‹ Lárgot de l'XChapitre 4 sur 19 · I V AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

I V AVERTISSEMENT

volumineuses archives accumulées par les promotions successives.

Nous remercions enfin particulièrement notre ami, Téminent graveur Bracquemond, de sa superbe composition offerte pour être mise en frontispice, et notre aimable éditeur de s'être appliqué à parer avec art ce petit livre pour le présenter au public.

AlBERT-LÉVY — G. PiNET. il mars 1894.

PRÉFACE

En me faisant Thonneur de me demander quelques lignes d' « Avant-Propos » pour leur livre tout à la fois si fantaisiste et si documentaire, mes camarades, ses auteurs, m'ont, en môme temps, causé une grande joie. Car je n'en ai paç de meilleure et de plus vive que de reporter mon souvenir vers ces deux années d'École d'où je tirai l'optimisme de toute ma vie.

J'y connus, en effet, une société toute de sélection intellectuelle, ardente vers un. même idéal de vérité et de justice, où l'intrigue et la basse envie étaient inconnues, où la fraternité n'est pas un mot banal; et, bien que tout ce que j'ai rencontré depuis dans le monde en ait prodigieusement différé, j'y ai puisé une confiance dans la vie qui m'a constamment soutenu. Et j'imagine que beaucoup, de ceux qui y ont passé, en ont emporté la même impression consolatrice.

A l'École, cette camaraderie, qui, dans nos mœurs actuelles, n'est pas même pour la plupart et partout ailleurs, une menue monnaie de l'amitié, est, pour le monde polytechnicien, une chose aussi

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sacrée que naturelle, parce qu'elle s'exerce entre gens de môme éducation et d'égales traditions d'honneur, parce qu'elle ne risque pas de s'égarer sur des indignes, à une époque où, par une certaine indifférence morale tout à fait blâmable, les hommes regardent beaucoup plus où ils mettent leurs pieds qu'où ils mettent leur main. Notre tutoiement traditionnel ne risque jamais d'être compromettant. Aussi gardai-je cette formule d'intimité à quelques amis de première enfance, puis pour nos camarades d'École exclusivement. Mais combien elle m'est douce avec eux !

L' « argot de VX », comme l'ont appelé les auteurs de cet aimable Dictionnaire^ est aussi, entre nous qui avons quitté depuis longtemps l'École, un signe de ralliement, une façon de langage maçonnique. Il a le grand avantage d'avoir varié avec le temps, ou plutôt de s'être constamment enrichi, ce qui lui permet de donner un moyen immédiat de se reconnaître aux élèves des promotions voisines. Il indique des dates et est documentairement historique au premier chef. Car chaque mot a sa légende et son origine nettement constatées. Il équivaut au millésime d'une année. L'orthographe en est, de plus, si parfaitement rationnelle et rudimentaire que Messieurs les réformateurs de l'Académie eux-mêmes n'oseraient en proposer la simplification. Nous avons réalisé le rêve de ces audacieux écrivains : une langue où l'on écrit comme l'on parle.

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