'une traite Nous poussions nos calculs à fond.
Alors, j'en ai la souvenance, Alors, en toute occasion.
J'allongeais l'opération Jusqu'à la 7i"« puissance; A présent, quel déchet cruel!
Je n'intègre qu'avec mollesse, Et, quoiqu'en ce monde tout baisse Par décret providentiel.
Je n'ose avouer la faiblesse De moA chiffre exponentiel.
Il n'est A cela de remède :
A Tété, l'automne succède, Puis l'hiver. Et de numéro
En numéro Nous descendons jusqu'à zéro.
Y. — J^a lettre y est la cousine de la lettre x, comme le disait père Faurie, un colleur de taupins qui a interrogé dans les lycées des milliers de candidats à VX* C'est la fonction^ x étant le plus souvent la variable indépendante ; il conviendrait donc de répéter pour Vy ce que nous avons dit pour Yx.
Cette lettre a servi de rime à Vacquerie, le poète journaliste, qui fut candidat à l'École, et qui rappelait ainsi son travail acharné de taupin :
On me tordit, depuis les ailes jusqu'au bec, Sur Taffrcux chevalet des x et des y.
Comme Vacquerie, notre grand Hugo avait songé à se préparer à l'Ecole. Peut-on affirmer, contrairement à l'opinion répandue, que l'étude des x et des y n'aurait en
L ARCfOT de L X.
rien gêné les élans de son imagination? Oui, si Ton considère que rÉcole n*a pas produit que des savants, des ingénieurs ou des officiers, mais aussi des écrivains, même des poètes : Valkenaer, de Barante, le Père Gratry, Armand Silvestre, Kerviler, Marcel Prévost, Ed. Estaunier, Pierre Delix...
If ^
Z=:H. — Expression qui veut dire /)/an horizontal. C'est par des plans horizontaux, dont l'équation est z = h^ qu'on coupe les surfaces, en géométrie analytique, pour étudier la nature des sections. Le plan, représenté par z:=o, indique pour les élèves le plancher de la salle : c'est le géométraL Faire z=io, c'est se coucher sur le sol, en salle ou à Vamphi et sommeiller ou faire un whist. Le nouvel amphi de physique offre précisément un vaste espace propre aux joueurs qui sont dissimulés par les dos de leurs camarades. Il arrive parfois que Vamphi se vide sur le fféométraly et, ce qui ne manque pas d'impudence, les whisteurs se plaignent souvent du bruit que fait le profesficuren parlant!
de reau Vj rfi[l^''ux cons- (Tj -~^./-!LJr*'
324 l/ ARGOT DE l'x.
Zanzibar. — Jeu que les anciens apprennent aux conscrits des leur arrivée. Le conscrit, bien innocent, esl debout ou assis sur un tabouret, on lui fait tenir un verre de lampe entre ses jambes rapprochées et, sa tête étant légèrement inclinée en arrière, on lui place une pièce de un sou sur le front. Il doit, par de petits mouvements de la tête arriver à faire tomber le sou dans le verre de lampe. Mais, pendant qu'il y ^Jil { ^^ s'applique consciencieusement à ce petit v ^vT v ( ^^ exercice. Vans malin verse dans le verre et le malheureux
crit n'a plus qu'à courir au ^-. , ^* —
changer de pantalon. t?-^*' ' C
Zèbre. — Mot employé comme synonyme de cheval.
Les anciens, depuis une quinzaine d'années, montent à zèbre une fois par semaine. C'est là une innovation heureuse et une excellente préparation aux exercices de Fontainebleau. La plupart des nouveaux polytechniciens, malgré l'épreuve de l'entrée, sont assez malhabiles et les premières leçons ne sont pas sans leur causer des appréhensions assez vives; cela n'empêche pas certains d'entre eux de chercher, en portant des pantalons basanés, des éperons, à poser pour le cavalier. On en voit même quelques-uns se risquer le dimanche au bois, ceux-là sont passibles de la cote pose et le lendemain il reçoivent les félicitations ironiques de toutes les salles.
Les leçons de zèbre se donnent au manège de la rue Lhomond, dirigé par M. Brancourt; le costume de l'équitation est la tenue d'intérieur ; le pantalon seul, d'une étoiTc plus résistante, s'appelle le basané. A la fin de l'année on fait quelques promenades dans les environs de Paris.
l'argot de l\. 325
En descendant de zèbre il est d'usap^e de s'arrêter chez la mère Corneille pour y prendre une prune,
Zeller. — M. Jules Zeller, le savant historien, membre de l'Institut, a occupé pendant vingt ans la chaire d'histoire à l'École.
Ses leçons, faites avec une gravité pleine de finesse, bourrées d'anecdotes et de rapprochements curieux, empreintes d'un patriotisme ardent, étaient écoutées avec recueillement. Elles se faisaient tout d'abord le mardi soir et comme le repas qui suivait comportait invariablement un plat d'épinards, le nom de zeller est resté aux épinards de l'École.
Le souvenir encore vivant du sympathique professeur est conservé le jour de la séance des Ombres par quelques allocutions comiques qu'on lui prête en exagérant les hum! hum! les particulièrement, les en quelque sorte, dont il émaillait son discours.
— Louis XIV, messieurs, passait, hum 1 agréablement des lettres aux arls, et des arts, huml aux langues...
• François l*^, aimait beaucoup les brunes, hum ! les blondes particulièrement.
Alexandre VI {hum /), Borgia, fut pape, en quelque sorte. D*après ses ordres, hum! ses ennemis étaient précipités dans le Tibre, en quelque sorte^ où ils mouraient, particulièrement.
Zinc. — Pantalon de toile grise qu'on portait à l'intérieur durant les chaleurs ; son nom provenait à la fois de sa couleur et de sa raideur.
On a conservé le nom de zinc au costume de gymnastique dont la toile est de couleur grisâtre.
La première séance de gymnastique est l'occasion du monôme des zincs.
Zlirlln. — Les stores qui protègent les salles d'étude des rayons du soleil, sont appelés les zurlins en souvenir du
colonel Zurlinden, commandant en second (1883), et qui est aujourd'hui Tun des plus brillants de nos commandants de corps d'armée.
Sur le zurhn^ on dessine les sujets les plus variés ; le plus souvent, c'est un artilleur avec cette inscription entourant la tête comme d'une auréole : « \'ive l'arti ! »
ACHEVÉ D^JMPniMER A CORBEIL PAR
Edouard CRÉTÉ le dix mars mil huit cent quatre-vingt-quatorze.